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Voir aussi les articles parus dans Revue "Cyclotourisme" Revue "Cent Cols" "Journal des assos"
Semaine
Fédérale Saint-Omer
2009
(poème de René) L'Isard 1986-1987-1988-1989 La Marmotte 1985-1986-1987-1988-1989 BCMF de Limoux 1989 BCMF (Brevet Cyclo-Montagnard Français) des Vosges 1987 La Vallée de l'Authion 1985-1987 -1997 -2000 Le Tour du Maine-et-Loire 1985-1987-1992 Remontée de la Loire à vélo (3-10 juillet 2009) La remontée de la Loire vue par un poisson suiveur Au départ de Saint-Brévin, il
ne fallait guère rêver à franchir d'un saut l'mont Gerbier de Jonc,
mais plutôt s'économiser pour, de fil en anguille, arriver à bon
port. Du cyclo-corse en plein été (15-28 juin 2008)14 juin Voyage sans problème : au départ d’Angers, le train-train ou le bus-bus. Retrouvailles pour tout le monde à Toulon : 24 cyclos et 16 accompagnateurs (plus un groupe de 17 marcheurs qui vont faire le GR 20). À 22h30, embarquement, non pour six terres, mais pour une seule île : la Corse. Avec nous, se trouvent beaucoup de touristes que le ferry botte. La mer est plutôt calme si bien que le bateau ne passe pas sa nuit à gîter. Pour nous de même, la nuit n’est pas agitée, seulement troublée par le ronflement des moteurs. Par précaution, chacun avait hissé dans sa cabine le minimum vital, à savoir sa valise de détresse. Di 15 juin Bastia - Saint-Florent 109 km Après le réveil matinal, on prend un tout petit déjeuner au prix élevé que seul peut-être le luxe des locaux motive - étrange sur un bateau. On arrive certes sur l’île de beau thé mais la tasse est bien chère : faut-il la boire ? Sur la terre ferme, nous sommes accueillis par un ancien colon banni de l’armée, Gérard de son prénom. Chacun enfourche sa monture, voire ses montures pour les porteurs de lunettes et c’est le vrai départ de notre périple en cyclo corse. Indéniablement cette première étape est la plus difficile que nous ayons accomplie jusqu’à maintenant ; l’honnêteté nous oblige à reconnaître que c’est aussi la plus facile. On peut la qualifier de mise en bouche (ou plutôt en Clinton si l’on s’appelle Monica) : pas de plats, des montées aux pentes correctes, des descentes itou, des routes au revêtement roulant ou aux trous généreux (bonjour les crevaisons), des vilains virages et des beaux rivages. Cette étape mer-montagne emprunte des routes de corniche où encore nichent des points de vue imprenables sur la côte méditerranéenne. Moins romantique, un grand trou dans la montagne nous rappelle l’époque où l’amiante a fait carrière. À noter aussi que le circuit passe à Nonza : les premiers l’atteignent comme des Ferrari, fait rarissime pour des vélos. Nous terminons en longeant les vignobles du Patrimonio : pédalerions-nous en vin ? En tout cas, une entrée en matière fort appétissante. Lu 16 juin Saint-Florent - Saint-Florent 85 km La journée commence par des photos de groupe derrière l’hôtel de Mme Mère. Les filles Mère étaient mal vues dans le temps, est-ce pour cela que les serveuses viennent maintenant de Lituanie ? Donc 3 groupes de niveau pour les cyclos afin de mieux savoir qui est où. En principe car, 15 km plus loin, au sommet du col de Teghime que chacun monte à son train - TGV (Tu Grimpes Vite), rapide (plus ou moins), qu’aux rails (j’ai fait la faute express), TER (Très En Retard) - c’est un peu la débandade. Une fois parvenu au sommet du col il ne faut pas oublier de fermer le sien, vent frais exige. Dans cet entre deux mers, la route tortille à souhait et joue un moment à saute-mouton au milieu des bergeries. Si quelques autochtones et quelques touristes aussi lèvent le pouce à notre passage en signe d’encouragements, ceux-ci vont d’abord à la célébrité locale : « Gloria a te Ivan », voit-on écrit sur la route. Le Colonna en question (personnellement je fais partie de la colonne B) avait largement de quoi se cacher dans les maquis environnants d’où émergent, noirs et altiers, quelques arbres calcinés qui ont partiellement résisté aux incendies : il n’y a pas que Johny à mettre le feu. Autres figures altières, de superbes campaniles en pierre éclairant de leur majesté minérale des villages accrochés avec respect aux flancs de la montagne, dans une harmonie de matériaux et de couleurs. Au pied de la chapelle de Murato, nous échangeons quelques mots avec un couple de cyclo-campeurs de Langeais, débarqués sur l’île le matin même. Après quoi, Gérard ravitaille les cyclos qui, ravis, taillent la route de retour vers la vallée facile à avaler et vite dévalée. Il serait toutefois indécent dans la descente d’oublier d’attarder le regard sur le sein de l’abbé Florent, à moins que ce ne soit sur la baie de Saint-Florent : cette beauté est si troublante. Les deux premiers groupes ne résistent pas à une dernière escapade en forme d’escalade jusqu’à Oletta, contraction de « olé » et de « muletta » qui donne une agréable connotation d’ibère sous ce premier soleil d’été. Ma 17 juin Saint-Florent - Algajola 104 km On quitte le cap Corse et on met le cap vers le sud. Une petite élévation sur le moyen plateau nous hisse jusqu’à un moyen plateau qui domine le désert des Agriates. Peu après, on s’emmanche sur une route étroite qui serpente paresseusement (pléonasme ?) entre murets et oliviers. Ses parties fraîchement enrobées s’offrent langoureusement à la caresse des pneus, mais quand elle se dérobe, la rugosité de ses chairs n’a rien d’excitant. Aucune auto sur les 15 km d’ascension ; seule la voiture balaie derrière nous : l’ami Christian ferait bien de passer devant pour enlever les gravillons. Nous passons le Bocca (= col) de Croce, accroché au-dessus de Novella puis c’est une courte descente avant de reprendre notre envol jusqu’au col de Sainte-Colombe. À propos d’animaux, plus loin dans la descente, des odeurs bien typiques nous rappellent qu’il y a en Corse des élevages de chèvres : celui-ci n’était pas mentionné dans le road-bouc. Parfois des peaux de biques et des peaux de sangliers sèchent sur des barrières ou des barbelés comme de dissuasifs trophées. À l’occasion du pique-nique près du barrage de Codole, un milan, sans rémo, nous fait son numéro de grand vol et de piqué pour piquer et voler les restes de viande. La partie finale de l’étape s’effectue sur de petites routes qui surplombent la vallée au-dessus de l’Ile-Rousse et de la côte. Des arrêts s’imposent et beaucoup d’yeux profitent des beaux coups d’œil qui s’offrent régulièrement. Ce retour en zones habitées traverse de nombreux villages, barrés comme les autres par des séries de ralentisseurs, imposants dos d’âne qui n’ont rien de dos fins. Prière, en ce pays où foisonnent églises, oratoires, chapelles et autres couvents, de ne pas aller trop vite. Et dans la dernière descente sur Algajola aussi, prière de mettre un frein, et même deux, à ses ardeurs sous peine de mal tirer son épingle, à cheveux, du jeu. Heureusement, la chaussée est encore sèche. Me 18 Juin Algajola-Algajola 98 km Balade en Balagne. Aujourd’hui on est monté, jusqu’au col de la Barraglia (la Bataille) et puis on est descendu. Mais avant on est monté et on est descendu ; après aussi d’ailleurs. Comme sur la petite route qui longeait la nationale vers l’Ile-Rousse, on n’avait point de vue sur la côte, on est monté chercher un point de vue jusqu’à Monticello. Après quoi, retour au niveau de la mer pour se hisser jusqu’au col. Mise en jambes sérieuse pour atteindre Belgodère, nouveau belvédère où les chasseurs de photos ont pu ressortir leur numérique. C’est une montée de 17 km qui s’étire comme un spaghetti à la balagnaise avec une sympathique route en balcon entre le Bocca di U Prunu et le Bocca a Croce (pas le même qu’hier).. Les chênes verts ont laissé place aux myrtes blanchement fleuris ; plus de renard mais plusieurs vaches qui préviennent de leur présence, non par des flèches vertes comme Gérard, mais par de fraîches traces molles : elles ont raison, à peine si on les remarque, sombres et couchées à l’ombre du mur qui borde la route. La montée est régulière mais elle finit par plomber les jambes, encore plus que les panneaux de signalisation, troués à souhait (et je pourrais parler d’autre chose que des jambes avec tous ces trous de balle). Avant le premier sommet, Notre-Dame de l’Assomption, en sa chapelle, nous assure de son soutien bien nommé. La petite descente jusqu’à Olmi Capella est appréciée mais annonce une partie finale sévèrement pentue pour gagner de haute lutte le col de la Bataille. Encore le pire nous a-t-il été évité, les premiers kilomètres de descente révélant un fort pourcentage et exigeant un bon contrôle de sa vitesse. Auparavant, un griffon, chasseur réputé de sangliers, s’était invité à notre table ; ça change du milan. Les villages se succèdent sur le retour, chauds, lumineux sous un soleil redevenu franc (peut-être en sera-t-il un jour pareil de l’euro ?). Il faudrait plus de temps pour apprécier figuiers de barbarie, agaves aux longues hampes florales, câpriers, lauriers roses mais aussi blancs, rouges, saumon, et tant d’autres fleurs encore. Je 19 Juin Algagola - Porto 130 km C’est par un confortable tapis roulant, sur lequel nos vélos n’avancent tout de même pas tout seuls, que nous quittons Algajola pour rejoindre le col de Salvi. Les vues sur la mer sont fréquentes et on peut se demander Calvi mènent les gens du golfe au-dessous de nous. Mais pour atteindre le deuxième col, on rigole moins : les pentes sont raides et les jambes aussi ; et dire qu’on prend la direction de Galéria ! À l’entrée d’un village, deux vrais dos d’ânes. Plus loin, des vaches paissent à proximité d’un torrent désespérément à sec. Encore plus loin, des ouvriers réparent la route : les bulls dosèrent leur champ de manœuvre pour gentiment nous laisser passer. Encore quelques kilomètres et notre groupe arrête sa progression car une chaîne a sauté : c’est moins grave qu’une gendarmerie (déjà qu’une chambre à air avait explosé le matin au départ…).Quelques ombrages au milieu des arbousiers sont les bienvenus pour nous hisser au sommet du troisième col (Palmarella), qui marque la limite entre Corse du nord et Corse du sud. Un nuage un peu frais limite la visibilité sur Scandola et le golfe de Girolata, mais nous nous rattraperons tout au long d’une large route taillée à flanc de montagne qui ouvre de larges perspectives sur la mer et quelques falaises ocrées. Sur le bord de la route, se dressent de plus en plus nombreux de vieux et impressionnants eucalyptus dont certains ont dû être abattus ; d’autres soulèvent le bitume de leurs racines séculaires. Après le pique-nique -brochettes s’il vous plaît, à quand les brochets ?- c’est la descente vers Porto et, cerise sur le gâteau, la sévère montée jusqu’aux Calanche de Piana, pour ceux qui n’ont pas encore calanché. Il fait très chaud : pas moyen, à midi solaire, de s’abriter à l’ombre de ses compagnons de route. Cette route est souvent bordée à droite d’un para-pet (ce n’est pourtant pas ce midi qu’on a mangé des pois chiches !). Beaucoup de sueur pour mériter de découvrir d’en haut ces rochers ruiniformes. L’allure est lente mais qui va Piana va sana ; les plus gourmands dépassent même le village pour s’offrir un dernier col. Quel plaisir de redescendre jusqu’à l’hôtel : au pied de l’escalier, moi qui n’ai que des frères, j’avoue qu’au terme de cette longue étape, je suis las, sans sœur… Ve 20 Juin Porto - Corte 106 km Encore heureux que nous ayons grimpé aux Calanche hier : les 2200 mètres de dénivelée de la journée étaient bien suffisants. Pour s’élever de Porto au col de Verghio à 1477 m, il faut grimper, en ligne directe, 35 km. La première rampe de 12 km nous éloigne de Porto et de ses eucalyptus, plantés pour assainir la zone marécageuse alors présente (dixit hier soir le guide du bateau : avec dans la voix une réserve naturelle, il nous a emmenés au cœur de celle de Scandola). Un léger replat fait du bien ; les eucalyptus s’effacent devant les chênes verts, eux-mêmes rapidement supplantés par d’imposants châtaigniers. Plus haut dans la montagne, un âne brait : un rapide regard autour de moi, non, notre groupe est au complet… Après 1000 mètres d’une lente ascension, il faut prendre à droite et redescendre avant de remonter au col de Selvi. La route bien revêtue a un bon rendement qui avoisine par endroits les 8 - 10% : c’est mon banquier qui serait content. En plus elle tournicote pas mal : qui a prétendu qu’une route avec des lacets, ça délassait ? Demi-tour pour retrouver la route du col de Verghio où les pins de la forêt d’Aïtone se substituent aux châtaigniers et offrent un ombrage apprécié. Quelques bouleaux s’invitent aussi dans la végétation. Le col routier le plus haut de Corse étant atteint (retour au passage en Corse du nord), 16 km de descente nous plongent jusqu’au ravitaillement : des genêts avant déjeuner. Un cochon plus ou moins noir, un parmi tant d’autres, s’invite aux reste du repas : ça va lui en boucher un groin. La descente dans les gorges du Golo est agréable : vent de face et soleil de plomb cependant. Un camping-car se range aimablement pour nous laisser passer. Deux motards nous klaxonnent mais ils nous dépassent : nous arriverons à Corte sans être escortés. Les groupes se mélangent : un cyclo du groupe 3 en dépasse un du groupe 2 : il vire plus vite que son nombre. Un dernier coup de rein et de transpiration - c’est l’été ! -pour le petit col final et nous descendons avec plaisir jusqu’à l’hôtel : une hôtesse accorte nous accueille à Corte. Sa 21 Juin Corte-Corte 78 km Plusieurs façons de résumer cette journée pour les cyclos : -« étape de repos » -« roues libres » -« premier jour sans ma mer ». Pour ceux qui ont choisi peu pou prou le circuit proposé, ce fut comme un pèlerinage : San Quillico, Saint-Roch, Santa Lucia, Ste Martino, San Antone, Sta Maria, San Lorenzo, Sans Gérard pour nous préparer le déjeuner. Ce fut aussi une belle incursion dans la Corse profonde bien qu’en légère altitude, la Corse agricole avec ses élevages en plein air de vaches, moutons, cochons. Pour s’y rendre, une route étroite bien asphaltée hormis quelques lézardes sur les premiers kilomètres : doit-on s’étonner dès lors du grand nombre de lézards qui la traversent sous le soleil matinal déjà chaud ? À côté des carcasses de vieux châtaigniers morts, d’autres, au tronc énorme, ont été sévèrement étêtés et retrouvent une seconde jeunesse. De temps à autre s’ouvrent de jolies perspectives sur des chaînes montagneuses où s’agrippent quelques plaques de neige : pour combien de temps ? car elle risque de fondre comme elle-même au soleil. Des vaches paraphent généreusement leur passage : nous montons sur un air de rythm’ and bouses. C’est une manne de premier choix pour les bousiers qui s’arc-boutent vaillamment sur le milieu de la route pour pousser ou tirer leur boule précieuse. Quelques planches pour délimiter des enclos, quelques autres avec des palettes et des tôles pour offrir des étables de passage aux ruminants vagabonds ; une cabane plus moderne se coiffe pourtant d’un panneau solaire. Attention à proximité au franchissement de coulées de purin. Quelques maisons suffisent pour composer un village : un peu de tuiles mais prédominance des toits de lauze ; des chiens patauds (il n’est pourtant pas tard) et fatigués somnolent devant une porte ou au beau milieu de la chaussée. La difficulté du jour c’est le col de Saint-Antoine : pas doux, le pourcentage qui nous y élève. Les cochons sont affalés à l’ombre dans l’échancrure des virages et ne prennent aucun cas de notre essoufflement ; il est vrai qu’ils ont des petits et qu’ils sont plus préoccupés de leur allaitement que de nos halètements. Au sommet, beaucoup de cochonnets mais il est trop tôt pour la pétanque. Le début de la descente s’effectue à la fraîcheur d’une forêt. Durera-t-elle ? Plus bas, la végétation redémarre mais quantité de troncs calcinés témoignent des ardeurs corses. C’est jour de pause : nous faisons une variante négative pour rentrer à Corte par la même route qu’hier. La rue principale de Corte, par où nous arrivons, s’appelle « Cours Paoli » : si, si, on y court, la sieste nous attend, c’est jour de pause qu’on vous dit. Di 22 Juin Corte - Zicavo 106 km Original : départ en descente, 16 km de pente favorable qui nous amènent à hauteur de prairies, presque les premières que nous ayons vues sur l’île. Après, retour à nos grimpées quotidiennes sur une route récemment bitumée ; il reste encore une partie de la descente à retaper. Arbousiers et châtaigniers nous font de l’ombre et nous n’en prenons pas ombrage, bien au contraire ; par ci, par là un ou deux cerisiers et même un verger en contrebas. Fougères et myrtes sont aussi de la fête et même, me dit mon voisin, des pois de senteur ; pour moi, ce sont plutôt des poids de cent kilos qui commencent à s’installer. En effet, plus on descend, plus il faut remonter pour le col suivant ; 500 m en 7 km : le col de Sorba absorba une bonne partie de mon énergie. Sur notre gauche, c’est un paysage de désolation : un amoncellement de troncs de pins jetés à terre comme de vulgaires allumettes recouvre tout un pan de la montagne. De l’autre côté du sommet, les pins sont intacts, les fameux pins laricio aux fûts majestueux qui peuvent atteindre 40 mètres de haut. Quelle allée d’honneur pour le début de la descente : la forêt de Ghisoni nous offre le couvert et le gîte jusqu’à la pause repas pour un autre couvert. Moins pentus, les 10 km d’ascension jusqu’au col de Verde sont le plus souvent ensoleillés : seuls les pins aux larges ramures, qui ne sont pourtant pas parasols, nous donnent de l’ombre bienvenue. Comme on apprend à l’écrire à tous les collégiens, le soleil darde ses rayons, 28 à l’avant et 36 à l’arrière, et ça chauffe. La descente sur Zicavo s’effectue d’abord sur une route large mais il faut toujours se méfier des cochons qui en Corse errent, tout comme nos trois jeunes hier, pourtant en cuissards, qui ont parcouru 160 km au lieu des 90 prévus. Bref, respect pour les cochons : il ne faut pas faire aux truies ce qu’on ne voudrait pas qu’on vous fasse à vous-même ; et s’il s’agit d’un mâle ? Bah, on verrat. Notre groupe s’abstient de la variante terminale et fait la grève de la fin. Nous sommes pressés d’arriver à notre hôtel pour nous faire masser : c’est aujourd’hui dimanche, le jour du soigneur. Lu 23 Juin Zicavo - Propriano 89 km Nouveauté du jour : plus de descente que de montée car nous partons de 739 m pour rejoindre le bord de mer. On démarre cependant, à la fraîcheur, en grimpant. Nous quittons Zicavo par une petite route bordée d’enclos pour les cochons. Elle est défoncée sur 5 km pour être retapée. Juste au sortir, une petite hêtraie est très ombrageante. La montée continue en pente douce. De chaque côté du col de la Vache, le revêtement n’est pas fa-meuh ; quelques belles encornées nous regardent avec indifférence. Jusqu’au ravitaillement ce sera de la descente mais entrecoupée de plusieurs remonte-pentes un peu méchants pour les cuisses qui n’apprécient guère ces changements de rythme. Il faut toujours prendre garde aux cochons, parfois tachetés comme des hyènes, ainsi qu’aux vaches avachies sur le bas côté au aux taureaux en tort au milieu de la route. À notre passage, un taureau affolé cherche en vain à remonter le talus côté rocher : il a dû essuyer un échec auprès d’une vachette qui l’aura envoyé paître : « Non mais, de quoi j’mamelle ? ». Du coup il descend en courant près de nous. Des arrêts sont nécessaires pour rassembler notre groupe. À Quenza, c’est l’occasion de découvrir les aiguilles de Bavella. À Nonza, certains cherchent un robinet tandis que d’autres s’assoient à l’ombre d’un robinier. Belle vue sur la montagne : entre deux chaînes de sommets qui s’arrondissent u pour former comme un cirque, il n’y a pas de véritable plateau d’altitude mais plutôt des tumulus qui émergent les uns à côté des autres. Place aux mûriers pour la pause pique-nique à Sainte-Lucie : par terre c’est un tapis de mûres tapies au pied d’un mur (pour le murmure du ruisseau, ce n’est pas l’endroit). Depuis Quenza on a retrouvé des bourgs importants, plus peuplés que ceux d’hier, peut-être parce que plus proches de la mer et donc plus accessibles. Il fait bon redescendre après le déjeuner mais la grimpette sur Arbellana est très éprouvante : gare à la chute, par cette température on risquerait une fracture de la canicule. Les 10 derniers kilomètres se font en descente agréable et accentuée à l’arrivée sur Propriano : il faudra les remonter demain matin. Ma 24 Juin Propriano - Propriano 95 km L’organisateur compréhensif nous propose un petit détour pour sortir plus tranquillement de Propriano. Nous sommes toujours en été. Heureusement qu’en nous élevant, de petits courants d’air vont se faire sentir. Les premiers kilomètres sont les plus ardus. Nous descendons bientôt la bosse grimpée hier en début d’après-midi : c’est vrai qu’elle était sévère. Pas de folie dans la descente car la route est faite de pièces et de morceaux : pas besoin que des voitures nous fassent « tutu » pour nous mettre en danseuse et limiter les chocs fessiers. Ensuite, jusqu’à Aullène, ce sont 24 km de montée au pourcentage léger. Les chênes verts sont les plus empressés à nous offrir leurs feuillages. Tout au bord de la route, quelques arbustes et fleurs typiques et d’autres qui piquent : ronces et chardons aux fleurs mauves. De temps à autre des cantonniers, pardon des techniciens des espaces verts, s’affairent à coups de débroussailleuses : OK, couper 100 m2 d’herbe, c’est tout un are, mais y a-t-il besoin d’en faire tout un foin ? Sur les rochers, de petites fleurs jaunes se mêlent à ce qui semble être des sédums. Des platanes annoncent l’entrée de Carciaca, bientôt suivis d’une haie de lauriers-roses. Pause à l’ombre et à côté d’une fontaine à Aullène. 2 à 3 km de descente nous servent d’élan pour l’ascension terminale vers les cols de Tana puis de Saint-Eustache. Nous déjeunons à l’ombre bienfaisante d’un chêne vert séculaire et noueux à souhait. Des travaux nous obligent à un détour par Moca : les gourmands apprécieront mais c’est fichu pour le col de Tega. Soyons honnêtes, si l’on remarque surtout les routes défoncées -OK, il y a des cahots-, la plupart sont en bon état, y compris sur des axes peu fréquentés. Nous entamons alors une longue descente à la pente légère. Nous laissons sur notre gauche le village de Sollacaro, tellement plus facile à entretenir que les moquettes. Pour la première fois, nous avons l’impression d’un relief de plateau avec un paysage de bocages et une succession de prairies. Nous retrouvons pour un temps les fiers et centenaires eucalyptus qui répandent généreusement leur parfum. Bientôt des saules et même des roseaux attestent que nous approchons du niveau de la mer : nous voici au nord du golfe de Valinco. La route suit désormais le littoral : la côte s’agrémente de côtes, histoire de nous faire mal aux jambes une dernière fois… pour aujourd’hui. Me 25 Juin Propriano - Porto-Vecchio 125 km Est-ce le fait du magnifique caoutchouc florissant à la porte de l’hôtel de Propriano ? en tout cas, dans notre groupe, on a souvent fait l’élastique aujourd’hui. Le profil de l’étape, en dents de scie, le favorisait. Son charme, clairement, résidait dans sa partie initiale et sa partie terminale, toutes deux sur de petites routes ouvrant des perspectives originales sur le bord de mer. Sans aller jusqu’au Campo Moro, l’accès au belvédère - on devine qu’il fallait grimper - permet un dernier regard sur le golfe de Valinco. Nous circulons ensuite entre deux haies, avec l’impression de nous trouver sur n’importe quelle route de moyenne montagne dans un environnement de plateau. La descente s’effectue à grands lacets jusqu’à la nationale, mais nous n’allons pas à Sartène (peut-être la route ne l’est-elle pas).C’est une nationale casse-pattes, entre descentes à grands braquets et remontées à petits développements. Sans être intensive, la circulation des voitures est un peu contraignante et nous invite à filer à l’indienne. Les paysages rappellent aussi bien les côtes bretonnes que méditerranéennes. Un arrêt s’impose toutefois au col de Roccapina pour contempler la plage, bien loin en contrebas, surveillée par l’ancienne tour génoise et le rocher en forme de lion à la tête couronnée. Tout juste après avoir quitté la crique, nous entendons les premiers criquets, ou plus probablement des cigales ; ça change de la musique des voitures. Les montagnes russes reprennent, peu élevées mais usantes. Les suiveurs nous trouvent mauvaise mine : certains accusent la fatigue ; pour ma part je n’accuse personne. La pause de Bonifacio permet de recharger les accus. Ceux qui ne veulent pas se laisser mener en bateau reprennent leur véloce direction de Porto-Vecchio : même cas de figure que le matin avec en prime un vent de face légèrement latéral qui vient littéralement du littoral ; en prime, une ligne droite longue comme un jour sans vélo. Il ne souffle pas très fort mais moi, si. Nous quittons heureusement la nationale à quelques kilomètres du but pour emprunter une route croquignolette, tortueuse et tumultueuse à souhait, dans une succession de raidards (ceux-là ne flashent pas) pas trop longs. Chaussée moyenne mais découverte d’une Corse en pleine ébullition où l’on construit à tire-larigot des demeures plus somptueuses les unes que les autres en surplomb de la côte est : émerveillement de toutes les nuances de bleu revêtues par la mer. Il paraît que c’est le coin convoité par les vedettes du show-biz et autres étoiles à la mode. Notre hôtel en a 3 : elles suffisent à notre bonheur pour maintenant. Je 26 Juin Porto-Vecchio - Porto-Vecchio 125 km Depuis lundi qu’on avait aperçu les aiguilles de Bavella, ça y est, on allait enfin pouvoir s’en approcher. Il y a bien sûr plus de 1200 mètres à gravir, sans compter les suppléments vu qu’ici il y a rarement d’ascension directe sans une ou deux descentes en cours de route histoire de corser la difficulté. Nous quittons Porto-Vecchio par le port pour une mise en jambes tranquille de 7 km. Après quoi la route se redresse et chacun roule pour soi, plus ou moins lentement. Un employé de la DDE s’emploie sous son parasol : il n’a pas tort, il faut attendre le 15ème kilomètre pour sentir les premiers courants d’air. Bizarre, on a l’impression qu’en Corse plus on monte et plus les villages ont leur cimetière éloigné du centre, voire carrément à l’écart : est-ce que le mort dérange, est-ce que l’occis gêne ? C’est peut-être parce que trop d’occis gênent que nous respirons mieux en prenant de l’altitude. En attendant, même si nous avons mis cap au nord, j’exsude comme rarement. La traversée du petit village de l’Ospédale (plus doucement) est cahoteuse et relevée à souhait. L’arrivée au lac du même nom est appréciée ainsi que la route enfin plane qui longe ce lac de retenue : nous en faisons preuve aussi dans les 20 km suivants tout en faux plats descendants ou montants. Nous roulons dans un milieu plutôt forestier mais, sur notre gauche, les gros blocs de rochers forment comme un chaos. Récupération rapide à Zonza avant d’aborder, après une nouvelle descente, la rampe finale, assez irrégulière, qui nous hisse jusqu’au col. Pour la plupart nous en avons bavé là moins que dans la partie initiale jusqu’au lac. Beaucoup de monde là-haut dont nos randonneurs qui ont bombé pour accéder au trou de la Bombe. Nous avons aussi vu plus de cyclos et de cyclistes que les jours passés : la proximité du sud ? En rejoignant par la descente le lieu du pique-nique, nous apprécions d’avoir escaladé le col par le versant sud, moins raide. Quelques agglutinements de voitures au départ de sentiers de randonnées. Pause repas près d’un torrent qui semble faire frontière entre Corse du nord et Corse du sud : on s’y baigne, on y plonge ; quelques varappeurs s’exercent à proximité. Au vu des différents types de restauration et de campings rencontrés jusqu’à la nationale, on sait que cette partie de la montagne est plus touristique que celle du nord. Nous traversons une zone de maquis. À Solenzara, on se lance sur la nationale, vent plus favorable qu’hier, pour franchir le redoutable Bocca di Guardia, le plus bas col de France, qui culmine à 19 m. Dire que demain il faudra se coltiner la face sud. Après 25 km on prend à gauche pour longer la mer au plus près, plages, parkings à caravanes, multiples résidences à touristes. Nous passons, sous le cagnard, à l’orange, (bon appétit) une zone de travaux et nous terminons avec une pinède et les cigales. Ve 27 Juin Porto-Vecchio - Piedicroce 144 km Voilà une étape spéciale : sa longueur d’abord, plus de 140 km, son profil ensuite, quasi plat pendant 90 km avec les cols en fin de parcours. Entre ces deux parties, deux mondes différents : d’abord le littoral de l’est, plutôt banal, plat ; ensuite la Corse de l’intérieur, relevée, qui a du caractère. De Porto-Vecchio à Aléria, la nationale se déroule dans une plaine littorale. Nous la quittons pour quelques kilomètres à Travo et nous en trouvons dès la sortie du bourg. Les premiers contreforts rocheux, sur notre gauche, sont assez loin et la vigne s’est installée : le centre d’embouteillage est lui à Ghisonaccia, au retour sur la nationale où ça bouchonne dur. À Aléria nous laissons la place à la Rome antique -moins grisante que le rhum vieux- et à nos fiers et séducteurs ancêtres qui savaient allumer les Gauloises. Après 80 km, nous quittons sans regret la nationale et mettons cap à l’ouest. Au sortir du pique-nique sous un magnifique et ombrageant platane, plus de 50 km nous attendent. Nous avons eu merguez et chipos mais pas de magret : le cagnard est pour la route et nous assomme dès la reprise du vélo ; surtout que ça monte ! Les fontaines d’eau fraîche sont appréciées car dans ce maquis retrouvé l’ombre est rare. Couverts de lauzes, Campi, Moïta et autres villages s’accrochent à la montagne en une discrète et heureuse harmonie. Les accompagnateurs, qui supportent que nous fassions du vélo sans eux, nous supportent à plusieurs reprises lors de nos ascensions. Après le premier col, nous découvrons sur notre droite en contrebas le lac de retenue du barrage de l’Alesani. Chez les cyclos, pour l’un, des odeurs de tilleul, pour l’autre, plus loin, des odeurs de menthe sauvage -tant pis pour le tilleul-menthe- ; un autre sent surtout que ça monte et que les jambes sont dans le dur. La belle route de surplomb entre les deux cols, qui domine la vallée de l’Alesani, s’enrichit de rencontres animales : des classiques telles que vaches, cochons, chèvres ; des moins attendues comme une tortue d’ Hermann et une couleuvre. Nouveau bouchon à Pietricaggio : rien à voir avec le vin celui-là mais avec la bière puisqu’il est causé par un enterrement. Nous nous arrêtons un peu plus loin, dans un bar cette fois, pour en consommer une, juste après le passage du dernier col ; tranquillement nous la buvons au frais, je ne dirai pas de qui, avant de la laisser couler, et nous avec, jusqu’à Piedicroce. Sa 28 Juin Piedicroce - Bastia 90 km Nous quittons Piedicroce, ses vieilles ruelles, son église classée monument historique et sa vue sur la châtaigneraie qui couvre toute la région et lui donne son nom de Castagniccia. Elle fait le régal des cochons, chèvres et autres vaches, sans compter quelques chevaux. Ce paysage nous accompagne sur plusieurs kilomètres, les changements d’altitude sont assez légers et nous sautons d’un hameau à l’autre car ils sont nombreux, nichés dans ce coin de montagne. Nous admirons à nouveau les fiers campaniles tout en pierre, sortes de phares de la montagne. Au col de Saint-Antoine, les restes d’une église témoignent de l’emprise de la religion dans les coins les plus reculés de l’île. Les débroussailleuses, tondeuses locales des coins de jardins en terrasse, s’activent : nous sommes samedi. Redescendus de 800 à 100 mètres d’altitude, il nous faut rattraper la dénivelée de l’autre côté de la nationale : toujours le problème de manque d’air dans les premières hauteurs. Il ne suffit pourtant pas d’une pente plus aérée pour trouver un coup de pédale plus aérien. Ce versant est rocailleux, couvert de quelques arbustes peu pourvoyeurs d’ombre. Plusieurs vans, stationnés à mi-pente, ne nous apportent pas le moindre souffle supplémentaire. Par une voie un peu cahoteuse, nous nous hissons au col du Bigorno qui n’a rien d’un col marin. Il est le dernier nouveau col de notre randonnée corse. Après le repas, la descente sur Bastia serait une formalité s’il n’y avait à remonter le col de Teghime, 12 jours après la première fois. D’ailleurs une fois franchi cet ultime col on bannit (n’est-ce pas Gérard) toute velléité de grimpette. Quelques crevaisons viennent émailler cette fin d’étape mais cessons de nous plaindre, ce n’est pas aujourd’hui le jour du geigneur. Ah si, tout de même, il fait encore chaud, très chaud ; comme aurait dit Robert Lamoureux : le 14ème jour, le cagnard était toujours bien vivant ! Nous aussi, plus ou moins ! mais contents, sûr ! Postface Plus de photos! Voir le diaporama haut de page
Beaufort en Anjou - Travagliato (7-13 juillet 2007) Samedi 7 Juillet 2007 , dès 6 heures , 7 cyclotouristes du Mazé Athlétic Club ont retrouvé 4 cyclotouristes du club de Beaufort-en-Vallée pour rallier Travagliato en Italie au terme d'un parcours de 1100 km qu'ils parcourront en sept étapes. Beaufort-en-Vallée - La Châtre (
Indre ) : 222 km 1 ère étape : samedi
7 juillet
Premier
jour, premiers tours de pédales. Au menu, hors-d'oeuvre, pas encore le plat
de résistance mais un plat avec pas beaucoup de résistance sauf sur la fin.
Hors-d'oeuvre copieux cependant avec un peu plus de 225 km. 2 ème
étape : dimanche 8 juillet 4 ème
étape : mardi 10 juillet 5 ème
étape : mercredi 11 juillet 6 ème
étape : jeudi 12 juillet 7 ème
étape : vendredi 13 juillet Plus de photos!
voir le diaporama
Le voyage de Marylène et Claude vers St-Jacques de Compostelle (printemps 2005) * Eh oui, Marylène et Claude sont en marche. Partis le 23 avril, ils ont rejoint Gennes pour la 1° étape. Le lendemain, dimanche 24, 2° étape de Gennes à Rou-Marson. 16 marcheurs et amis les ont accompagnés le matin, par le G.R., jusqu'à Chênehutte. La pluie les a suivis en début de matinée mais ne dit-on pas "Pluie du matin n'arrête pas le pèlerin"...* Une trentaine de personnes ont partagé avec eux un pique-nique d'encouragement. Sacs sur le dos, ils ont terminé cette 2° étape entourés de 7 ou 8 marcheurs du club. * Le dicton véritable, et plus justifié, est en fait "Brouillard du matin n'arrête pas le pèlerin". Lundi 2 mai : Claude et Marylène ont quitté Niort. Comme tout un chacun, ils ont été marqués par la chaleur de la fin de semaine. Au terme de leur 1° semaine de pérégrination, ils affichent un moral d'acier. Lundi 9 mai : Nos marcheurs impénitents -je ne pense pas qu'il faille mettre le "im" entre parenthèses - étaient à Saintes , la bien nommée, le jour de l'Ascension. Après une étape de 35 km, ils ont pris un jour de repos, (interrompre leur descente au moment de l'Ascension, est-ce bien raisonnable?) histoire de soigner un peu leurs ampoules, c'est vrai qu'avec les jours qui allongent de plus en plus, ils ne devraient guère en avoir besoin. Un mois avant les
épreuves de philo, ils ont passé le bac lundi matin pour traverser la
Gironde. Ils ont maintenant rejoint le vrai chemin de St-Jacques, s'évitant
ainsi quelques erreurs de balisage. Mardi
17 mai
:
Pendant que le club de marche découvrait dans
le golfe du Morbihan quelques paysages de landes, Marylène et Claude
entraient dans le département du même nom : ils étaient à Biscarosse le jour
de la Pentecôte. Pentes et côtes, ils les avaient rencontrées précédemment
sur la dune du Pilat. Une petite visite familiale du côté de chez
Claude a écourté la nuit de samedi à dimanche.
Dimanche 22 mai
: L'Espagne en vue! Mardi 31 mai : Quelque part en Espagne, mais où? Pas de liaison récente avec nos marcheurs. Mais si le téléphone ne fonctionne pas par-delà les frontières, nous leur assurons, par transmission de pensée ou de coeur, notre soutien! Lundi 13 juin : À environ 15 jours du but, ils marchent toujours, plus motivés que jamais! Sur ce parcours mythique, tout est fait pour les pèlerins, d'ailleurs fort nombreux. Marylène et Claude se sont trouvé chacun un groupe dont la vitesse de progression correspondait mieux à leur rythme propre; ils avancent donc maintenant séparément... mais toujours en bons termes. Allez les jeunes! Mardi 21 juin : Ni la chaleur (2 jours à 40°) ni les orages (sur 2 jours également) n'arrêtent Marylène et Claude. Ils ont donc retrouvé en Espagne d'autres pèlerins français, y compris des "49". Chacun marche donc avec un groupe différent et ils se retrouvent à l'étape du soir. Ils ont passé Léon dimanche soir (sortez votre dictionnaire ou votre carte d'Espagne) et n'étaient plus alors qu'à 260 km de St-Jacques. C'est peu de dire que le moral est au beau fixe! Lundi
4 juillet
:
CLAUDE EST ARRIVÉ
A ST-JACQUES-DE-COMPOSTELLE le vendredi 1er Juillet à 9h!!!
Vendredi 8 juillet
:
MARYLENE AUSSI EST ARRIVÉE
!!! le samedi 2 Juillet, et nous ne le savions pas... Grand, grand bravo, à tous les 2. Chapeau bas, madame et monsieur. Ici, se termine le
compte-rendu de leur aventure. Mais, pour chacun d'eux, gageons que celle-ci
est gravée à tout jamais dans leurs pieds et dans leur coeur.
18 mai 1998
cliquer 29 août 1996 "La confrérie des "Fêlés du Grand Colombier" est ouverte à toute personne âgée de plus de 18 ans qui effectuerait dans la journée 2, 3 ou 4 ascensions aller-retour du Grand Colombier par des faces différentes sur (ou en poussant!) une bicyclette mue par sa seule force musculaire .../.... Le cycliste ayant réalisé 2 ascensions (1 sur chaque versant est et ouest) deviendra MEMBRE; 3 ascensions MAITRE; 4 ascensions GRAND MAITRE. le cycliste espérant réaliser plus de 4 ascensions ferait bien de réfléchir avant...!" (Extrait du règlement) Pour ceux qui en auraient douté, le M.A.C. compte donc 2 fêlés notoires :Yohann Hinot comme Membre et Yannick Hinot comme Grand Maître. AU 29 août, la Confrérie comptait avec eux deux 78 membres dont 51 grands maîtres. Au
total, 4768 m de dénivelé pour 138 km, c'est-à-dire l'équivalent en
kilométrage et pourcentage moyen de 4 ascensions du Galibier à partir de
Valloire. Particularité : chaque grimpée comporte un passage à 14% et offre
en contrepartie un ou deux secteurs moins violents. Ce 29
août, départ de Champagne à 9h du matin. Temps frais toute la journée, sans
doute pas plus mal mais frisquet là-haut et dans les descentes. Fin des deux
premières ascensions vers 13h (les plus "faciles"), Yohann voulant se
réserver pour une épreuve le dimanche suivant. Puis un violent pique-nique
au sommet. Très bonne 3ème montée à partir d'Anglefort, pourtant jugée la
plus redoutable. Comme il n'y avait pas certitude de tout faire, la plus
dure restait en dernier! Les premières pentes furent difficiles, usure
oblige; que dire des 4,5 km à 12%, dont le fameux 1,5km à 19% !? On se
demande si chaque tour de pédale commencé va bien aboutir, le compteur
atteint les 5 km/h. Après cela, les 4 derniers km à 8-10% semblent de la
rigolade! 25 août 1996 Le jour se lève sous un ciel bas et menaçant. Environ 1 200 participants se pressent sur la ligne de départ ; certains font un parcours raccourci de 110 km. La grande boucle compte 155 km pour un dénivelé de 3 590 m. C'est pratiquement le même circuit qu'avait déjà fait 5 ans plus tôt Yannick, une semaine après la "Lucio Herrera en Chartreuse". Avec son fils de 19 ans Yohann, ils sont donc 2 Mazéiais au départ. Le temps d'une brève interview d'Alain Prost, qui avoue ne pas plus aimer la pluie sur un vélo que dans une formule 1, et le peloton s'élance à 7h30. Dix premiers kilomètres de légère descente sur la route humide où il fait bon être bien couvert et l'on aborde avec plaisir les premières rampes du col des Saisies (1415 m), histoire de se réchauffer. Des voix derrière Yannick : 3 maillots de Saumur Cyclisme, des coureurs connus qui le doublent à l'aise. Ils vont rejoindre Yohann à proximité du col alors que brouillard et pluie se succèdent; la montée par Crest-Voland est plus pentue et emprunte des routes étroites. Mais on apprécie la chaussée la plus large et moins raide pour une descente où la vigilance s'impose : l'eau ruisselle sur le bitume et ceux qui n'ont pas de surchausses ont les pieds trempés. Le retour à Flumet permet d'attaquer dans la foulée le col des Aravis (1498 m) par la Giettaz. Il ne pleut plus. Déjà on ne roule plus que par 3 ou 4. Là-haut, les bénévoles ont bien du mérite à servir le ravitaillement sous un mini crachin frisquet. Bienvenu, le thé chaud. 4 km de descente encore humide avant de rprendre à gauche pour les 4 km du col de la Croix-Fry (1477 m) heureusement moins raides que la descente par Manigod; la chaussée a un peu séché. Puis c'est la vallée et Thônes, les 10 longs kilomètres de faux plat sur la nationale, toujours aussi pénibles, jusqu'à Saint-Jean-de-Sixt, avant d'entamer la longue ascension de la Colombière ((1618 m), régulière, virageuse et vraiment relevée que dans les derniers kilomètres. Malgré les nuages bas, beaucoup ont tombé la veste. Les spectateurs qui attendent là-haut en mettraient bien une autre. Yannick s'y pointe 30 minutes après Yohann et s'autorise un bon arrêt sandwich. Après 8 km de descente, la côte de Romme-sur-Cluses s'avale sans coup férir. C'est ensuite la plongée sur Cluses, les 20 km de léger faux plat montant sur la nationale où il faut mettre le turbo (35 km/h au bas mot) pour rejoindre Sallanches, la très fameuse et redoutable côte de Domancy où Yannick fait des pointes de 8-9 à l'heure, avant de bifurquer à gauche, toujours en montant, jusqu'à Megève qui a retrouvé quelques rayons de soleil. malgré une fin "rapide", il met 24 miutes de plus qu'en 91.
2
médailles d'argent
Yohann en 6h48 et Yannick en 7h36
haut de page
1995
cliquer
1999
cliquer 18-19 juin 1994 Une grande aventure car Bordeaux-Paris, c'est : - une classique, une légende - une épreuve - long, long, 635 km réels - une ambiance : pédalage nocturne, nuit sans sommeil - un challenge : terminer dans les délais que l'on s'est choisis - bien d'autres choses encore. Pour la première fois, 2 cyclos du Mazé A.C. décident de faire de Bordeaux-Paris l'objectif principal de leur saison. Non sans quelques craintes, essentiellement eu égard à la distance car on sait bien que 600 km à vélo c'est bien plus que 3 x 200 km. Non sans préparation : leur participation aux "24 Heures d'Angers" organisées par le R.C. Anjou 5 semaines plus tôt a été l'occasion de les familiariser à la "conduite de nuit", à la gestion du temps sur une longue distance (450 km) et aussi d'échanger avec des randonneurs chevronnés, coutumiers de Bordeaux-Paris, voire de Paris-Brest-Paris. Brrr! On se sent modeste tout à coup. Bref ils sont là tous les 2, Jacky P et Yannick, ce samedi matin à 6 h sur le parc Palmer de Bordeaux, puisqu'aussi bien ils ont choisi d'effectuer le parcours en moins de 36 heures. Tous les 2, il vaudrait mieux dire tous les 3 car un accompagnateur fidèle les suit, assurant en voiture maintenance du matériel, transport des vêtements et de la nourriture, présence supplémentaire aux moments difficiles, "éclaireur" précieux aux heures sombres de la nuit. Si plusieurs effectuent Bordeaux-Paris en autonomie complète, nos débutants ont fortement apprécié ce suivi motorisé et d'ailleurs tout à fait autorisé. Il fait
encore sombre vers 6 heures. Après un petit déjeuner offert par
l'organisation, c'est l'affairement des derniers préparatifs : remplissage
des bidons, fixation de l'éclairage. Un ciel couvert, un temps lourd et
orageux. Quelques gouttes de pluie, larges, rares heureusement. Pas de quoi
saper le moral des 700 aventuriers qui ont choisi la formule randonneurs.
Comme à l'accoutumée, le peloton s'étire rapidement et se disloque. La
vitesse est raisonnable, dépassant rarement les 27-28 à l'heure : on sent la
présence d'experts qui savent que le but est fort loin.
Réapprovisionnement, crème solaire et tenue plus légère pour l'après-midi.
Redémarrage immédiat par une longue côte -il en sera ainsi après chaque
contrôle- qui en annonce bien d'autres. Reprise un peu pénible : l'estomac
n'est plus dans les talons mais il pèse sur les cuisses. Nos 2 compères
roulent seuls, avec leur suiveur obligé de les doubler dans les sévères
montées pour ne pas surchauffer son moteur. Au fil des kilomètres, le rythme
s'installe, bien vite perturbé par un méchant bris de rayon à la roue
arrière : voilage important; heureusement, la voiture suiveuse est proche
pour opérer un changement de roue. Et nos cyclos repartent pour pointer au
2ème contrôle (km 189) cependant que jean, leur fidèle accompagnateur, bat
la campagne pour dénicher un mécano : il finira par en trouver un d'ouvert
mais qui commence à en avoir ras la casquette de ces importuns de
Bordeaux-Paris qui viennent troubler son train-train prédominical ! Le rayon
ne sera jamais réparé. Pourvu que la roue de secours tienne : elle
n'apprécie pas toujours les changements de vitesse et grince volontiers des
dents! Yannick non plus ne se sent pas très frais : déjà 11 heures depuis le départ pour une distance à peine supérieure à une cyclosportive. Mais fidèles à leur tableau de marche prévisionnel, établi sur une base de 22,5 km/h de moyenne, ils peuvent encore rouler un peu à ce rythme. Les côtes succédant aux côtes -soyons justes, il y a aussi des descentes- ils profitent même du Métro (l'US Métro) et de sa quinzaine de membres pour rallier Chauvigny, lieu du 4ème contrôle (km 274), celui-là même qu'ils ont traversé l'an dernier lors du National. L'arrêt-restaurant, adopté d'ailleurs par de nombreux concurrents, est l'occasion discrète de se mettre les pieds à l'air sous la table. Quelques minutes supplémentaires pour remplir les bidons, s'équiper polus chaudement, fixer les lampes sur le vélo et même quérir de l'eau chaude pour se préparer une boisson de circonstance pour la nuit. À 20h45, nouveau départ pour une aventure cette fois nocturne, avec une transition douce car nous sommes dans les jours les plus longs : de quoi vous laisser apprécier le magnifique bourg médiéval d'Angles-sur-Anglin qu'on ne risque pas de traverser à vitesse rapide, raidards obligent. Tiens, revoilà l'US Métro : ils ont dîné plus loin et fait une halte aussi longue. Nos coursiers ne montent pas avec eux. Ils préfèrent rouler seuls, immédiatement suivis par leur voiture dont ils apprécient peu à peu l'éclairage à la fois efficace et rassurant. La nuit tombe, doucement, sans se faire mal. Nos cyclos roulent, doucement, mais ça fait mal quand même, à la longue. Paradoxe, il faut garder les lunettes, de soleil quand on n'en a pas d'autres; la température est douce, chaude même, et des nuées de moucherons agressent nos braves pédaleurs à moins que ce ne soit l'inverse; sans parler des innombrables papillons et autres insectes nocturnes attirés par les phares. Et puis la Brenne et ses étangs - bien connus des participants de la Pierre Jodet - approche : moustiques garantis. Tiens, un arrêt imprévu : contrôle volant inopiné à 22h55. Yannick se sent l'estomac lourd. Minuit tapant : l'heure, non point des fantômes, mais du contrôle numéro 5 à Châtillon-sur-Indre, au km 341. Halte appréciée mais il n'est pas question de dormir. Il faut manger... si on peut! Voilà la voiture suiveuse de Trélazé, déjà aperçue dans la journée : un cyclo en descend, qui vient d'abandonner; fameuse performance pourtant pour ce jeune homme de 72 ans. C'est la nuit
complète quand notre trio reprend la route pour l'étape suivante. L'idée
d'abandon a guetté Yannick, guère frais. La mi-course est passée : il ne
reste plus que 275 km; il reste encore 275 km. Encouragé par Jacky, il se
revitalise comme il peut, se place parfois dans las sa roue pour s'abriter,
préfère essayer de rouler à sa hauteur : meilleur pour le moral. La voiture
suit toujours, son chauffeur ne s'endort pas; le spectacle de ces deux
paires de mollets qui s'agitent devant lui et qu'il connaît maintenant par
coeur devient un rien monotone; mais quand on a été taxi, on sait veiller.
Où sont les étangs de la Brenne? à droite ou à gauche selon les coassements
des grenouilles. Belle musique de nuit à laquelle se mêlent parfois des
chants d'oiseaux. Cet environnement est si inhabituel qu'il suffit à vous
tenir éveillés. Il faut l'être pour pointer au 6ème contrôle, à 2h30 du
matin, à Noyers. Ils en sont au km 389 mais déjà les compteurs affichent
presque 400 et les gens de l'organisation annoncent une rallonge d'une
vingtaine de bornes! Jacky et Yannick redémarrent plus doucement, ayant peine à croire que ces "coureurs" viennent de franchir en 12 heures les 400 km qu'il leur a fallu 21 heures pour effectuer! Quinze minutes plus tard, un 2ème groupe les dépasse : un copain angevin prend le temps de les saluer. Il leur faudra attendre une bonne heure pour voir arriver un 3ème paquet; diable, les premiers ont creusé de sérieux écarts. Nos deux Mazéiais s'évertuent, eux, à ne pas en faire -d'écarts- quand leur accompagnateur s'arrête quelques instants, cédant à l'appel de la nature, et que surviennent en face des automobilistes aux phares terriblement éblouissants : dur de garder sa ligne tant qu'ils n'ont pas mis leurs feux de croisement. Encore heureux quand les rencontres ont lieu en pleine ligne droite. La confiance ne règne pas avec ces voyageurs du samedi soir ou plutôt du dimanche matin. Bon, la voiture suiveuse rejoint notre duo, bonne façon de vérifier, de dos en tout cas, l'efficacité de leur éclairage arrière et de leur baudrier réfléchissant. Le parcours se fait plus calme, les routes plus droites : la Sologne approche. Chambord est tout près; ils longent sans le voir le château de Cheverny. Ils s'imposent un petit arrêt car cette étape est longue. Tiens, l'estomac récalcitrant de minuit accepte maintenant une pomme : bon signe? Le doute s'installe pourtant chez nos compagnons : la fin de nuit est longue comme les lignes droites interminables des marais solognots. Insensiblement la moyenne baisse, la fraîcheur tombe tout à coup. Il faut prendre une veste; avec l'aube une légère brise se lève, pas très favorable, qui rend le coup de pédale encore plus lourd. Et puis, brusque, brève heureusement, environ 1/4 d'heure, l'envie de dormir qui prend tour à tour les deux cyclos obligés de s'inventer de pseudo sujets de conversation pour ne pas se retrouver sur le bas côté! Et le chauffeur? Il a sa technique, efficace : vitre ouverte, tête à l'extérieur; l'air vif du petit matin vous fouette les sangs et vous tient l'esprit éveillé. C'est bien soulagé que tous 3 parviennent enfin dans la banlieue d'Orléans, au lieu de contrôle n° 7, bien nommé La Source, vers 7h du matin, au km 468; mais en fait il y a déjà 20 km supplémentaires. Pas question de chipoter : il y a encore du pain sur la planche et un croissant et de la baguette fraîche sur la table avec un violent café ou du thé à volonté. Du coup Yannick a enfin retrouvé l'appétit; dans le centre des loisirs des P. et T. qui accueille les valeureux cyclos, le p'tit déj' passe comme une lettre à la poste (pas pour tout le monde : un autre copain angevin pourtant bien parti fait ici très pâle figure; il finira cependant, sans s'être alimenté depuis la veille au soir!). Après la toilette et les soins de rigueur, nos compagnons repartent 3/4 d'heure plus tard. Leurs premiers coups de pédales dans Orléans confirment leur impression : leurs sensations sont bonnes, ils iront jusqu'au bout. Ils se retrouvent mêlés à des petits groupes qui se font et se défont. Ils rattrapent le premier Métro où l'allure s'est ralentie, apportent leur collaboration comme locomotives pour lutter contre le vent de 3/4 face puis sautent finalement dans le dernier wagon d'un TGV qui les double soudainement : à peine plus difficile de rouler à 30 à l'abri qu'à 23 en tête; et c'est autrement meilleur pour le moral car la Beauce est là, redoutable avec ses longues lignes droites terriblement ventées. Ainsi protégés, ils parviennent sans encombre au contrôle n° 8, à Autruy-sur-Juine : il est 10h05 et il ne reste plus qu'une petite centaine de kilomètres. Nos amis reprennent la route allègrement, retrouvent un couple de tandémistes dont le pilote a été victime d'une insolation le samedi après-midi, voient en point de mire un paquet qu'ils s'efforcent de ne pas rattraper trop brusquement car il convient tout de même de ménager ses forces. Vastes champs de blé, de maïs, de petits pois fourragers, se succèdent au gré de légers vallonnements, voire de petites côtes : les organisateurs ont en effet choisi de petites routes, étroites et sinueuses, loin des grands axes de la proche région parisienne. La vigilance s'impose toujours, surtout en groupe, et le coup de jarret ne doit pas lui non plus faiblir. Bientôt midi : des cyclos s'arrêtent, par club, pour un déjeuner pique-nique au frais sous quelque ombrage. La fin approche également; Jacky et Yannick y croient également : 585 km au compteur. Juste avant de tourner à droite pour s'enfoncer dans la forêt de Rambouillet, une pancarte traîtresse annonce en gros : "Arrivée : 50 km". Aïe! ça fait mal au moral. Du coup ils s'autorisent aux aussi un dernier casse-croûte sur le bord de la route, remplissent pour la énième fois leur bidon, font un sort à la quiche lorraine entamée le vendredi soir pour se rendre à Bordeaux. Ils se lancent rageusement à l'assaut des 50 derniers kilomètres, particulièrement vallonnés mais souvent ombragés, et qui n'ont d'ailleurs aucun secret pour Jacjy qui les connaît comme sa poche (pour ne pas dire comme sa poste). Ils ont décidé d'être sages pour tenir jusqu'au bout, de ne se livrer que dans les 5 derniers kilomètres... s'ils en ont les moyens. Faux plats et vraies côtes se succèdent. Ils roulent le plus souvent à deux; les kilomètres défilent; ils restent attentifs dans les nombreuses traversées des villes de la banlieue, avalent sans sourciller la sévère côte de Poigny-la-Forët. Ils sentent l'écurie, ils piaffent de plus en plus, ils lâchent les derniers chevaux qu'ils ont sous leur cadre, rejoignent d'autres cyclos, les déposent, s'arrachent dans les très sévères pourcentages de Néauphle-le-Vieux qui en laissent pourtant beaucoup à pied, en remettent dans les derniers faubourgs et, de ronds-points en carrefours, arrivent au terme de leur fabuleuse équipée. Il est 14h49. Ils ont parcouru ces 50 derniers kilomètres aux grosses difficultés à 27,5 km/h de moyenne. Ils sont venus à bout des 635 km de ce Bordeaux-Paris en 32h49'. Ils n'en reviennent pas trop d'être là, de "l'avoir fait". Ils restent lucides, ils apprennent que les 2 premiers ont mis moins de 19 heures; ils rentent modestes, ils voient arriver la première femme, en moins de 25 heures. Mais ils sont contents, ils ont rempli leur contrat à eux : moins de 36 heures. Oui, ils l'ont fait, tous les2,... tous les 3. Et se disent que d'autres de leur club peuvent en faire autant. Ils ont réalisé, à leur niveau à eux, une performance sportive. Ils ont vécu une formidable aventure qu'ils ne sont pas près d'oublier.
5 août 1995
Première édition de cette cyclosportive avec
500 participants dont 430 sur le grand parcours. Francis Desveaux, Christian
Forestier et Bernard Riobé représentent le M.A.C.
Départ très rapide, les dix premiers
kilomètres à plus de 45 avec des pointes à plus de 50, jusqu'à Chisseaux au
pied de la première côte : on passe en 2 km de l'altitude 68 m à 123 m. Côte
que l'on a tout juste le temps de voir et de sentir à la vitesse où nous
l'avons montée.
La randonnée continue à travers la Sologne
pour vous conduire bien plus loin au bord du Cher que vous longez sur 7 ou 8
km avant de virer à droite à Bourré (km 159) et d'attaquer la partie
difficile du parcours, 3 côtes dures et longues : Bernard : 5h29' moyenne de 35,150 km/h Christian : 5h29' moyenne de 34,83o Francis : ?? 30 avril 1994 Azay-sur-Cher - Azay-sur-Cher (Indre-et-Loire) 200 km (B.R.S. UFOLEP) 4 cyclos de Mazé pour cette 4ème édition de La Danguillaume. Épreuve proche de chez nous puisque partant juste après Tours, elle adopte un tracé nord-sud puis sud-nord, descendant jusqu'au Grand-Pressigny, traversant 31 communes et empruntant 15 côtes "officielles". Jugée relativement facile par les organisateurs, elle doit être parcourue à une vitesse minimale imposée de 24 km/h. Ce n'est pas
la foule des grands jours sur l'aire de départ car l'on dénombre moins de
700 participants. Comme toujours, de simples cyclos en mal de kilomètres
côtoient, pour quelques instants, de grosses pointures, cyclistes amateurs
chevronnés. Plusieurs femmes sont présentes comme à l'accoutumée. On
remarque aussi quelques autres pédaleurs du Maine-et-Loire. Pour leur première longue sortie de l'année - pas de Cholet - Pays de la Loire pour eux en mars - nos 4 compères décident d'être sages et adoptent un rythme soutenu mais prudent au sein d'un groupe qui se constitue, au fil des premiers kilomètres, autour d'une trentaine d'unités. Un méchant silex vient rompre, vers le km 60, cette plaisante harmonie en ayant raison d'un pneu pourtant en bon état. Bien que soutenu par 2 de ses compagnons, notre première victime de la journée ne reverra jamais ce petit peloton. Tout juste retrouvent-ils, 50 km plus loin, l'arrière-garde de ce groupe ainsi que le 4ème mousquetaire mazéiais. Entre temps, deux violentes côtes bien senties les avaient mis en appétit pour le premier ravitaillement. Même à 4, la
suite est plus dure, chacun connaît des hauts et des bas, à l'image d'une
route vallonnée sans pourcentages excessifs pourtant. Le second et dernier
ravitaillement mérite à peine ce nom pour 2 de nos cyclos incapables de
mettre une bouchée derrière l'autre. Ce n'est guère mieux pour le 3ème
tandis que le dernier se refait une santé en mangeant de bon appétit : de
quoi affronter allègrement les 45 derniers kilomètres, pas terriblement
difficiles mais offrant quelques secteurs désavantageusement ventés. 2
médailles d'argent au terme de cette épreuve qu'ils ont
parcourue à un peu plus de 25 km/h de moyenne. 1995 Version légèrement raccourcie de 185 km. Temps idéal pour une sortie de ce genre, couvert, température moyenne. Bonne organisation. 650 participants environ parmi lesquels 3 représentants du MA.C. : Michel Bonneau, Christian Forestier et Jacky Gautray. Les plus
grosses difficultés (pentes supérieures à 5%) : Parcours
agréable où le plus dur se situe entre le Grand et le Petit-Pressigny.
Accessible à beaucoup. Celui qui a été capable de faire quelques sorties de
130 à 140 km avant doit aller au bout car les 45 km supplémentaires -la fin-
sont plats. La Pierre Jodet 5 Juin 1993 6 cyclos du Mazé A.C. se présentent pour la première fois au départ de cette épreuve de 207 km qui, elle, n'en est pas à sa première édition. La proximité de Vendoeuvres, près de Châteauroux, permet de dormir à la maison même s'il faut se lever tôt le samedi matin. Parmi les 6, 2 participent pour la première fois à une cyclosportive. Plus ou moins stressés, ils se retrouvent parmi 1041 concurrents, dans ce petit bourg de l'Indre, entre Touraine et Berry, village natal de Pierre Jodet, excellent cyclocrossman des années 60 qui a vécu à l'ombre d'André Dufraisse. La meute est lâchée à 8h30 pour une première partie roulante à travers la Brenne : départ rapide -comme d'habitude- qui ne laisse guère le loisir d'admirer les innombrables étangs. Après une soixantaine de kilomètres et cette mise en tain, le corps de l'épreuve proprement dit : environ 100 km vallonnés au coeur de la vallée de la Creuse par Eguzon et Gargilesse, village cher à George Sand. Mais nos cyclos ne font pas dans le romantisme : le ravitaillement de Roussines, au km 82, permet de se rendre compte des premiers dégâts, chacun ayant justement adopté un rythme en rapport avec ses actuelles possibilités. À partir de ce moment, 3 de nos représentants vont pédaler de conserve pratiquement jusqu'à l'arrivée, les autres roulant chacun à leur vitesse, tantôt seuls, tantôt accrochés à de petits groupes qui se font et se défont au fil des kilomètres, des ravitaillements et surtout des redoutables côtes, aux pourcentages corrects (7 à 8%) mais souvent longues de 1 à 2 km. Les cinquante derniers kilomètres nous ramènent sur Vendoeuvres dans un décor de bocage parsemé de bois et de landes. Le parcours est pratiquement plat mais la fatigue accumulée tend à allonger singulièrement les distances. Pouvoir bénéficier de l'entraînement d'un groupe facilite quelque peu la tâche. Dans un état de fraîcheur discutable - compte tenu d'un soleil qui ne fut pas avare de ses rayons - nos 6 cyclos ont terminé, les 3 premiers à un peu plus de 28 km/h de moyenne, les autres un peu moins rapidement, mais qu'importe. Performance : 5 médailles de bronze
et 1 médaille d'argent (pour notre doyen du jour qui avait droit à 20 mn
de plus dans sa catégorie). 4 Juin 1994 Encouragés par la chaude ambiance rencontrée l'an dernier dans cette magnifique région, les cyclos de Mazé avaient décidé de s'inscrire nombreux à cette 6ème édition de la Pierre Jodet et avaient proposé à leur conjoint et amis du club de venir se joindre à eux pour passer en "famille" une fin de semaine ensoleillée. Mais, au pays des grenouilles, l'eau n'abonda pas que dans les étangs! La pluie fit son apparition 5 minutes avant le départ - pris à contresens par rapport à celui de l'an dernier : un présage? - et trempa les 1 013 concurrents dès la première heure, tout au moins ceux qui avaient décidé de continuer à rouler. Heureusement le pire était passé et ce furent ensuite des averses sporadiques sous une grisaille permanente guère propice au séchage. Il ne faut pas oublier le vent, défavorable dans la première partie et favorisant de nombreuses bordures. Il fallait rester à tout prix en peloton et bien garder sa ligne sur une chaussée redoutablement glissante. 3 "petits nouveaux" figuraient parmi nos courageux représentants mazéiais, qui découvrirent donc l'ambiance des cyclosportives dans des conditions peu agréables. Il faut dire qu'ils se comportèrent bien et finirent, chacun à leur allure, avec une relative aisance. L'un goûta aux affres de la crevaison avant de repartir seul, sur tout le parcours retour, en une ardente chevauchée. Devant, en compagnie d'un autre Mazéiais, le deuxième se prenait au jeu de la compétition et dut décrocher sur la fin, victime de sa prodigalité. Derrière, le troisième découvrait qu'il pouvait se coltiner un 200 km et se permit d'abriter moins fringant que lui. Les 4 "anciens" retrouvaient quant à eux un tracé pour une large part identique à celui de l'an passé et auraient tous rallié Vendoeuvres sur leur vélo si l'un d'eux, dépité de ne pouvoir admirer les charmes de la nature et des étangs, bouchés par le temps couvert, n'avait succombé à ceux de la cyclote qui le précédait : un écart, un instant de relâchement, une chaussée glissante, deux roues qui se heurtent et voilà notre homme à terre, entraînant 6 ou 7 autres cyclos dans sa chute. Plus de peur que de mal, un côté droit aux allures de carottes, je veux dire "râpé"; et il repart accompagné de 2 autres Mazéiais. Mais une tache de sang s'agrandit sous le gant gauche : gêne plus que douleur. Cependant, une coupure insidieuse à la hauteur d'une phalange, nécessitant quelques points de suture, le contraint finalement à s'arrêter pour aller se faire soigner plus sérieusement, non sans qu'il ait tenu à poursuivre jusqu'au premier ravitaillement, histoire de se rappeler au souvenir des deux premières bosses de la journée. Venu en suiveur, notre président se transforma alors en ambulancier pour rejoindre Vendoeuvres par le plus court chemin et y dénicher un médecin-aiguilleur. Voilà pour lui, un point c'est tout. Oh pardon, non, six. Pendant ce temps, ses 6 compagnons s'évertuaient à rallier au mieux et au plus tôt Vendoeuvres par le parcours normal, alignant les grosses difficultés dans la vallée de la Creuse, se réjouissant d'être enfin à Tendu, où culminait la dernière grosse côte, négociant avec plus ou moins d'allégresse les longues lignes droites finales, heureusement abritées d'un vent redevenu défavorable dans les forêts terminales, soufflant définitivement au passage de la ligne d'arrivée où parents et amis du club les attendaient frileusement.
6 médailles de bronze
Performance en léger retrait pour le meilleur de nos participants par
rapport à celle de l'an dernier.
Mais qu'importe, pour tous
les gens du club présents pour ce week-end en Brenne, Le Blanc succéda au
noir du ciel et le dimanche se leva sous un soleil radieux, le vent ayant
balayé les nuages. Ce fut un plaisir d'aller découvrir pédestrement 2 ou 3
étangs de la Brenne, du côté de Mézières où flore aquatique et faune avicole
font bon ménage. Et même qu'après cela, l'eau des marais ne nous suffit
point et qu'un bar (non, pas le poisson) accueillant nous autorisa un
appréciable rafraîchissement. 31 mai 1997 Un peu moins de 700 partants ce dernier samedi de mai au départ de la Pierre Jodet, une cyclosportive bien connue de nos 6 cyclos mazéiais, dont les 204 km empruntaient cependant de longs tronçons nouveaux par rapport à leurs précédentes participations. Le ciel a la bonne idée d'être dégagé, ceci grâce à - ou à cause de - un vent du nord-est qui n'a pas cessé de souffler vivement tout au long de la semaine. La fraîcheur règne sur la ligne de départ à Vendoeuvres : est-ce la raison pour laquelle le "troupeau" s'élance à aussi vive allure? La route est occupée sur toute la largeur : vigilance requise à 100% car beaucoup s'efforcent de remonter de l'arrière. Avec le vent de côté ça a tendance à bordurer : pas question de lambiner si vous tenez à avoir de l'abri. Des gros pelotons se forment : à Buzançais, Bernard et Christian ont déjà abandonné leurs compagnons. Puis nouvelle cassure à la faveur d'une bosse-surprise dans le bourg : Jacky et Yannick voient Louis-Marie et Dominique partir devant. Après 12 km, les positions sont déjà installées. Désormais, il faut se maintenir le plus longtemps possible dans le paquet auquel on appartient. L'allure est vive dans la Brenne avec un vent plutôt poussant, ce qui fait naître des craintes pour le retour. Les kilomètres défilent si vite que de nombreux concurrents sautent le premier ravitaillement au 60ème kilomètre; la Maison du Parc est pourtant sympa, nichée le long d'un des si nombreux étangs de la région. Prudents nos Mazéiais (les 2+2 derniers) s'arrêtent pour faire le plein des bidons. Mais ils sont pratiquement les seuls dans leur peloton et s'obligent ainsi à une longue chasse à deux avant de revenir au bout de 30 ou 40 km sur des éléments qui ont décroché. Malgré tout, à leur vitesse respective, nos 6 pédaleurs ont franchi un peu plus ou un peu moins de 100 km dans les trois premières heures. La 4ème sera moins rapide : se présente la partie bosselée du parcours qui les conduira jusqu'à une trentaine de bornes de l'arrivée. Au fil des kilomètres et du temps, les groupes se disloquent. Il est encore possible de partager des relais sur le plat mais quand ça monte dur, c'est du chacun pour soi. Bernard trouve l'allure trop réduite dans son groupe et place une mine : Christian va être le premier à en faire les frais. Du coup il décide de rentrer sagement à son train. Plus loin, Louis-Marie et Dominique se rendent compte qu'ils ne sont pas si mauvais que ça dans les bosses et reprennent du monde. Encore plus loin, Yannick et Jacky voient leur moyenne baisser vertigineusement. On franchit et refranchit à plaisir de petits cours d'eau nichés au creux de vallées dont il faut bien sortir en grimpant par des routes étroites et sinueuses et, c'est un soulagement, le plus souvent abritées du vent. Perchés tout là-haut, les châteaux d'eau défient nos braves qui se hissent aussi vite que leurs muscles le veulent bien. Des méchantes crampes commencent à titiller Jacky. Mais quand arrive Luzeret, dernier ravitaillement, les plus douloureux reprennent espoir : plus que (ou encore?) 40 km. Bernard n'a pas trop pris le temps de voir ces côtes ni ces haies protectrices. Bien épaulé par Christian -attention, le copain de Thiviers-, il rentre au plus vite. Bouclant le parcours en 6h24 il accomplit une jolie perf', à plus de 31,8 de moyenne. Ceci le place exactement à la moitié des concurrents ayant pris le départ : c'est dire le niveau de ces cyclosportives. Les premiers, parmi lesquels le jeune néo-pro français Nicolas Vogondy (pas encore 20 ans) natif du coin, et appartenant à la Française des Jeux, sont arrivés 1 heure avant Bernard. 40 minutes après lui, Louis-Marie dévore les lignes droites forestières "en locomotive", abritant bien Dominique. Tous deux terminent sur les talons de Christian -de Mazé- qui est rentré seul. Jacky explose dans le mur de Saint-Gaulthier, victime de crampes. Mais il a assez de ressources pour faire les 30 derniers kilomètres dans la roue de Yannick qui se la joue "à la Louis-Marie", c'est-à-dire "moi devant et suive qui peut". Ils en finissent 24 minutes après leurs derniers compères, ayant tout de même roulé à 27 km/h de moyenne.
Le bilan global est
satisfaisant pour le club avec 4 médailles d'argent et 2 médailles de
bronze: Il est intéressant de noter que le dernier concurrent a mis 9h04 et qu'entre 7h28 et le dernier il n'y a que 30 concurrents. En 1993, entre 7h28 et le dernier (9h44 alors), il y en avait 200 ! (les vainqueurs avaient déjà tourné en 5h20) : c'est constater à nouveau l'élévation du niveau. Bonne raison pour féliciter nos 6 participants.
Il ne faudrait surtout pas
oublier Thierry, Francis et Bertrand qui se sont offert pendant ce temps-là
les 95 km de la Vendoeuvroise dans des paysages typiquement brennois
puisque rayonnant moins au sud que leurs camarades de la Pierre Jodet.
Ont-ils pris le temps d'admirer étangs, roselières et canards. Rien de moins
sûr car ils ont avalé ce joli parcours en 3 heures environ. A 14 ans,
Bertrand, ça promet! Encore bravo à tous! 26 juin 1993 Châtellerault - Châtellerault (Vienne) 218 km
La
D'entrée le
peloton roule trop vite pour jeter plus qu'un coup d'oeil sur les cultures
céréalières et les vignobles. À peine si l'on discerne les silhouettes
révolutionnaires en acier et en verre du Futuroscope.
Il est pourtant
urgent de boire. À l'heure où ils sont partis, ils ont habituellement, dans
les autres épreuves, effectué la moitié de leur parcours. Là, ce sont les
200 bornes qu'il faut se farcir sous la canicule. Plus de 300 abandons sont
à relever, dont la plupart à cause de la chaleur à laquelle les organismes
ne sont pas encore habitués. Foin des beautés touristiques,
Angles-sur-Anglin perché sur une falaise avec ses ruelles pentues, ses
petites maisons aux toits de tuiles plates et ses habitations troglodytiques
a moins de succès que les terrasses des cafés.
Dans nos rangs, 2 "coqs
d'argent", 1 "coq de bronze" et 2 abandons Juin 1988 Organisée pour la 1° fois en 1988 entre Yffiniac et St-Brieuc. 227 km de longueur pour une dénivelée de 2 200 m. 27 côtes répertoriées dont 7 "dures". Succès immédiat avec 3 088 cyclos au départ de cette 1°. Et, parmi ces 3000, 5 sociétaires du MAC, Dominique C., Gérard, Michel B. , Roger et Yannick. Foule bariolée et rutilante sur l'aire de départ! L'ambiance des grands jours. On se dit que ce doit être moins pénible que les cyclosportives montagnardes. Certes, mais le rythme n'est pas le même. 4 de nos Mazéiais essaient de rouler ensemble, jouant à saute-mouton d'un petit peloton à un autre selon la configuration du terrain. Surprise au premier ravitaillement : cohue monstre pour se restaurer et faire le plein des bidons; pas de col ici pour étaler l'e passage des concurrents. Après cette bousculade, quelques kilomètres de répit et de descente vers une Bretagne intérieure encaissée et verdoyante. Dommage qu'il faille toujours faire attention aux cyclos qui vous entourent : on apprécierait mieux le paysage. Presque à mi-parcours, Mur-de-Bretagne, et un mur de spectateurs pour apprécier ce long défilé de cyclos -parfois transformés en piétons- qui montent comme ils le peuvent cette longue et réputée difficile côte. Le reste n'est que toboggan avec nécessité constante de jouer du dérailleur. Eprouvant! Et le vent qui s'en mêle dans la remontée vers la mer. Nos 4 ne sont plus que 3, puis 2, puis 1 : gare à celui qui se retrouve seul dans le vent après avoir décroché! Avec ses 18% sur 1 km, la côte de la plage St-Maurice, 20 km avant l'arrivée, est un vrai calvaire. Quand nous y passons, vers le milieu des 3000 participants, plus des 4/5 doivent mettre pied à terre! Mais tous retrouvent une bouffée d'énergie pour rejoindre Yffiniac sur le grand plateau.
Performance : 5 "Blaireau" de bronze. Beau tir groupé
Déjà 4 300 participants
au départ de cette 2° édition, dont 4 Mazéiais. Au fur et à mesure qu'approche l'arrivée (qu'un détour pour travaux éloigne de 13 km : cela en fera 240 au compteur), les points d'eau improvisés se font de plus en plus nombreux. La chaleur fait des dégâts; il faut boire beaucoup et l'arrosage des pieds soulage momentanément des plantes (de pied) brûlantes. Partis séparément, nos Mazéiais connaîtront un parcours plus ou moins difficile mais grimperont tous, à 3 km de l'arrivée, le terrible mur de 20% : 200 m seulement que 9 sur 10 gravissent à pied.
Performance : 2 "Blaireau" d'argent et 2 "Blaireau" de bronze.
Juin 1992
3 cyclos
représentent notre club: Jacky G., Jacky P. et Yannick Autour d'eux, 5 405 autres! Dont 4 Savoyards venus
gîter la nuit précédente dans la même ferme bretonne. Nouveau parcours cette année car il semble bien que le département des Côtes d'Armor, qui co-sponsorise cette manifestation de masse, tienne à promouvoir d'autres sites de son territoire. Nous partons donc vers l'Ouest : pluie fine, mais pas de vent, qui oblige à la vigilance dès que la route rétrécit ou descend. Toutes les bourgades rivalisent là aussi d'imagination pour faire fête aux valeureux cyclos. "On est obligés de pédaler", avouent ceux-ci, spontanément encouragés. Le clou de cette édition est le Menez-Bré, tout à l'ouest, un mur de 1 km à 18%. Nos représentants le grimpent à pied, comme tous ceux qui les entourent : une voiture de l'organisation est restée bloquée en plein milieu du raidillon, entraînant une belle bousculade. Les plus déçus seront les très nombreux spectateurs amassés de chaque côté du goulet. Le temps se dégage un peu pour le retour, permettant d'admirer au passage la magnifique côte de granit rose vers Lannion, Trégastel et Perros-Guirec. Mais il faut d'abord prêter attention aux multiples paires de roues qui vous entourent. Après, sous l'effet de la fatigue et du vent, contraire, qui s'est levé, les groupes s'éparpillent et les paquets perdent de leur densité. 3 côtes très dures, dans les 15 derniers kilomètres, à proximité de Saint-Brieuc, achèvent d'éclater les groupes. Mais quand on se présente sur la ligne d'arrivée, plus de 3 minutes d'attente sont encore nécessaires pour se faire pointer! Pensez donc, entre nos 2 premiers Mazéiais, Jacky P et Yannick il y a moins de 9 minutes mais exactement 200 concurrents!
Performance : 2 "Blaireau" d'or et 1 "Blaireau" d'argent.
Mai 1988 Créée en 1987, cette cyclosportive s'est d'abord appelée "Le Chevreuil". Il y eut cette même année la première "Epervier" dans le massif des Maures en Provence. Toutes sont des petites soeurs de la Marmotte et de l'Isard. Le Chevreuil sera rebaptisé "La Jacques Anquetil" (dans la droite ligne cette fois de la "Louison Bobet" et de la "Bernard Hinault") puisque se déroulant dans la vallée de la Chevreuse, en région parisienne, terrain de jeu favori du maître rouleur normand pour des chronos remarquables, notamment dans le grand prix des Nations. Déjà 3 000 participants à cette 2° édition du Chevreuil, dont 2 chasseurs de gibier mazéiais, Claude V. et Gérard. Ils alignent à bonne allure les 22 bosses répertoriées d'un parcours jugé officiellement le moins difficile de l'ensemble des cyclosportives de cette organisation, ceci à cause de son faible dénivelé (1 500 m contre 2 300 à l'Epervier, 2 400 à la Bernard Hinault, 4 000 m à la Louison Bobet, 4500 à l'isard, 4 600 aux Portes du Soleil et 5000 m à la Marmotte.) N'importe, l'épreuve est longue (209 km) et on se laisse prendre au jeu des départs rapides et des paquets qui vous doublent et que l'on voudrait bien accrocher. Pour cela, s'il est bon de savoir grimper, il n'est pas mauvais de savoir descendre et nos deux représentants s'y emploient judicieusement. La côte des 17 Tournants et le mur de la Madeleine, à proximité de l'arrivée, font mal aux jambes : beaucoup préfèrent gravir à pied ses 800 m à 18%.
Performance : 2 "Chevreuil" de bronze
Le Chevreuil s'est donc mué en "Jacques Anquetil" : 3 500 concurrents pour une épreuve au parcours légèrement modifié qui, de l'avis des spécialistes, rappelle celui du Citérium National et de l'ancien grand prix des Nations. Le même jour a lieu l'inauguration, au sommet de la côte de Châteaufort, de la stèle qui perpétuera le souvenir du champion normand.
Il
fait chaud ce jour-là et un vent plutôt fort a fait se déployer les
éventails. Parmi nos 3 Mazéiais de service, Roger et Yannick rouleront toute la course -car
il faut bien l'appeler ainsi- ensemble, Gérard ayant
délibérément pris les devants. Ce qui surprend ici, ce sont les contrastes :
beaucoup de côtes, mais aussi de bonnes longueurs de plat (d'où les moyennes
élevées); de la chaleur, mais beaucoup de fraîcheur dans les forêts
ombragées de la Chevreuse; l'impression d'être en pleine nature mais la
traversée de nombreuses bourgades de la région parisienne (et quand on
habite une belle résidence à St-Rémy-lès-Chevreuse, on n'aime pas, un samedi
à 12 h, devoir patienter, pour sortir de chez soi, devant un troupeau de
cyclos!) : ici, le rôle des commissaires est beaucoup plus difficile à
assumer qu'en Bretagne!
Performance : 1 "Maître" d'argent et 2 "Maître" de Bronze"
30 juillet 1988 Présentant une dénivelée de 4000 m pour une longueur de 192 km, cette cyclosportive créée en 1986 est un peu moins cotée que les précédentes. De Valloire à Valloire, elle offre la particularité de proposer l'ascension du Galibier dans les deux sens avec, entre les deux, celle du mythique Izoard. 1 Mazéiais, Claude V. + 2 889 autres participants pour cette 3° édition. Départ donc de Valloire (lieu de passage de la Marmotte) entre Télégraphe et Galibier. C'est précisément celui-ci qu'il faut gravir d'entrée, à froid : 17 km à un pourcentage moyen de 7,3 avec, dès le départ, une rampe à 14%. De quoi vous réchauffer rapidement! Il vaut mieux car le sommet du Galibier, à 2 645 m, vers 9h du matin, est tout de même frisquet. Longue descente jusqu'à Briançon via le Lautaret mais la chaleur commence à se faire accablante dans la vallée du Guil. Que dire des pentes calcinées de la Casse Déserte en plein Izoard? Quoi qu'il en soit, il faut pédaler et se montrer digne de Louison Bobet et de Fausto Coppi, les deux champions associés en ce lieu grandiose sur une stèle commémorative. Notre cyclo mazéiais ne se montre pas l'égal du fameux coureur breton. Têtu comme lui, il met un point d'honneur à terminer. Il n'est pas venu pour faire un temps et peu lui importe la couleur de sa médaille, il veut aller jusqu'au bout. Mais les plantes des pieds sont brûlantes. Une bonne séance de massage et il repart pour affronter à nouveau le Galibier, par la face sud cette fois : 28 km de Briançon au Lautaret par des pentes raisonnables puis les 8,5 derniers kilomètres à près de 7%. Une fois basculé là-haut, c'est gagné mais pas de relâchement : les lacets sont serrés et descendre un col à fort pourcentage représente toujours un exercice périlleux, surtout quand vous avez déjà parcouru 175 km, dont 85 de montées!
Performance : "Louis" de bronze
26 juillet 1986 3 cyclos du MAC, Claude V., Roger et Yannick, pour cette 1° édition de l'Isard qui offre au menu le Tourmalet et l'Aubisque suivi du Soulor avant d'en finir au sommet d'Hautacam, soit 203 km et 4 500 m. de dénivelée. L'épreuve est placée sous le "patronage" de l'"aigle de Tolède", à savoir le fameux grimpeur espagnol Frédérico Bahamontès. Un peu plus de 700 cyclos au départ d'Argelès-Gazost. 18 km d'échauffement et déjà les premières rampes du Tourmalet : 18 km de montée dans le brouillard. le k-way est le bienvenu pour la descente : les journaux distribués ne suffisent pas. descente difficile sur route mouillée avec des doigts passablement engourdis. On se réchauffe ensuite jusqu'à Lourdes où nous attend le 2° ravitaillement. Claude le "saute" et file avec un groupe. Ses 2 compères sont bien contents de s'épauler dans les 55 km de faux plats qui conduisent au pied de l'Aubisque. Après, nouvelle ascension de 18 km avec quelques passages à 13% : redoutable Aubisque. Chacun pour soi et la montagne pour tous : Yannick s'en va seul et dépasse bientôt le 3° larron qui était parti devant à Lourdes. Là-haut, il fait un peu moins froid qu'au sommet du Tourmalet (1 710 m contre 2 114 m). Le Soulor s'avale sans trop de difficulté après quelques kilomètres de récupération mais le brouillard invite à une vigilance de tous les instants : vaches et même porcs sont des familiers de ces lieux. Nouvelle descente pour un retour à Argelès. reste le dernier juge de paix, une sorte d'Alpe d'Huez local moins connu : le Hautacam qui s'atteint en 20 km et pratiquement 1h45 pour nous. cette ultime ascension se fera elle aussi dans le brouillard.
Performance : 1 "aigle" de bronze et 2 "isards" (récompense
attribuée à ceux qui arrêtent à Argelès sans grimper Hautacam)
juillet 1987
1 élément du MAC,
Yannick.
Pas loin de 1500 concurrents, soit le double de l'an passé. Temps moins
maussade heureusement. Attention aux vaches qui se réfugient régulièrement sous le tunnel qui suit la traversée de la Mongie dans la descente: passage glissant; il n'y aura pas cette année de chute collective. Le ravitaillement de Lourdes est un réconfort précieux mais il ne fait pas de miracle pour les cyclos mal préparés ou qui ont du mal à gérer leur capital énergie : l'Aubisque se chargera plus loin de les remettre à la raison. Nouveau ravitaillement au sommet de l'Aubisque et même un appoint à Argelès pour ceux qui osent encore affronter Hautacam.
Ces grandes
épreuves requièrent le concours d'un grand nombre de bénévoles : "serveurs",
signaleurs aux carrefours (même si la route n'est jamais neutralisée),
équipes de soigneurs et médecins en voiture ou à moto, techniciens pour les
réparations, un ou deux hélicoptères pour surveiller et coordonner tout cela
et évacuer les éventuels blessés (très rares par rapport au nombre de
participants).
Performance : "L'aigle" de bronze juillet 1988 1 participant du MAC, Yannick à nouveau et à nouveau 1 500 participants. Enfin l'Isard est sorti du brouillard. Ciel dégagé dès le départ et beau soleil sur tout le parcours. Chaud soleil même. Qu'elles sont difficiles, les rampes de l'Aubisque quand l'astre de 13 h vous tape directement sur le crâne. Il faut les voir, les rescapés, -et pourtant à peine 150 km sont parcourus- chercher le moindre coin d'ombre, passer délibérément à gauche dès qu'un bout de haie assombrit et rafraîchit un petit bout de la chaussée. Il faut les voir déposer carrément leur monture et s'asseoir 5 ou 10 minutes au pied d'un arbre à l'ombre généreuse, retirant leurs chaussures pour aérer les pieds brûlants. Ce sont souvent les mêmes qui, quelques kilomètres plus bas, à Laruns, au pied du grand col, trempaient les leurs (de pieds) dans un lavoir à l'eau rafraîchissante et bienfaitrice. Une dernière poignée de courage les hissera jusqu'au sommet pour plonger enfin, via le Soulor et ses vastes prés à vaches, jusqu'à Argelès. Mais ils s'arrêteront là. Seulement 745 vaillants atteindront Hautacam. Les autres le sont aussi pourtant, mais il y a des jours où il faut savoir admettre ses limites.
Performance : "L'Isard" juillet 1989
1 participant du
MAC, Yannick encore. Toujours 1 500 concurrents : une épreuve qui a du mal à grandir malgré
la participation importante des Espagnols venant en voisins. À part les
spécialistes qui courent après ce genre d'épreuves, on note quand même
beaucoup de cyclos de la région, des Pyrénéens ici en l'occurrence. Car
aussi attrayantes soient-elles, elles ne sont pas forcément à la portée du
premier venu. Le départ matinal oblige le plus souvent à passer la nuit sur
place ... et l'on n'est pas toujours en état de reprendre le volant après
l'arrivée, pour un voyage prolongé. Ce sont des frais supplémentaires et
ceux d'inscription sont déjà élevés; et bien sûr faut-il encore pouvoir se
libérer 3 jours. Pratiquement sans réserve, ayant tout donné pour s'arracher jusqu'en haut de l'Aubisque, notre cyclo veut venger son demi-échec de l'année précédente, il dépasse Argelès et se lance courageusement sur les pentes d'Hautacam. Cette montée irrégulière offre des rampes aux pourcentages très élevés. Il y laisse ses dernières forces. Deux haltes de récupération ne suffisent pas. À 6 km du sommet, il arrête définitivement, épuisé. Pour une fois qu'il n'escaladait pas Hautacam dans le brouillard! Rota s'incline d'un peu plus d'1 minute devant un autre 1° catégorie de la région pyrénéenne, dans un temps moins bon de 8 minutes par rapport à celui de l'an dernier. Notre facteur suisse n'est lui en retrait que 2 minutes! Le secret de sa réussite ? - 18 000 km de vélo par an, - 30 kg de miel annuels, des cures de raisin et d'abricots, - aucun régime particulier, - n'a pas vu un médecin depuis 10 ans...
6 juillet 1985 Première participation du MAC à ce genre d'épreuves. la Marmotte est la plus ancienne des cyclosportives et la plus cotée : 5 000 m de dénivelée pour une distance de 174 km. Nous nous retrouvons à 3 sur l'aire de départ de Bourg d'Oisans vers 6h15 du matin : Claude V., Michel R., Yannick. Nous attendons le 4° mousquetaire, Michel Bernard, et laissons passer une foule de concurrents devant nous. Notre équipier ne viendra pas : en s'entraînant quelques jours plus tôt, il a pris de l'eau à une source et s'est récupéré une amibe! L'ayant attendu jusqu'au bout, nous partons parmi les derniers, aux alentours de la 2 700° ou 2 800° position. Quand nous franchissons la ligne du départ, les premiers sont partis depuis 20 bonnes minutes. Nous monterons la Croix de Fer ensemble : descente et crevaison nous sépareront. Les conditions météo sont très correctes : ni pluie, ni orage, ni neige comme certaines années; un beau soleil mais pas de quoi nous terrasser dans les escalades dégagées du Galibier et de l'Alpe d'Huez. C'est à l'énergie que se conquièrent les 21 fameux lacets : 1h30 est nécessaire là où 1h5 suffisait à l'entraînement. Mais quand le sommet est atteint, on a quand même la sensation d'avoir fait "un sacré truc"! Performance : 2 médailles de bronze
et 1 abandon. juillet 1986 1 participant de Mazé; 3 000 concurrents environ. Chaleur prononcée. Yannick effectuera une escalade de la Croix-de-Fer plus rapide que l'année précédente, mais sans doute trop. Et au lieu de dépasser 750 concurrents dans le Télégraphe et le Galibier, il aura bien du mal à se hisser au sommet de ce géant, encore bordé de deux imposants murs de neige : il y a intérêt à se couvrir pour la descente. Même ces 45 km de descente jusqu'à Bourg d'Oisans sont
pénibles quand il faut sans cesse maîtriser sa vitesse sur des routes
sinueuses où la circulation est importante alors que la fatigue s'est
emparée de tous les muscles, épaules, bras et poignets y compris. Performance : "Le Marmotton"
(brevet décerné à ceux qui vont quand même jusqu'à Bourg d'Oisans). juillet 1987 1 participant de Mazé qui découvre "l'épreuve": Gérard. Encore un peu plus de concurrents. Impressionnant ce peloton d'abord compact qui se lance sur les quelques kilomètres de plaine qui précèdent la Croix-de-Fer et qui s'étire dès l'abord des premières rampes, avant de se scinder; il y a ceux qui viennent pour la performance et ceux qui participent pour pouvoir dire : "J'y étais". Le site est toujours aussi grandiose et l'enchaînement Télégraphe - Galibier aussi redoutable. Ce genre d'épreuve nécessite un entraînement en distance (il est bon d'avoir fait 3 000 km dans son année auparavant) mais aussi, spécifique : difficile d'escalader des cols quand on habite le Maine-et-Loire. Pour sa première participation, notre représentant s'arrêtera à Bourg d'Oisans. Performance : "Le Marmotton" juillet 1988 Ils se présentent à 2 du MAC cette année-là. Pour Gérard
et Yannick, ce n'est pas
leur coup d'essai, ce ne sera pas un coup de maître non plus. Mais l'Alpe d'Huez ne sera encore pas pour cette année. Et pourtant à l'entraînement ils le montent bien en 1h - 1h10, ce qui n'est pas mal pour des gens de la plaine! Mais là, 3 ascensions successives et 160 km d'épreuve(s) ont raison de bien des organismes. Performance : "Le Marmotton"
pour nos 2 cyclos.
1 participant du MAC. 3 450 concurrents au départ. 2 480 à l'arrivée. Mais pourquoi retourner dans cette galère? Le goût du sport, le plaisir de se faire mal, le besoin de se persuader qu'1 ou 2 ou 3 années supplémentaires ne nous empêcheront pas de faire mieux, la célébrité et la magie des lieux, la participation à quelque chose de grand. Pour la Marmotte, on ne parlera pas exactement de fête. De rares localités traversées. Peu de spectateurs sur les routes, les familles pour l'essentiel. Des encouragements pourtant sur les lacets de l'Alpe d'Huez, des points d'eau fréquents avec des enfants qui vous tendent des timbales. Ce n'est pas le tour de France mais quand même, combien sur tous les Français en âge de faire du vélo, sont capables de gravir ces 21 interminables lacets après avoir franchi 3 grands cols alpins? Alors, comment ne pas avoir envie d'en faire partie? Comment ne pas rêver de s'identifier aux géants de la route dont la télévision sait si bien nous faire vivre les exploits dans cette étape légendaire? Ce ne sera encore pas cette année pour notre Mazéiais. Mais qu'importe? il a essayé.
9 juillet 1989 Un représentant du MAC, Yannick, attend le lever du jour pour enfourcher sa pédaleuse et découvrir l'Aude dès l'aube. La célèbre blanquette ne fait pas partie de ses provisions. Il n'oublie pas en revanche une petite veste car le temps matinal est à la fraîche. Il quitte donc seul Limoux puisque les départs s'étalent au gré des 600 concurrents. La mise en jambes est tout de suite coriace : pentes rudes sur routes étroites et désertes, sauf quelques autres cyclos qui jugent eux aussi que l'entrée a des allures de plat de résistance, genre bonnes côtes bien saignantes. Déjà peu de monde à la fête dans le col de Feste et bien des énergies sont mises sous l'éteignoir au sommet du Chandelier. Pointage et ravitaillement assurent une heureuse restauration qui fait défaut au fameux château de Puivert, un des hauts lieux du catharisme. Il faut bien monter sur 20 km pour se hisser au sommet du Garabel, mais le véritable plat de résistance est le suivant : le col de Pailhères, un géant pyrénéen méconnu qui culmine à 2 001 m après une élévation de 1 219 m pour une longueur de 15,2 km, soit un pourcentage moyen de 8,1% supérieur à celui du Tourmalet ou du Galibier; et encore y est inclus un faux plat de 2% seulement à 7 km du but; c'est dire que le reste est ardu. Consolation pour notre représentant qui a du mal à s'arracher à la route dans les dernières rampes : les bolides qui le doublent ont leur compteur bloqué à 8 km/h.! Quel coup de bambou! Heureusement sa famille l'attend là-haut, depuis un certain temps déjà! et il s'accorde un repos réparateur d'une heure. De quoi affronter le second épouvantail ("vous nous en remettrez bien un p'tit peu?!) : le col de Pradel, moins élevé et pénible cependant, qui se gagne, le terme convient, par des routes étroites, sauvages, herbues, magnifiques. De savoir qu'il est là-haut sur la ligne de partage des eaux Océan-Méditerranée ne lui facilite pas pour autant la descente, aussi acrobatique que la montée. Mais en bas, des vallées très encaissées, des passages étroits au pied voire au-dessous de falaises abruptes : les gorges de l'Aude. Il faut les quitter pour une dernière rampe de 3 ou 4 km où se côtoient pédaleurs de tout âge et de tout sexe et vélos de même variété; car chez ces gens-là, monsieur, il y en a qui savent encore résister à la mode du lycra et du fluo et préfèrent ballon et moult sacoches au pneu de 18. Restent alors 42 km de descente, belle et large jusqu'à Quillan, mais qui se fera prudemment eu égard à la pluie qui a jugé bon de se manifester dans l'après-midi. Le k-way n'est pas loin; Limoux non plus. Cette fin est rendue très pénible par la conjugaison de la pluie et de la fatigue accumulée (192,5 km pour 4 132 m de dénivelée). Un groupe d'une dizaine de randonneurs d'un même club, car ici on joue la solidarité avant la performance, va permettre de terminer un peu moins difficilement. Plus tard arrivera un tandem de sans-culotte en bonnet phrygien : histoire de ne pas oublier qu'on en en juillet 1989. Façon savoureuse d'allier sport et patriotisme. haut de page
5 juillet 1987 Départ de Colmar aux aurores, vers 6 h du matin. Les plus courageux, pourvus de l'éclairage adéquat, se sont élancés vers 4 h. Dans ce genre d'épreuves en effet, organisées par la FFCT, nulle prise en compte du chrono, sauf une heure limite de rentrée. Une formule nouvelle permet même de réaliser la distance sur 2 jours. Ce jour-là, un peu plus de 1 000 participants. Notre Mazéiais de service, Yannick, se trouve quelques compagnons de route au fil des kilomètres mais accomplit seul, en randonneur, la majeure partie du parcours. Début sans histoire, ça va toujours bien au démarrage (ce qui est formidable, c'est quand ce démarrage et ce bien-être initial se prolongent sur toute la distance! Ce ne sera pas le cas ce jour), même pas besoin de prendre de l'eau à la source de Soultzbach. Le col du Firtsplan est servi pour la mise en jambes : une pomme au sommet et un premier pointage sur la feuille de route (chose que l'on ne trouve pas dans les cyclosportives). L'enchaînement col Amic, sur des routes forestières virageuses et étroites - Grand Ballon, sur un bitume roulant mais bien pentu, permet de tester les capacités de chacun : attention à ne pas forcer trop tôt. Viennent 30 km sur la célèbre route des Crêtes qui ouvre des horizons verdoyants sur le versant vosgien du massif; dommage que ce dimanche matin soit un peu embrumé. Descendre la Schlucht vers Munster est un vrai régal mais les automobilistes sont nombreux. Un violent casse-croûte attend les affamés à Stosswihr vers la mi-parcours. Personne ne va jusqu'à Munster car il faut bifurquer juste avant pour une seconde moitié redoutable : la difficile ascension du Collet du Linge nous laisse à peine de quoi réfléchir sur le triste sort réservé aux milliers de soldats français et allemands enterrés sur les lieux d'un sauvage champ de bataille datant de 1916-1917 : notre propre sort commence à nous préoccuper. La
vue du lac Noir n'étanche pas les soifs (ça y est, le ciel s'est franchement
dégagé); heureusement que les Vosges prêtent leurs magnifiques forêts
ombragées. Les cols se succèdent, parfois inattendus, aux pentes traîtresses
comme au Pré des Raves. Quand Aubure est atteint - à la limite de
l'écoeurement -, c'est gagné; il suffit de plonger sur Ribeauvillé, y
remarquer 2 ou 3 nids de cigognes et regagner Colmar par la plaine et le
vent pour en finir avec les 220 km de distance et les 4 150 m de dénivelée.
La
Vallée de l'Authion Une bonne douzaine de cyclos du M.A.C. pour cette première grande randonnée effectuée par le club. Un parcours bien de chez nous, tout autour de Mazé, par des routes souvent empruntées lors des sorties dominicales. Beaufort est le point de départ et d'arrivée le plus pratique. La 1° étape consiste à rallier Ste-Gemmes/Loire, confluent de l'Authion et de la Loire. Retour vers l'est ensuite avec pointage obligé à Trélazé où siège le club organisateur de cette rando permanente. Montée vers le Baugeois où l'on a le loisir d'admirer châteaux et manoirs au coeur de magnifiques propriétés. Traversée de nombreux bois avant de se diriger vers le sud-est. A mi-parcours, le groupe se désunit car plusieurs n'ont encore jamais dépassé le cap des 100 km; heureusement, il y a de bonnes locomotives. Après le contrôle de La Breille-les-Pins, on se rapproche de la source de l'Authion en pénétrant dans l'Indre-et-Loire. C'est St-Nicolas-de-Bourgueil qui nous accueille le midi pour une halte réparatrice; arrêt apprécié par tous car les kilomètres s'additionnent et les jambes s'alourdissent. L'Authion est traversé entre Allonnes et Villebernier. Un crochet par Saumur et le retour s'amorce par de petites routes de campagne bien difficiles à trouver. Les arrêts sont nombreux et les demi-tours aussi. Ceux qui n'en peuvent plus apprécient ces fréquentes interpellations entre ceux-qui-regardent-le-plan et ceux-qui-disent-connaître-la-région! Nul n'est fâché, en retombant sur la route qui vient des Rosiers, d'apercevoir au loin le clocher de Beaufort. Cette 1° randonnée de 210 km en annoncera
bien d'autres, à commencer par le tour du Maine-et-Loire, sept semaines plus
tard. 3 mai 1987 Encore pas mal de pédaleurs pour notre 2° vallée de l'Authion. Un départ en trombe depuis Beaufort. Une remontée sur Baugé rendue particulièrement difficile par un fort vent contraire, c'est là qu'on apprécie le groupe. 1 ou 2 le quittent pourtant à proximité de Mazé faute de pouvoir disposer de tout leur dimanche. Depuis deux ans, le club a encore gagné en convivialité et l'on s'offre cette fois un pique-nique familial dans le cadre reposant de l'étang des Loges, près de La Breille-les-Pins. Mais le pique-nique tourne rapidement à la déroute. Au vent fort s'ajoute un ciel bouché dans un cocktail plutôt frisquet : tous aux abris! Les uns ont hâte de rentrer chez eux et les autres de retourner se réchauffer sur leur vélo. Mais une nuée les guette avant Villebernier et ils s'engouffrent, en rase campagne, sous une grange accueillante et protectrice. A part ça, le vent souffle toujours beaucoup, mais dans une direction plus propice aux retours. Par ailleurs, la valse-hésitation de l'édition précédente a tout de même permis un certain repérage qui fait gagner du temps dans le choix des directions, autorisant à profiter au mieux des routes intérieures qui longent l'Authion. Consolation quand on arrive chez soi : il fait tout aussi sale temps du côté de Roubaix, ce qui n'empêche pas Marc Madiot de sortir en grand vainqueur de l'Enfer du Nord.
Extrait du Courrier de
l'Ouest 17 juin 2000 Extrait de Ouest-France
Le Tour du Maine-et-Loire
15-16 juin 1985
Pas un chat à
Aubigné-Briand ce beau matin de juin 1985; heureusement, le café restaurant
du Layon met son cachet à notre disposition pour partir dès 6h10. En guise
d'échauffement, c'est donc le Layon avec ses côtes à bon pourcentage. Lui
succède le val de Loire, très agréable avec la montée sur Champtoceaux, tout
à l'ouest du département. Une grande transversale à travers les Mauges
trouve son apogée au point culminant du département (210 m environ) aux
Gardes dont il faut gravir la redoutable côte. Elle fera office d'apéritif
car la mi-journée est là et une halte reconstituante s'impose : elle a lieu
un peu plus loin autour de violents sandwichs et d'1 demi (ou 2!). ...et à 7h10 le lendemain matin avec quelques changements de tête dans le groupe et, pour les fidèles, des jambes plus ou moins remises à neuf après une nuit pourtant réparatrice. Durtal se gagne sans problème. Il n'en est pas de même pour Segré, à cause d'erreurs d'itinéraire qui nous sont l'occasion de découvrir le méconnu Haut-Anjou. Le retour sur Angers par le Béconnais ne signifie pas l'arrivée car il faut rejoindre le point de départ de la veille. Et à l'heure où tout le monde se met à table, nos pédaleurs quittent la grande ville pour aborder les derniers vallonnements qui, après Brissac, les conduisent au terme de leur boucle : Aubigné-Briand. il est alors 14h30.
* Aubigné-Briand ne s'appelait
pas encore Aubigné-sur-Layon 13-14 juin 1987 On prend pratiquement les mêmes, en un peu moins nombreux et on recommence 2 ans plus tard car un bon cyclotouriste ne dédaigne pas de revenir sur les lieux de ses aventures passées pour le plaisir de pédaler à nouveau ou pour celui de les partager avec d'autres. Le même découpage en deux étapes est retenu avec départ d'Aubigné-Briand le samedi matin à 7h. Seule ombre au tableau : un ciel couvert. Déplaisant. On déplore un porte-bidon récalcitrant : une crevaison à la sortie de St-Aubin-de-Luigné est l'occasion d'aller quérir un bon tournevis chez l'habitant pour resserrer le lâche; mais l'anecdote est sans proportion avec la fourche de Garin et la forge de Ste-Marie-de-Campan. Le ciel continue de s'obscurcir et la pluie fait son apparition; elle tiendra toute la matinée. La tenancière de la droguerie de Champtoceaux n'apprécie pas outre mesure l'intrusion de ces cyclos humides au milieu de ses présentoirs de vaisselle et cadeaux, mais il faut bien pointer. Ceux qui ne goûtent guère la pluie non plus, ce sont les mariés qui se dirigent vers l'église du côté de Gesté. Autant dire que la halte des Gardes est la bienvenue avec d'énormes sandwichs. La pluie a cessé mais la tenue n'a pas séché et chacun se protège d'un journal pour reprendre la route. L'après-midi sera heureusement plus clémente pour le retour sur Mazé, via le sud-est du département. À nouveau des changements de tête et de jambes le dimanche matin pour les 150 derniers kilomètres, si bien qu'ils seront finalement 3 à boucler le tour complet. Quelques rotules grinçantes au départ, quelques fesses meurtries à l'arrivée, mais il n'y a pas à déplorer d'autres dégâts matériels au terme, à Aubigné-Briand.
Dans l'impossibilité d'effectuer le tour du Maine-et-Loire avec leurs collègues quelques jours plus tôt, deux intrépides du club décident de se lancer à l'assaut des 408 km du périple sur une seule journée, ce samedi de fin juin. Ils ont choisi de partir de - et d'arriver à - Angers. La première difficulté du jour consiste à se lever à l'heure prévue! Ils en sont quittes pour pédaler un peu plus vite, ce qu'ils font volontiers compte tenu de leur fraîcheur physique d'une part et de la fraîcheur atmosphérique d'autre part : eh oui, comme pour leurs copains, il pleut! Bien, les samedis de juin! Heureusement que là encore le temps va virer sa cuti vers midi et rendre la seconde moitié de parcours moins pénible. Les contrôles obligatoires sont l'occasion de haltes restauratrices et requinquantes dans les cafés : pluie ou chaleur, il faut du carburant pour affronter de telles distances. Ayant maintenu
une moyenne soutenue malgré leur nombre réduit, nos deux compères profitent
de leur passage à Mazé pour s'octroyer un repas et un repos plus
consistants. "Mars, et ça repart!" Que dire d'une bonne douche bien chaude!
Encore - ou plus que - 100 km à parcourir pour la fin d'après-midi. Un
troisième larron les accompagne jusqu'à Durtal mais ils filent seuls jusqu'à
Segré et regagnent Angers en début de soirée. Ils bouclent leur tour en un
peu plus de 17 heures. Faut quand même le faire. 22 juillet 1992 Un autre duo se met en route vers 4h du matin - ville-départ : St Mathurin - pour une nouvelle tentative sur une journée. Aux samedis pluvieux des années passées, ils ont préféré un mercredi estival de juillet. le clair de lune les accompagne jusqu'à Durtal, en complément d'un éclairage malgré tout réduit. À force de tourner en rond dans Durtal à la recherche d'un hypothétique cachet, ils s'engagent résolument sur l'autoroute mais s'arrêtent rapidement au péage. Une charmante contrôleuse légèrement ensommeillée atteste, tampon à l'appui, qu'ils sont bien passés dans la dite bourgade. Le lever du jour, en route vers Segré, favorise la formation des bancs de brume et le rafraîchissement de la température; ce qui n'empêche pas les petits lapins de gambader tranquillement. Allure relativement modérée et régulière pour nos deux braves qui attendent 9h pour quitter leur petite laine. Désormais chaque contrôle sera l'occasion d'une halte désaltérante car la chaleur s'impose au fil des heures, atténuée parfois par quelques passages nuageux. Petit en-cas à Aubigné (retrouvailles avec le passé) : le Layon et ses côtes, après 150 km déjà, se franchissent allègrement. Montjean est l'occasion d'un arrêt plus reconstituant. La Loire a retrouvé un peu de ses eaux et les Mauges sont tout de même plus agréables sous le soleil. Seulement, la côte des Gardes apparaît encore plus pentue après 300 km de randonnée! De là à Fontevraud, c'est l'étape la plus longue et certainement pas la plus aisée; les raidillons se succèdent, de plus en plus éprouvants; mais à 20h, on trouve encore un café ouvert. Nos deux cyclos ne sont pas dans le même état : l'un mange avec appétit tandis que l'autre a beaucoup de mal à digérer ces derniers kilomètres. Mais ils pédaleront de conserve, de Saumur à St-Mathurin, alors que la nuit commence à tomber, un peu après 22h, pour terminer cette nouvelle boucle.
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