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Semaine européenne de cyclotourisme en Espagne 2012
Séjour à Calpe 2011
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Varetz 2010 vu par un Varésien
Semaine Fédérale Saint-Omer 2009 (poème de René)
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Bordeaux - Paris 1994  2002
La Pascal Dubois 1995
La Danguillaume 1994  1995
La Pierre Jodet 1993 1994 1997
Le National 1993
La Bernard Hinault 1988 1989 1992
La Jacques Anquetil 1988-1989
La Louison Bobet 1988
L'Isard 1986-1987-1988-1989
La Marmotte 1985-1986-1987-1988-1989
BCMF de Limoux
1989
BCMF (Brevet Cyclo-Montagnard Français) des Vosges 1987
La Vallée de l'Authion
1985-1987 -1997 -2000
Le Tour du Maine-et-Loire 1985-1987-1992

 

Semaine Européenne de cyclotourisme en Espagne du 01/07 au 08/07/2012

La semaine UECT à GIJON (prononcer « riroun ») en Espagne dans la principauté des Asturies à 400 km de la frontière franco-espagnole sur la côte atlantique.

Pas de voyage cyclo FFCT pour « les Péan » en 2012… et pourquoi pas la semaine UECT en Espagne…Et voilà c’est décidé : inscription et réservation d’une chambre d’hôtel à une bonne dizaine de km de la « permanence ».

Des circuits bien fléchés sont proposés du lundi 2 juillet au dimanche 8 juillet  aux 1200 participants venus de France, Suisse, Belgique, Pologne, Allemagne, Italie, Grande Bretagne…

Circuits qui nous ont permis de découvrir des paysages tous différents mais toujours pentus, entre la route de la fraise, la région du cidre, les forêts d’eucalyptus, le tour des vallées minières, la route du bord de mer qui ressemble à la côte bretonne avec ses villas fleuries d’énormes hortensias, et le défi de l’Angliru, ce dernier on n'est pas près de l’oublier .

Quelques mots sur l’ANGLIRU que nous avons gravi tous les 2 chacun à notre rythme :

L’Angliru c’est 12,5 km de montée dont les 6 derniers km avec une pente à 13 % pour finir sur un plateau au bout de 2 heures de montée.

Dans la montée : ambiance sympa avec ces nombreux cyclos, comme moi (et Jacky aussi ) qui montaient à pied en poussant leur vélo sur les passages trop pentus de 22 % à 23 ,5 %.

La journée de repos du jeudi  nous a permis de visiter Oviédo, la capitale des Asturies et de recharger les « batteries ».

À signaler que nous avons croisé Monique et Dominique Delalande en tandem sur un circuit, au retour vers « la permanence » et de nombreux cyclos angevins et saumurois.

À la fin de la semaine nous étions à 830 km parcourus avec une dénivelée de 12800 mètres sous un soleil modéré et une seule averse orageuse.                                                                                                         
                                                                                                                                                          Dimanche 22 juillet 2012               Jocelyne Péan
                                                                                     
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CHAUDES PÉDALÉES AUTOMNALES EN PLEINE IBÈRE NATION (séjour ARAN 49 à Calpe – Espagne  du 2 au 15 octobre)

Lundi 3 octobre – « Callosa – Albir » 66 km – 838 m de dénivelée)

À 8h30, tous les cyclos sont fin prêts, en fait plus ou moins prêts et plus ou moins fins, pour la première sortie, dite de sélection. Au juger, mais la plupart se connaissent déjà, 3 groupes se forment pour cette découverte initiale en cyclo –mais pas encyclopédique, de Calpe et de ses environs. Précision géographique utile : Calpe se situe sur la côte est de l’Espagne et non pas  en Belgique comme pourrait le laisser croire le nombre important, rencontré ce matin, de vallons et de flamants. Il est vrai que ceux-ci sont roses et s’ébattent joyeusement dans les salines de Calpe, au demeurant classées parc naturel : si, si, il y a un espace non construit à Calpe ! Quant aux vallons, on les découvre dès qu’on quitte la côte et la N 332 pour se lancer vers l’ouest et donc l’intérieur.

Malgré l’effort, quelques coups d’œil vers les cultures locales : des bulbes d’abord ; vu leur taille et leur aspect doré, ils se révèlent faire partie d’une brillante église orthodoxe. Puis des arbres : des citronniers à n’en pas douter, des orangers ainsi que des bibaciers, autrement connus sous le nom de néfliers du Japon, et même qu’un de nos pédaleurs de l’Anjou est fier de dire qu’il en a un dans son jardin (j’ai vérifié en rentrant du séjour, il est toujours devant chez moi).

Première pause à Callosa qu’Alain nous fait découvrir, non point en long et en large mais surtout de bas en haut ; non satisfaits, quelques conquérants de l’impossible tentent l’ascension sans crampons ni piolet d’une pente étroite et bétonnée, mesurée à 24% par le seul vrai bosseur du groupe. Dommage qu’une brume tenace atténue sérieusement la beauté du point de vue.
Vallonnements toujours par Polop et La Nucia où sévit le photographe attitré du groupe. Puis plongée vers la mer et la plage de l’Albir, non sans s’être offert au préalable une nouvelle joyeuseté grimpante histoire de profiter d’une vue aérienne du bord de mer. Sur cette plage, je ne m’étendrai pas, d’autres le font, se payant de modernes transats méditerranéens (à ne pas confondre avec le vieux transat également appelé transat l’antique).

Quelques coups de pédales plus hargneux sur le toboggan de la N 332 et nous approchons de Calpe et de son rocher d’Ifac aperçu depuis quelques kilomètres déjà. Une bien sympathique et touristique entrée en matière.

Mardi 4 octobre – « Cap de la Nau » (77,5 km - 870 m)

Cap au nord  pour atteindre le cap de la Nau, mieux connu des cruciverbistes sous le nom de cap de la Nao. Finalement, la sélection arbitraire opérée hier s’avère adaptée ; les groupes sont les mêmes sauf que Roselyne et Joël – tombé hier et qui a le poignet enflé – ne prennent pas le départ. De son côté, Jérôme s’est greffé au 3e groupe qui l’a accepté sans phénomène de rejet. Changement de tenue pour de nombreux cyclos ; Lionel arbore celle, flambant neuve, de Calpe.

Sur le bord de mer, la circulation est moins dense qu’hier et nous pouvons plus facilement profiter de quelques points de vue sur la grande bleue. Alors que le rocher d’Ifac s’estompe derrière nous, le cap de Moraira s’offre devant ; sur notre gauche, à l’intérieur, se dresse jusque dans un nuage, à 752 m, la pointe du Montgo  qui ne devrait pas résister aux marcheurs un jour prochain.

Nous traversons Moraira – 9h et quelques minutes – et déjà des baigneurs (des vrais, pas des jouets en plastique) s’aventurent dans la Méditerranée. Petite halte à l’entrée de Javea pour porter le regard plus au nord sur le cap de San Antonio. Puis erreur de parcours par omission de regard sur le GPS. Et finalement, omission délibérée du GPS après qu’il nous ait conduits à l’orée d’un sens interdit. À quelques encablures du cap Nao, un arrêt « nature » avec vue imprenable sur la Méditerranée nous permet de joindre l’agréable à l’utile. Une variante dans le parcours y est envisagée ; repoussée à la route du retour elle sera finalement abandonnée.

Au cap Nao on se rince l’œil en le dirigeant vers la mer ; côté littoral, c’est la vision un peu pitoyable de ces magnifiques promontoires rocheux vérolés de multiples constructions. Le cap lui-même supporte profusion de résidences luxueuses plus surveillées les unes que les autres.
Après avoir croisé le groupe 1 dans la montée, nous croisons l’essentiel du groupe 3 dans la descente. Pas d’erreur de trajectoire pour rentrer sur Calpe mais de belles montées, plutôt roulantes, pour nous hisser à Benitatxel, comme à Teulada, comme à Benissa. La chaleur, elle aussi, monte : 27° à l’ombre. Heureusement, après Benissa, il n’y a qu’à se laisser glisser jusqu’à Calpe, non sans faire attention à la circulation car nous empruntons, à 6% environ, la quasi incontournable N 332.

Mercredi 5 octobre – « Orxeta – Alcoleja » (82 km – 1895 m)

Agencement matinal des vélos sur la voiture et départ automobile vers Orxeta à 35 km au sud-ouest de Calpe. Les 8 cyclos du 1er groupe sont là ainsi que 5 du 2e groupe auxquels s’est joint Gérard qui veille habituellement sur le 3e groupe.

Loin de la circulation, c’est un joli parcours fort montagneux, comme l’indique la dénivelée, avec en récompense le col de Confrides et le port de Trudons. Cerise sur la pièce montée, ils comptent pour le B.I.G. (Brevet International de Grimpeur non réservé comme le prétendent des mauvaises langues aux Blessés et Invalides de Guerre). Très vite le gros du 1er groupe  (je ne donnerai pas de nom) entame une variante à destination d’un 3e col et BIG, le port de Benifalim. Sur un très bon revêtement la plupart du temps, montée douce de 700 m durant les 25 premiers kilomètres. On garde précieusement ces 700 m au frais pour les 17 km de la partie finale, en descente –ô combien bienvenue- cette fois.

Les aléas du tracé, indications flottantes du GPS et autres errements humains ajoutent avec fantaisie quelques kilomètres et pentes imprévus. Après le col de Confrides, nous finissons, 1er et 2e groupes réunis dans la recherche, par récupérer la route de traverse qui nous ramène sur Alcoleja. Le terme de route est un peu trop bienveillant pour ces 7,5 km, moitié montée, moitié descente, sur un revêtement parfois inexistant où abondent trous, graviers, cailloux mais aussi deux ou trois passages à 15%. Pour couronner le tout, soleil généreux et pas un brin d’ombre. Les costauds du 1er groupe, avec leurs 34x25 envient les triples plateaux de leurs collègues qui n’en tirent pas moins la langue. C’est dans cet environnement rocailleux et aride que se situe, à 1 066 m, le point culminant de la rando. Quelques kilomètres plus bas, un caillou facétieux parmi tant d’autres vient doucher l’enthousiasme descendant de Michel.

Pour le reste, l’arrêt café des uns ou l’arrêt fontaine des autres permet une saine réhydratation –il fait 29°- avant la conquête du port de Trudons par une route plus ombragée et bien roulante. Après une petite photo de famille au sommet, on ne perd pas de temps -si on veut être à l’heure pour manger à notre hôtel- dans la descente finale. N’empêche, il fait chaud ; certains arrivent trempés de sueur ; je suis pour ma part crampé des deux cuisses.

Jeudi 6 octobre – « Serra de Bernia » (80 km – 1187 m)

Annoncée par notre « G.O. maître » en traçage de parcours –Alain pour les non initiés- comme l’une des plus belles, sinon la plus belle, randos du séjour, celle-ci a fait la quasi unanimité.

Passé l’incontournable photo de groupe, chacun des 3 pelotons, ceux du mardi, emmanche ou plutôt emméditerranée la route côtière avant de tourner à gauche pour s’élever jusqu’à Benissa. On arrive ensuite dans Lliber alors que l’automne vient tout juste de commencer. Dommage que la plupart des collines exposées au sud soient infestées de constructions modernes à usage collectif. Nous tangentons quelques vignobles avant de rejoindre Xalo et le rio de Xalo, à sec par endroits : il faudra attendre la saison des pluies pour voir l’eau effectuer, en courant, une belle descente de lit. Par des vallonnements successifs, nous atteignons Murla puis Benigembia où nous revenons sur nos traces non sans avoir fait un arrêt à Parcent dont on découvre de loin l’élégant campanile : belle église, sur une placette au centre d’un dédale de ruelles, datée de 1949. Le campanile n’abrite pas un hôtel grill mais un autel d’époque.

Nous retrouvons Xalo et bifurquons vers le sud pour un détour de 25 km au cœur de la Serra de Bernia. Sur ce parcours qui s’élève jusqu’à mi-distance sur un revêtement rugueux et vibrant, tout juste deux lieux-dits et trois restaurants mais aussi dans la première partie un intrigant musée du vin où s’exposent dans de vieilles bâtisses d’hétéroclites objets anciens : serrures du 17e (siècle, pas arrondissement), outils de paysans, métiers à tisser, céramiques, bouteilles et barriques, … sans oublier une chambre d’hôte également à l’ancienne dans un joyeux décor de bric et de broc, pour touristes désirant faire un break. Les quelques vignes avoisinantes expliquent sans doute la présence insoupçonnée de ce musée essentiellement consacré au vin.

Dans la partie descendante, des haltes s’imposent pour découvrir au loin la baie de Calpe et son « phare », le rocher d’Ifac. Plus près ce sont des cirques où des murs de pierre sèche patiemment édifiés dessinent de nombreuses terrasses, témoins d’une activité agricole ancienne. La végétation, plus abondante qu’hier, est méditerranéenne : oliviers, résineux, figuiers de Barbarie.  Le détour nous ramène à Benissa pour la descente de 8 km sur Calpe, d’autant plus appréciée qu’elle se situe en fin d’étape.

Vendredi 7 octobre – « Guadalest » (70 km – 1030 m)

Aller-retour en compagnie du 3e groupe jusqu’à Guadalest. Le départ est le même que lundi : on quitte Calpe par le sud non sans se sentir un peu écrasés par la masse des maisons accrochées à la colline qui exposent au sud leur semi rotonde aux larges baies vitrées, histoire de ne perdre aucun rayon de soleil de la journée.

Après la bifurcation pour Altea la Vella, c’est à nouveau la montée vers Callosa. Bibaciers à perte de vue, ces néfliers du Japon que l’on croirait venus d’Arabie tant ils sont recouverts de voiles. Il est vrai que les Maures sont passés par là. Passé Callosa, la route poursuit son ascension sur 12 km, s’élevant sur les flancs d’une vallée au fond de laquelle circule le rio Guadalest. Toujours des vergers de néfliers, parfois cultivés en terrasses : il en faut pour récolter les 2 000 tonnes annuelles de nèfles, les seules d’appellation d’origine. Quelques épineux et conifères aussi cependant qu’au gré des lacets, qui ne délassaient pas vraiment, se découvre plus haut le village blanc de Guadalest et le reste de son château, à sa droite, hissé sur une crête rocheuse dominant une gorge de plus en plus profonde.

À Guadalest, retrouvailles avec quelques marcheuses et des éléments épars (rien à voir avec l’eau du même nom) du 2e groupe dont Alain qui est resté là en serre-file commandé.  Quelques-uns grimpent à pied dans les ruelles étroites empierrées et entouristées jusqu’à la plate-forme, proche du château, qui domine l’embassement de Guadalest, retenue d’eaux turquoise que nous admirons sans retenue.

Le retour est apprécié de nombreuses paires de cuisses car on descend largement jusqu’à Altea où fleurissent aussi quelques althæas. Le groupe refait le plein de ses éléments au passage à Callosa : Martine et Jérôme y ont découvert les préparatifs colorés –avec force déploiement d’étendards, bannières et autres drapeaux- de la fête des Maures et des Chrétiens qui se déroule le week-end à venir.

Pour finir, tout le monde quitte, plus ou moins hagard, la vallée de l’Algar pour se replonger dans le flot jubilatoire des automobilistes qui filent, comme nous, sur Calpe.

Samedi 8 octobre – « Pego » (78 km – 1 250 m)

Journée des nouveautés :

-> 5 cyclos (dont 1 “ote”) seulement au départ d’Orba. Normal, ce jour de repos, sans être dominical, est celui du marché et c’est le jour de France-Angleterre en ½ finale de la coupe du monde de rugby.

-> Jour de repos mais aussi de sortie pour les cyclotouristes espagnols ; pas loin d’une centaine rencontrés, notamment autour de la ville de Pego, le plus souvent en paquets bariolés et caquetages véloces style 30x28.

-> Pour la première fois, un peu de vent au rendez-vous mais l’abri des collines et celui de notre sous-chef de groupe en ont largement minimisé les effets. Tant mieux car si la montée initiale du col de Sagra fut courte et légère (198 m), la montée de 12 km au sortir de Pego, en direction de Vall de Ebo et de Cova de Rull fut plus exigeante. Un premier panneau marqué 13% aiguise nos appétits mais à se demander s’il ne s’agissait pas du degré d’alcool de leur « pinto » local. En revanche le 2e panneau annonçant 16% ne mentait pas et il y en eut d’autres sur le plateau qui conduisait jusqu’à mi-parcours. Oscillant entre 500 et 600 m d’altitude, cette route fut un peu casse-pattes avec de courtes mais rapides descentes et des raidards tout aussi courts mais légèrement moins rapides.

-> Nouveauté dans la végétation sur ce plateau comme le long de la descente quasi parallèle qui nous ramenait sur Pego : des oliviers violemment traités de pesticides puants ; un certain nombre de pommiers et de cerisiers se livrant aux délices automnales d’un effeuillage plus ou moins abouti selon le degré d’irrigation de leurs racines. Avant d’entreprendre la descente, Marganda expose sur son versant rocheux quelques maisons aux couleurs très vives, bleues notamment, tandis qu’un chemin de croix serpente au milieu des arbres sur la colline à notre droite. Laissant Benisilli sur notre gauche, mais pas son col (571 m), nous avons traversé Benitaia, Benissiva, Beniali et Benirrama, rien que des Beni, oui oui.

-> Premier jour aussi où nous assistons à la cueillette des citrons, entre vert et jaune, et des mandarines ou clémentines, entre vert et orange

-> Premier jour où nous découvrons une plaine côtière, 10 km en sa plus grande largeur, à l’est de Pego jusqu’au bord de mer. Un bord de mer et une mer que nous admirons pour la première fois aussi loin lorsque nous nous hissons en quelques lacets jusqu’au Monte Pego, le vent ayant balayé la brume des jours précédents.

Dimanche 9 octobre – « Cap San Antonio » (± 75 km - ± 930 m)

Beaucoup de monde au départ ce matin (mais pas moi d’où ces chiffres approximatifs ci-dessus) : 37 nouveaux arrivants hier venus pour la plupart de Cambrils ; pas mal d’Ariégeois de Pamiers ainsi que quelques membres de l’Aran.

Du coup, on tarde à partir, chaque groupe prend de la consistance mais il faut prendre garde à ne pas mettre tous les vieux dans le même Pamiers. Parmi les nouveaux, certains hésitent à gagner le premier groupe par crainte de trop tirer dès le premier jour ou de « rouler comme des bourrins » (sic). Quel langage, on croirait entendre Frédéric Dard. Il est vrai que tout ce beau monde s’en va vers le cap de San Antonio.

Jusqu’à Javea, l’itinéraire est le même que mardi, longeant la côte jusqu’à Moraira avant de s’élever sèchement –eh oui, il faisait toujours beau- jusqu’à Benitatxel. Petit plus dominical (bien que Dominique n’y soit pour rien pas plus d’ailleurs que notre coach Alain mais il serait encore plus inconvenant de dire « alanal ») : une circulation moindre et un horizon très dégagé qui offre de splendides points de vue sur la Méditerranée d’un bleu très vif. Rareté des automobilistes espagnols et absence de locaux motivent (hommage à San Antonio) nos groupes de cyclos qui filent chacun à son train.

Pas trop le temps de flâner à Denia, également en bord de mer et dominé par son château, car il faut contourner le parc naturel de Montgo et on s’élève par montées successives -on retrouve en effet pour le retour les routes de l’intérieur- qui sont heureusement ni trop longues ni trop escarpées. En revanche il souffle un vent de face ; si l’un ou l’autre se trouve en légère difficulté, il sait qu’il sera attendu, alors hispanique pas.

À partir de Lliber, qui n’est encore pas pour aujourd’hui, on se retrouve sur route connue avec Benissa dans la foulée et sa descente jusqu’à Calpe.

Lundi 10 octobre – « Tarbena-Castell » (90 km – 1 412 m)

Départ classique par le sud pour rejoindre Callosa avec erreur classique pour trouver la bifurcation dans Altea la Vella. 2 ou 3 téméraires n’ont pas tardé à sauter sur une grenade, à l’aspect de grosse pomme, fruit bien mûr qui explose en bouche. Callosa encore en fête déploie toujours ses bannières chamarrées aux motifs religieux alors que quelques habitants sortent dans les rues en tenue mauresque.

Nous tournons là à droite par une route sympathiquement sinueuse qui s’élève d’abord jusqu’à Bolulla (nul hommage à l’ancien président du Brésil). Le rio du même nom est à sec ; y poussent de grands bambous à l’air penché (des bambous las d’avoir fait la bamboula ?). Encore plus haut s’offre le joli village de Tarbena. C’est à sa sortie que s’amorce la rallonge qui, par Castell de Castella, contourne la Serra del Carrascal de Parcent. La route continue de grimper jusqu’au col de Bixauca (771 m) après une rampe à 11%. Sur ce plateau, exposées au sud, pleuvent les amandes. Autre originalité : une bergerie aux bâtiments récents et, plus loin, quelques arpents de terre fraîchement labourés : qu’y pousse-t-il ?

Après le col descendu avec quelques passages techniques jusqu’à Castell de Castella,  nous nous retrouvons sur le versant nord de la Serra et perdons jusqu’ à 4 degrés, et de force aussi d’ailleurs. Heureusement, la route est un vrai boulevard en pente assez douce qui, le long du rio Castell puis du rio Xalo, nous ramène rapidement jusqu’à Benigembla, extrémité ouest de la sortie de jeudi dernier. Nous retrouvons des localités connues : Murla, Alcalali (que nous ne sonnons pas), Xalo, Lliber et ses vignobles, Senija puis Benissa. Ce retour s’effectue vent debout (rien à voir avec la gare du même nom), mais avec une pente majoritairement descendante qui rend la pédalée allègre (tout rapprochement avec un ancien ministre de l’Education Nationale serait mal venu). Elle le restera jusqu’à Calpe.

Mardi 11 octobre – « Teulada-Pedriguer » (84 km – 1 075 m)

Pour moi, la moins réussie des randonnées depuis le début du séjour. La faute à la circulation. Beaucoup de kilomètres en zone urbaine, notamment au départ et à l’arrivée.  Vu l’implantation de Calpe, il est difficile d’y échapper. Alors, pourquoi plus aujourd’hui ? Parce que le parcours ne s’est pas éloigné de la zone côtière. Ce n’est pas la première fois. De la lassitude de notre part peut-être. Mais, facteur nouveau : l’importance des 3 groupes qui ont pratiquement doublé depuis la première semaine. Effet immédiat : le dépassement est beaucoup plus difficile pour les voitures, surtout dans les secteurs sinueux. Le plus flagrant a été dans la  montée matinale vers Teulada  et la descente du retour sur les routes étroites. Les coups d’accélérateur virulents avec, en corollaire, des panaches bien pollués et polluants de gaz d’échappement, n’ont jamais été aussi nombreux ; sinon les automobilistes moins entreprenants doublent les cyclos un à un et tous doivent rouler collés serrés ; dans les lacets descendants, bonjour le plaisir.

La nouveauté du jour se situe sur la partie du trajet entre Alcalali et Javea. Un relief peu marqué dans un décor plus vert qu’à l’habitude car davantage arboré mais avec moins de plantations de fruitiers. De loin, les quartiers résidentiels de Pedreguer se devinent : adossée à la colline, une grande masse blanche qui se craquelle peu à peu en pavillons particuliers aux avancées semi-circulaires largement béantes et qui se nuance de la teinte rose des toitures . Pas trop d’ostentation et de bâtiments cages à poules comme on en voyait dans d’autres zones urbaines. En tournant un peu plus loin plein nord en direction de Jesus Pobre, se dresse devant nous une longue barre rocheuse, la Serra del Montgo, vaste ligne ocre rouille où la nature affirme sa beauté. Nous la longeons sur 7 km jusqu’à Javea, 7 km de zone habitée sur notre gauche ; au pied de la serra, à l’abri de pins, de palmiers fièrement déployés, de figuiers de Barbarie géants et autres excentricités exotiques et trop picales pour la France du nord, les maisons se font heureusement discrètes. Ensuite cap au sud avec un franc ou plutôt espagnol soleil presque gênant car encore bas dans le ciel – il est 9h30 en réalité. Sur le retour, petite note bien sympathique : un élevage de chevaux avant de récupérer Teulada.

Ah, j’allais oublier, la fantaisie du jour consiste dans notre groupe en deux arrêts pipi ; comme quoi on se professionnalise car il est bien connu que si les amateurs ne doutent de rien, les pros s’tâtent.

Mercredi 12 octobre – « Guadalest - Rates » (101 km – 1 930 m)

Que n’est-ce tous les jours fête nationale en Espagne ?! Foin de l’habituelle agitation matinale et de sa cohorte de voitures, le départ de Calpe par le sud-ouest se fait dans la quasi sérénité. Pour varier la sortie traditionnelle vers Callosa, nous tournons tout à droite après l’église orthodoxe et mettons tout à gauche. C’est alors 16% minimum en deux ou trois occasions avec en  point de mire la résidence Pierre et Vacances qu’il faudrait mieux nommer « Béton et promiscuité ». En quelques hectomètres, 160 m  de dénivelée positive aussitôt descendus par des ruelles scabreuses, étroites, pentues et parfois pavées de plus ou moins bonnes intentions.

Pendant ce crochet, le 3e groupe a eu le temps de filer ; nous le rejoignons à Callosa mais nous obliquons à gauche en direction de Pollop pour nous hisser ensuite à Guadalest par le versant sud. La partie finale est raide : plusieurs kilomètres à plus de 12%. Les paysages ? Eh bien, la partie latérale de la route est rose, la bande blanche qui la délimite est réfléchissante et, comme la lumière solaire fonctionne à plein régime, éblouissante. Et puis la sueur salée nous pique les yeux et puis se succèdent les sauts de dérailleur sans s’attirer les sarcasmes des railleurs, d’ailleurs ; et puis, et puis c’est vraiment dur. Tout de même un petit coup d’œil à droite pour apercevoir la mer alors que nous dominons aussi Guadalest que nous découvrions quelques jours plus tôt par le bas.

Arrêt au pays pour acheter de l’eau et refaire le plein. Descente de récupération jusqu’à Callosa où, à gauche, nous reprenons la route qui par Bolulla nous hisse, difficilement, jusqu’à Tarbena. La pente n’excède pas les 7% mais les facéties matinales laissent des traces et on a presque envie de ralentir dans les quelques passages ombragés. C’est ensuite une sympathique route en balcon – de temps à autres bordée d’oliviers et qui ouvre à droite sur une vallée profonde – qui nous conduit en légers faux plats relevés de côtelettes plutôt digestes, jusqu’au col de Rates bien plus haut que les 540 m officiels. Juste avant d’y parvenir, le passager d’une décapotable allemande (je veux bien sûr parler de la voiture, pas de la conductrice) lève le pouce en signe d’encouragement.

Dès les premiers mètres de la descente se laissent découvrir sur notre gauche et un peu devant les villages blancs et roses, proches les uns des autres, de Benigemba, Parcent, Alcalali, Murla. C’est la quasi plaine à Parcent où les oranges ne sont pas encore mûres. À Xalo, nous prenons à droite pour gagner la sortie de Benissa par la voie directe qui ne se prive pas de nous offrir trois montées successives bien éprouvantes. Mais bon, après Benissa, nos vélos connaissent la route, la N 332 pour nous descendre jusqu’à Calpe.

Jeudi 13 octobre – « Benidoleig » (76 km – 1 030 m)

Aujourd’hui, sortie de récupération qu’il a dit notre chef de groupe. Et effectivement, au bout de 40 km, on a récupéré le groupe qui nous précédait. Il est vrai, à leur poubelle décharge, que notre montée à Benissa fut moins musclée que la leur. De quoi pouvoir admirer de chaque côté de la route toutes les maisons avec leurs jardinets remplis de bougainvilliers, cactus géants, figuiers de Barbarie, caoutchoucs énormes et autres palmiers plus ou moins académiques.

Nous innovons en tournant à droite à l’entrée de Lliber pour rejoindre Gata de Gorgos par une route sans grande difficulté, sinon très sautante du moins tressautante. De part et d’autre, la végétation semble sauvage, parsemée de quelques vergers mal entretenus. À Gata, cap à l’ouest vers Pedriguer : route avec peu de relief mais beaucoup de reliefs sur les bas-côtés, surtout au passage sous l’autoroute : bonjour la propreté ! De Pedriguer nous poursuivons sur Benidoleig et Orba avec abondance de clémentines, mandarines ainsi que des oranges si l’on en juge par la taille. Orba s’étale et s’étage sur plusieurs collines qui se touchent ; l’habitat y est individuel. Entre Orba et Parcent, le col éponyme se franchit facilement (259 m).

C’est ensuite la route de Xalo où, comme hier, on prend à droite la voie directe vers Benissa ; les bosses sont toujours là, 22 heures plus tard mais elles semblent moins récalcitrantes. De Benissa on récupère à l’envers la route du matin avant de prendre à droite par Piedramala une route peu fréquentée par les voitures et qui offre de beaux points de vue sur Calpe. C’est du coup une descente en direct sans la fatale « resucée* » d’Alain  pour remonter. Le parcours se termine par une flânerie buissonnière autour de la saline et devant l’enseigne Lidl qui, à la différence de Johnny, n’est pas celle des jeunes.

 

* À propos de resucée – mais n’y voyez aucun rapport car je vous jure qu’il n’y a pas eu de rapport – je dois raconter la mésaventure qui m’est survenue au retour. Au moment d’entrer sous la douche, on frappe à la porte de ma chambre. Je vais ouvrir, en tenue ès pagne. C’est la femme de chambre. « Buenos dias, ié souis la signora Isabella du F.M.I., Femme dé Chambre Inclouse dans le séjour (heureusement, Alain nous avait prévenus dès notre arrivée), ié vous propose més services ». Je lui réponds derechef : « Bonjour, senor Yannick , D.S.K., Dragueur Sans Kapote » (je sais qu’il n’ y a pas de K mais vous savez aussi que j’ai l’habitude de tenir des propos sans C). Du coup, elle a fait demi-tour sans demander son reste… Ouf, pour un peu ma carrière littéraire était finie.

Vendredi 14 octobre – « Bernia » (60 km – 810 m)

La der. J’adhère. Les jambes en effet se font lourdes. Aujourd’hui c’est la rando du 6 octobre à l’envers. Je renvoie donc le lecteur au compte-rendu de ce jour-là en l’invitant à commencer par la fin : ça donne donc : « .epaté’d nif ne eutis es… » ou, pour les moins souples de la rétine : « étape d’ fin en situe se… »

Sinon, je peux ajouter que j’ai adhéré pour cette dernière journée à la CGT (Cyclo Grand Tourisme) pour une balade convaincante. Nous avons rejoint Benissa par la voie côtière en obliquant à gauche avant Moraira. Il se confirme que la montée la moins difficile est la plus courte, par la N 332, où l’on grimpe constamment sans jamais redescendre. La double voie de circulation automobile permet malgré le bruit une quiète pédalée matinale.

Nous faisons après Senija un arrêt dégustation au milieu des vignes : le raisin blanc, celui qui sert à l’élaboration du Moscatel, y est délicieux. Nous poursuivons la traversée du vignoble du val de Xalo. À Xalo, les vieux vélos qui pendouillent à un mur, repérés le 2e jour, sont toujours là, en attente pathétique d’un passage de la semaine fédérale internationale pour une décoration originale. La route se poursuit au milieu des oliviers ou bien des amandiers ou bien des citronniers. Abondent devant les maisons figuiers ordinaires ou de Barbarie, aloès, yuccas et autres plantes grasses (inutile d’en chercher parmi nos cyclotes), lauriers roses ou rouges ou blancs.

Nous contournons Parcent, déjà visité, pour, sur le retour, boire le calice jusqu’à l’Alcalali. Arrêt à Xalo pour une nouvelle dégustation : il faut bien savoir ce que sont devenus nos raisins. La « bodega » recèle les vins locaux, essentiellement rouges ainsi qu’un excellent Moscatel. Maillots et cuissards souffrent pour transporter des bouteilles de 2 litres : il faudra voir auprès des divers fabricants pour concevoir des vêtements cyclos aux poches plus grandes ou des porte-bidon adaptés. Pendant ce temps, nos dames ont goûté auprès des récoltants locaux qui s’installent là tous les jours de savoureuses clémentines ; et ça de plus dans les sacoches !

Les autres groupes passent à ce moment-là après avoir effectué le contournement de la serra de Bernia. Ils profitent moins du paysage qu’en sens inverse mais ne sont pas déçus par les 3 derniers kilomètres de la montée où se succèdent des rampes de 14 à 18% (encore heureux qu’elles ne soient pas de 39 à 45). Arrêt pour eux aussi dans la descente au musée viticole (et autres objets anciens) partiellement visité voici 8 jours.

De Benissa, chaque groupe rentre à sa façon et à son rythme.

 Fourbues autant que leurs cavaliers, les montures sont suspendues une dernière fois dans le garage de l’hôtel, dans l’attente de leur retour vers la France. Les uns et les autres en auront à raconter : de leurs balades en terrain vallonné, feront-ils tout un plat ?

Merci à Alain, président des Arandonneurs, à Pierre le photographe, à Eric, Joël, Denise et Gérard, les chefs de meute et à tous les compagnons de route et de marche de ce séjour à Calpe.
                                                                                                                                                                                     Yannick Hinot

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Semaine Fédérale de Verdun  (1-8 août 2010)

À mon grand-père

Finies les aMeuse-gueule et autres gâteries apéritives, ce deuxième jour de la Semaine Fédérale. Nous sommes déjà au plat de résistance et parmi les cyclos, d'aucuns commencent à trouver qu'il y a plus de résistance que de plat.
La vallée de la Meuse, longuement parcourue aujourd'hui, se mérite et les circuits proposés s'apparentent à un long chemin jalonné de croix. Les plus nombreuses sont celles des cimetières, qu'ils soient français, américains ou allemands, disséminés tout au long de la route ou à proximité.
La traversée du cimetière américain de Romagne-sous-Montfaucon ralentit la procession des cyclos : "Toutes ces croix! mais on voit que dalle!" hasarde un compagnon de route; en ce lieu de recueillement, la plaisanterie tombe à plat. Peu auparavant, la fière colonne granitique de Montfaucon-d'Argonne, contrepoint à la flèche de l'ossuaire de Douaumont, tangenté sur le retour, invite à regarder avec humilité et reconnaissance les milliers de victimes - combien de nos grands-pères - tombées en ces lieux voilà près de cent ans. Pour s'élever jusqu'au mémorial, l'interminable procession prend pour certains des allures de chemin de croix où quelques stations sont les bienvenues.
C'est qu'en ce pays d'Argonne, les vallons sont plus nombreux que les Flamands. Si les routes départementales ont la sagesse de contourner les crêtes rocheuses et boisées, les chemins vicinaux, plus présomptueux, se lancent avec une rectitude pentue à l'assaut des collines sans se soucier des courbes de niveau. Bien forcés d'adopter un développement durable, les cyclos délaissent la grande plaque pour le tout à gauche. En ces lieux de combats, nul pourtant ne songe à "placer une mine" pour faire exploser le peloton et nul ne double à la vitesse d'un obus.
Au cours de l'effort, quel plaisir de découvrir l'église romane de Mont-Devant-Sassey qui se donne à voir de loin hissée généreusement au-dessus du village, à flanc de colline. Et puis, une fois franchie la Meuse à Stenay, l'organisateur avisé propose pour tous ceux qui ont soif de découverte la visite du musée européen de la bière; malgré le contexte mémorial de la journée, il s'agit bien du délicieux breuvage sans lequel la SF perdrait une partie de sa saveur. Bref, il n'y a pas que que le canal de l'Est, contigu à la Meuse, que l'on écluse!
Autre réconfort pour les cyclos, les panneaux de bienvenue à l'entrée de tous ces petits villages où de grands corps de fermes s'étirent le long de la rue principale, les encouragements sympathiques et les nombreux vélos décorés, fruits délicieux et colorés de l'imagination qui font sourire les coeurs et rendent aussitôt la pédalée plus légère.
Sur la route du retour, les jambes malgré tout alourdies apprécient moins les chemins pentus, fussent-ils au milieu de la forêt. Quelques fringants cavaliers matinaux se transforment alors en fantassins harassés, guidant par la bride leur monture à peine moins fourbue. De quoi garder un souvenir encore plus vif de cette journée consacrée à la mémoire. Satisfaction, la partie finale est en descente pour rejoindre Verdun, le centre mondial de la Paix.
Quant à dire si la randonnée de mardi fut la plus belle, si l'Argonne l'emporte sur la Woëvre, la Meuse sur le lac de Madine et la madeleine sur la dragée, à chacun de faire son jugement; comme aurait dit mon grand-père, il ne me plaît guère de trancher...
                                                                                                                                 Yannick Hinot
                                                                                
  Texte paru dans la revue Cyclotourisme de septembre 2010

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Remontée de la Loire à vélo  (3-10 juillet 2009)

La remontée de la Loire  vue par un poisson suiveur

Au départ de Saint-Brévin, il ne fallait guère rêver à franchir d'un saut l'mont Gerbier de Jonc, mais plutôt s'économiser pour, de fil en anguille, arriver à bon port.
Après Nantes et quelques encouragements, Tours avec chaleur et pollution, ce fut Amboise et les joyeuses retrouvailles avec Alexis et Ronya.
Plus loin, un cyclo du secteur nous guida pour nous frayer un chemin après Blois.
De temps en temps, nos deux "locomotives" en rajoutaient une  touche pour maintenir la moyenne prévue; les plus lents en proie au doute essayaient de ne pas lâcher prise en se disant : gardons-en sous la semelle.
Après Saint-Martin-d'Abbat et ses bizarres boîtes à lettres, ce fut Nevers et le remplacement d'un goujon sur la remorque. La chaleur s'étant atténuée, nul besoin d'un broc chez les cafetiers pour remplir les bidons.
À Melay, les cendres avaient disparu de la grande cheminée de la salle à manger.
Plus on avançait, plus la nature se mettait au vert, on appréciait maintenant les lacs ou retenues jalonnant la Loire qui, elle, se rétrécissait nettement. Peu de voies ferrées nous croisaient, il était donc difficile d'entendre le "truitt" préventif des trains.
Bas-en-Basset fut notre avant-dernière étape avant la plus difficile, surtout pour Malou, mais Jacky et Michel B, sans lui tendre la perche, l'ont bien aidée à franchir les montées où l'odeur de la sciure de pin agrémentait nos difficultés. Victime d'un saut de chaîne, Jocelyne perdit sa ligne et s'affala sur le bas-côté, prête à dévaler la pente.
Le lac d'Issarlès contourné, il restait encore quelques kilomètres pour arriver à Sainte-Eulalie.
Le dernier jour vit notre montée jusqu'au mont Gerbier où, après la photo traditionnelle, l'on découvrit le départ du fleuve royal.
                                                                                                                  René FERRAULT

 

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Du cyclo-corse en plein été (15-28 juin 2008)

14 juin

Voyage sans problème : au départ d’Angers, le train-train ou le bus-bus. Retrouvailles pour tout le monde à Toulon : 24 cyclos et 16 accompagnateurs (plus un groupe de 17 marcheurs qui vont faire le GR 20). À 22h30, embarquement, non pour six terres, mais pour une seule île : la Corse. Avec nous, se trouvent beaucoup de touristes que le ferry botte. La mer est plutôt calme si bien que le bateau ne passe pas sa nuit à gîter. Pour nous de même, la nuit n’est pas agitée, seulement troublée par le ronflement des moteurs. Par précaution, chacun avait hissé dans sa cabine le minimum vital, à savoir sa valise de détresse.

Di 15 juin Bastia - Saint-Florent 109 km

Après le réveil matinal, on prend un tout petit déjeuner au prix élevé que seul peut-être le luxe des locaux motive - étrange sur un bateau. On arrive certes sur l’île de beau thé mais la tasse est bien chère : faut-il la boire ? Sur la terre ferme, nous sommes accueillis par un ancien colon banni de l’armée, Gérard de son prénom. Chacun enfourche sa monture, voire ses montures pour les porteurs de lunettes et c’est le vrai départ de notre périple en cyclo corse. Indéniablement cette première étape est la plus difficile que nous ayons accomplie jusqu’à maintenant ; l’honnêteté nous oblige à reconnaître que c’est aussi la plus facile. On peut la qualifier de mise en bouche (ou plutôt en Clinton si l’on s’appelle Monica) : pas de plats, des montées aux pentes correctes, des descentes itou, des routes au revêtement roulant ou aux trous généreux (bonjour les crevaisons), des vilains virages et des beaux rivages. Cette étape mer-montagne emprunte des routes de corniche où encore nichent des points de vue imprenables sur la côte méditerranéenne. Moins romantique, un grand trou dans la montagne nous rappelle l’époque où l’amiante a fait carrière. À noter aussi que le circuit passe à Nonza : les premiers l’atteignent comme des Ferrari, fait rarissime pour des vélos. Nous terminons en longeant les vignobles du Patrimonio : pédalerions-nous en vin ? En tout cas, une entrée en matière fort appétissante.

Lu 16 juin Saint-Florent - Saint-Florent 85 km

La journée commence par des photos de groupe derrière l’hôtel de Mme Mère. Les filles Mère étaient mal vues dans le temps, est-ce pour cela que les serveuses viennent maintenant de Lituanie ? Donc 3 groupes de niveau pour les cyclos afin de mieux savoir qui est où. En principe car, 15 km plus loin, au sommet du col de Teghime que chacun monte à son train - TGV (Tu Grimpes Vite), rapide (plus ou moins), qu’aux rails (j’ai fait la faute express), TER (Très En Retard) - c’est un peu la débandade. Une fois parvenu au sommet du col il ne faut pas oublier de fermer le sien, vent frais exige. Dans cet entre deux mers, la route tortille à souhait et joue un moment à saute-mouton au milieu des bergeries. Si quelques autochtones et quelques touristes aussi lèvent le pouce à notre passage en signe d’encouragements, ceux-ci vont d’abord à la célébrité locale : « Gloria a te Ivan », voit-on écrit sur la route. Le Colonna en question (personnellement je fais partie de la colonne B) avait largement de quoi se cacher dans les maquis environnants d’où émergent, noirs et altiers, quelques arbres calcinés qui ont partiellement résisté aux incendies : il n’y a pas que Johny à mettre le feu. Autres figures altières, de superbes campaniles en pierre éclairant de leur majesté minérale des villages accrochés avec respect aux flancs de la montagne, dans une harmonie de matériaux et de couleurs. Au pied de la chapelle de Murato, nous échangeons quelques mots avec un couple de cyclo-campeurs de Langeais, débarqués sur l’île le matin même. Après quoi, Gérard ravitaille les cyclos qui, ravis, taillent la route de retour vers la vallée facile à avaler et vite dévalée. Il serait toutefois indécent dans la descente d’oublier d’attarder le regard sur le sein de l’abbé Florent, à moins que ce ne soit sur la baie de Saint-Florent : cette beauté est si troublante. Les deux premiers groupes ne résistent pas à une dernière escapade en forme d’escalade jusqu’à Oletta, contraction de « olé » et de « muletta » qui donne une agréable connotation d’ibère sous ce premier soleil d’été.

Ma 17 juin Saint-Florent - Algajola 104 km

On quitte le cap Corse et on met le cap vers le sud. Une petite élévation sur le moyen plateau nous hisse jusqu’à un moyen plateau qui domine le désert des Agriates. Peu après, on s’emmanche sur une route étroite qui serpente paresseusement (pléonasme ?) entre murets et oliviers. Ses parties fraîchement enrobées s’offrent langoureusement à la caresse des pneus, mais quand elle se dérobe, la rugosité de ses chairs n’a rien d’excitant. Aucune auto sur les 15 km d’ascension ; seule la voiture balaie derrière nous : l’ami Christian ferait bien de passer devant pour enlever les gravillons. Nous passons le Bocca (= col) de Croce, accroché au-dessus de Novella puis c’est une courte descente avant de reprendre notre envol jusqu’au col de Sainte-Colombe. À propos d’animaux, plus loin dans la descente, des odeurs bien typiques nous rappellent qu’il y a en Corse des élevages de chèvres : celui-ci n’était pas mentionné dans le road-bouc. Parfois des peaux de biques et des peaux de sangliers sèchent sur des barrières ou des barbelés comme de dissuasifs trophées. À l’occasion du pique-nique près du barrage de Codole, un milan, sans rémo, nous fait son numéro de grand vol et de piqué pour piquer et voler les restes de viande. La partie finale de l’étape s’effectue sur de petites routes qui surplombent la vallée au-dessus de l’Ile-Rousse et de la côte. Des arrêts s’imposent et beaucoup d’yeux profitent des beaux coups d’œil qui s’offrent régulièrement. Ce retour en zones habitées traverse de nombreux villages, barrés comme les autres par des séries de ralentisseurs, imposants dos d’âne qui n’ont rien de dos fins. Prière, en ce pays où foisonnent églises, oratoires, chapelles et autres couvents, de ne pas aller trop vite. Et dans la dernière descente sur Algajola aussi, prière de mettre un frein, et même deux, à ses ardeurs sous peine de mal tirer son épingle, à cheveux, du jeu. Heureusement, la chaussée est encore sèche.

Me 18 Juin Algajola-Algajola 98 km

Balade en Balagne. Aujourd’hui on est monté, jusqu’au col de la Barraglia (la Bataille) et puis on est descendu. Mais avant on est monté et on est descendu ; après aussi d’ailleurs. Comme sur la petite route qui longeait la nationale vers l’Ile-Rousse, on n’avait point de vue sur la côte, on est monté chercher un point de vue jusqu’à Monticello. Après quoi, retour au niveau de la mer pour se hisser jusqu’au col. Mise en jambes sérieuse pour atteindre Belgodère, nouveau belvédère où les chasseurs de photos ont pu ressortir leur numérique. C’est une montée de 17 km qui s’étire comme un spaghetti à la balagnaise avec une sympathique route en balcon entre le Bocca di U Prunu et le Bocca a Croce (pas le même qu’hier).. Les chênes verts ont laissé place aux myrtes blanchement fleuris ; plus de renard mais plusieurs vaches qui préviennent de leur présence, non par des flèches vertes comme Gérard, mais par de fraîches traces molles : elles ont raison, à peine si on les remarque, sombres et couchées à l’ombre du mur qui borde la route. La montée est régulière mais elle finit par plomber les jambes, encore plus que les panneaux de signalisation, troués à souhait (et je pourrais parler d’autre chose que des jambes avec tous ces trous de balle). Avant le premier sommet, Notre-Dame de l’Assomption, en sa chapelle, nous assure de son soutien bien nommé. La petite descente jusqu’à Olmi Capella est appréciée mais annonce une partie finale sévèrement pentue pour gagner de haute lutte le col de la Bataille. Encore le pire nous a-t-il été évité, les premiers kilomètres de descente révélant un fort pourcentage et exigeant un bon contrôle de sa vitesse. Auparavant, un griffon, chasseur réputé de sangliers, s’était invité à notre table ; ça change du milan. Les villages se succèdent sur le retour, chauds, lumineux sous un soleil redevenu franc (peut-être en sera-t-il un jour pareil de l’euro ?). Il faudrait plus de temps pour apprécier figuiers de barbarie, agaves aux longues hampes florales, câpriers, lauriers roses mais aussi blancs, rouges, saumon, et tant d’autres fleurs encore.

Je 19 Juin Algagola - Porto 130 km

C’est par un confortable tapis roulant, sur lequel nos vélos n’avancent tout de même pas tout seuls, que nous quittons Algajola pour rejoindre le col de Salvi. Les vues sur la mer sont fréquentes et on peut se demander Calvi mènent les gens du golfe au-dessous de nous. Mais pour atteindre le deuxième col, on rigole moins : les pentes sont raides et les jambes aussi ; et dire qu’on prend la direction de Galéria ! À l’entrée d’un village, deux vrais dos d’ânes. Plus loin, des vaches paissent à proximité d’un torrent désespérément à sec. Encore plus loin, des ouvriers réparent la route : les bulls dosèrent leur champ de manœuvre pour gentiment nous laisser passer. Encore quelques kilomètres et notre groupe arrête sa progression car une chaîne a sauté : c’est moins grave qu’une gendarmerie (déjà qu’une chambre à air avait explosé le matin au départ…).Quelques ombrages au milieu des arbousiers sont les bienvenus pour nous hisser au sommet du troisième col (Palmarella), qui marque la limite entre Corse du nord et Corse du sud. Un nuage un peu frais limite la visibilité sur Scandola et le golfe de Girolata, mais nous nous rattraperons tout au long d’une large route taillée à flanc de montagne qui ouvre de larges perspectives sur la mer et quelques falaises ocrées. Sur le bord de la route, se dressent de plus en plus nombreux de vieux et impressionnants eucalyptus dont certains ont dû être abattus ; d’autres soulèvent le bitume de leurs racines séculaires. Après le pique-nique -brochettes s’il vous plaît, à quand les brochets ?- c’est la descente vers Porto et, cerise sur le gâteau, la sévère montée jusqu’aux Calanche de Piana, pour ceux qui n’ont pas encore calanché. Il fait très chaud : pas moyen, à midi solaire, de s’abriter à l’ombre de ses compagnons de route. Cette route est souvent bordée à droite d’un para-pet (ce n’est pourtant pas ce midi qu’on a mangé des pois chiches !). Beaucoup de sueur pour mériter de découvrir d’en haut ces rochers ruiniformes. L’allure est lente mais qui va Piana va sana ; les plus gourmands dépassent même le village pour s’offrir un dernier col. Quel plaisir de redescendre jusqu’à l’hôtel : au pied de l’escalier, moi qui n’ai que des frères, j’avoue qu’au terme de cette longue étape, je suis las, sans sœur…

Ve 20 Juin Porto - Corte 106 km

Encore heureux que nous ayons grimpé aux Calanche hier : les 2200 mètres de dénivelée de la journée étaient bien suffisants. Pour s’élever de Porto au col de Verghio à 1477 m, il faut grimper, en ligne directe, 35 km. La première rampe de 12 km nous éloigne de Porto et de ses eucalyptus, plantés pour assainir la zone marécageuse alors présente (dixit hier soir le guide du bateau : avec dans la voix une réserve naturelle, il nous a emmenés au cœur de celle de Scandola). Un léger replat fait du bien ; les eucalyptus s’effacent devant les chênes verts, eux-mêmes rapidement supplantés par d’imposants châtaigniers. Plus haut dans la montagne, un âne brait : un rapide regard autour de moi, non, notre groupe est au complet… Après 1000 mètres d’une lente ascension, il faut prendre à droite et redescendre avant de remonter au col de Selvi. La route bien revêtue a un bon rendement qui avoisine par endroits les 8 - 10% : c’est mon banquier qui serait content. En plus elle tournicote pas mal : qui a prétendu qu’une route avec des lacets, ça délassait ? Demi-tour pour retrouver la route du col de Verghio où les pins de la forêt d’Aïtone se substituent aux châtaigniers et offrent un ombrage apprécié. Quelques bouleaux s’invitent aussi dans la végétation. Le col routier le plus haut de Corse étant atteint (retour au passage en Corse du nord), 16 km de descente nous plongent jusqu’au ravitaillement : des genêts avant déjeuner. Un cochon plus ou moins noir, un parmi tant d’autres, s’invite aux reste du repas : ça va lui en boucher un groin. La descente dans les gorges du Golo est agréable : vent de face et soleil de plomb cependant. Un camping-car se range aimablement pour nous laisser passer. Deux motards nous klaxonnent mais ils nous dépassent : nous arriverons à Corte sans être escortés. Les groupes se mélangent : un cyclo du groupe 3 en dépasse un du groupe 2 : il vire plus vite que son nombre. Un dernier coup de rein et de transpiration - c’est l’été ! -pour le petit col final et nous descendons avec plaisir jusqu’à l’hôtel : une hôtesse accorte nous accueille à Corte.

Sa 21 Juin Corte-Corte 78 km

Plusieurs façons de résumer cette journée pour les cyclos : -« étape de repos » -« roues libres » -« premier jour sans ma mer ». Pour ceux qui ont choisi peu pou prou le circuit proposé, ce fut comme un pèlerinage : San Quillico, Saint-Roch, Santa Lucia, Ste Martino, San Antone, Sta Maria, San Lorenzo, Sans Gérard pour nous préparer le déjeuner. Ce fut aussi une belle incursion dans la Corse profonde bien qu’en légère altitude, la Corse agricole avec ses élevages en plein air de vaches, moutons, cochons. Pour s’y rendre, une route étroite bien asphaltée hormis quelques lézardes sur les premiers kilomètres : doit-on s’étonner dès lors du grand nombre de lézards qui la traversent sous le soleil matinal déjà chaud ? À côté des carcasses de vieux châtaigniers morts, d’autres, au tronc énorme, ont été sévèrement étêtés et retrouvent une seconde jeunesse. De temps à autre s’ouvrent de jolies perspectives sur des chaînes montagneuses où s’agrippent quelques plaques de neige : pour combien de temps ? car elle risque de fondre comme elle-même au soleil. Des vaches paraphent généreusement leur passage : nous montons sur un air de rythm’ and bouses. C’est une manne de premier choix pour les bousiers qui s’arc-boutent vaillamment sur le milieu de la route pour pousser ou tirer leur boule précieuse. Quelques planches pour délimiter des enclos, quelques autres avec des palettes et des tôles pour offrir des étables de passage aux ruminants vagabonds ; une cabane plus moderne se coiffe pourtant d’un panneau solaire. Attention à proximité au franchissement de coulées de purin. Quelques maisons suffisent pour composer un village : un peu de tuiles mais prédominance des toits de lauze ; des chiens patauds (il n’est pourtant pas tard) et fatigués somnolent devant une porte ou au beau milieu de la chaussée. La difficulté du jour c’est le col de Saint-Antoine : pas doux, le pourcentage qui nous y élève. Les cochons sont affalés à l’ombre dans l’échancrure des virages et ne prennent aucun cas de notre essoufflement ; il est vrai qu’ils ont des petits et qu’ils sont plus préoccupés de leur allaitement que de nos halètements. Au sommet, beaucoup de cochonnets mais il est trop tôt pour la pétanque. Le début de la descente s’effectue à la fraîcheur d’une forêt. Durera-t-elle ? Plus bas, la végétation redémarre mais quantité de troncs calcinés témoignent des ardeurs corses. C’est jour de pause : nous faisons une variante négative pour rentrer à Corte par la même route qu’hier. La rue principale de Corte, par où nous arrivons, s’appelle « Cours Paoli » : si, si, on y court, la sieste nous attend, c’est jour de pause qu’on vous dit.

Di 22 Juin Corte - Zicavo 106 km

Original : départ en descente, 16 km de pente favorable qui nous amènent à hauteur de prairies, presque les premières que nous ayons vues sur l’île. Après, retour à nos grimpées quotidiennes sur une route récemment bitumée ; il reste encore une partie de la descente à retaper. Arbousiers et châtaigniers nous font de l’ombre et nous n’en prenons pas ombrage, bien au contraire ; par ci, par là un ou deux cerisiers et même un verger en contrebas. Fougères et myrtes sont aussi de la fête et même, me dit mon voisin, des pois de senteur ; pour moi, ce sont plutôt des poids de cent kilos qui commencent à s’installer. En effet, plus on descend, plus il faut remonter pour le col suivant ; 500 m en 7 km : le col de Sorba absorba une bonne partie de mon énergie. Sur notre gauche, c’est un paysage de désolation : un amoncellement de troncs de pins jetés à terre comme de vulgaires allumettes recouvre tout un pan de la montagne. De l’autre côté du sommet, les pins sont intacts, les fameux pins laricio aux fûts majestueux qui peuvent atteindre 40 mètres de haut. Quelle allée d’honneur pour le début de la descente : la forêt de Ghisoni nous offre le couvert et le gîte jusqu’à la pause repas pour un autre couvert. Moins pentus, les 10 km d’ascension jusqu’au col de Verde sont le plus souvent ensoleillés : seuls les pins aux larges ramures, qui ne sont pourtant pas parasols, nous donnent de l’ombre bienvenue. Comme on apprend à l’écrire à tous les collégiens, le soleil darde ses rayons, 28 à l’avant et 36 à l’arrière, et ça chauffe. La descente sur Zicavo s’effectue d’abord sur une route large mais il faut toujours se méfier des cochons qui en Corse errent, tout comme nos trois jeunes hier, pourtant en cuissards, qui ont parcouru 160 km au lieu des 90 prévus. Bref, respect pour les cochons : il ne faut pas faire aux truies ce qu’on ne voudrait pas qu’on vous fasse à vous-même ; et s’il s’agit d’un mâle ? Bah, on verrat. Notre groupe s’abstient de la variante terminale et fait la grève de la fin. Nous sommes pressés d’arriver à notre hôtel pour nous faire masser : c’est aujourd’hui dimanche, le jour du soigneur.

Lu 23 Juin Zicavo - Propriano 89 km

Nouveauté du jour : plus de descente que de montée car nous partons de 739 m pour rejoindre le bord de mer. On démarre cependant, à la fraîcheur, en grimpant. Nous quittons Zicavo par une petite route bordée d’enclos pour les cochons. Elle est défoncée sur 5 km pour être retapée. Juste au sortir, une petite hêtraie est très ombrageante. La montée continue en pente douce. De chaque côté du col de la Vache, le revêtement n’est pas fa-meuh ; quelques belles encornées nous regardent avec indifférence. Jusqu’au ravitaillement ce sera de la descente mais entrecoupée de plusieurs remonte-pentes un peu méchants pour les cuisses qui n’apprécient guère ces changements de rythme. Il faut toujours prendre garde aux cochons, parfois tachetés comme des hyènes, ainsi qu’aux vaches avachies sur le bas côté au aux taureaux en tort au milieu de la route. À notre passage, un taureau affolé cherche en vain à remonter le talus côté rocher : il a dû essuyer un échec auprès d’une vachette qui l’aura envoyé paître : « Non mais, de quoi j’mamelle ? ». Du coup il descend en courant près de nous. Des arrêts sont nécessaires pour rassembler notre groupe. À Quenza, c’est l’occasion de découvrir les aiguilles de Bavella. À Nonza, certains cherchent un robinet tandis que d’autres s’assoient à l’ombre d’un robinier. Belle vue sur la montagne : entre deux chaînes de sommets qui s’arrondissent u pour former comme un cirque, il n’y a pas de véritable plateau d’altitude mais plutôt des tumulus qui émergent les uns à côté des autres. Place aux mûriers pour la pause pique-nique à Sainte-Lucie : par terre c’est un tapis de mûres tapies au pied d’un mur (pour le murmure du ruisseau, ce n’est pas l’endroit). Depuis Quenza on a retrouvé des bourgs importants, plus peuplés que ceux d’hier, peut-être parce que plus proches de la mer et donc plus accessibles. Il fait bon redescendre après le déjeuner mais la grimpette sur Arbellana est très éprouvante : gare à la chute, par cette température on risquerait une fracture de la canicule. Les 10 derniers kilomètres se font en descente agréable et accentuée à l’arrivée sur Propriano : il faudra les remonter demain matin.

Ma 24 Juin Propriano - Propriano 95 km

L’organisateur compréhensif nous propose un petit détour pour sortir plus tranquillement de Propriano. Nous sommes toujours en été. Heureusement qu’en nous élevant, de petits courants d’air vont se faire sentir. Les premiers kilomètres sont les plus ardus. Nous descendons bientôt la bosse grimpée hier en début d’après-midi : c’est vrai qu’elle était sévère. Pas de folie dans la descente car la route est faite de pièces et de morceaux : pas besoin que des voitures nous fassent « tutu » pour nous mettre en danseuse et limiter les chocs fessiers. Ensuite, jusqu’à Aullène, ce sont 24 km de montée au pourcentage léger. Les chênes verts sont les plus empressés à nous offrir leurs feuillages. Tout au bord de la route, quelques arbustes et fleurs typiques et d’autres qui piquent : ronces et chardons aux fleurs mauves. De temps à autre des cantonniers, pardon des techniciens des espaces verts, s’affairent à coups de débroussailleuses : OK, couper 100 m2 d’herbe, c’est tout un are, mais y a-t-il besoin d’en faire tout un foin ? Sur les rochers, de petites fleurs jaunes se mêlent à ce qui semble être des sédums. Des platanes annoncent l’entrée de Carciaca, bientôt suivis d’une haie de lauriers-roses. Pause à l’ombre et à côté d’une fontaine à Aullène. 2 à 3 km de descente nous servent d’élan pour l’ascension terminale vers les cols de Tana puis de Saint-Eustache. Nous déjeunons à l’ombre bienfaisante d’un chêne vert séculaire et noueux à souhait. Des travaux nous obligent à un détour par Moca : les gourmands apprécieront mais c’est fichu pour le col de Tega. Soyons honnêtes, si l’on remarque surtout les routes défoncées -OK, il y a des cahots-, la plupart sont en bon état, y compris sur des axes peu fréquentés. Nous entamons alors une longue descente à la pente légère. Nous laissons sur notre gauche le village de Sollacaro, tellement plus facile à entretenir que les moquettes. Pour la première fois, nous avons l’impression d’un relief de plateau avec un paysage de bocages et une succession de prairies. Nous retrouvons pour un temps les fiers et centenaires eucalyptus qui répandent généreusement leur parfum. Bientôt des saules et même des roseaux attestent que nous approchons du niveau de la mer : nous voici au nord du golfe de Valinco. La route suit désormais le littoral : la côte s’agrémente de côtes, histoire de nous faire mal aux jambes une dernière fois… pour aujourd’hui.

Me 25 Juin Propriano - Porto-Vecchio 125 km

Est-ce le fait du magnifique caoutchouc florissant à la porte de l’hôtel de Propriano ? en tout cas, dans notre groupe, on a souvent fait l’élastique aujourd’hui. Le profil de l’étape, en dents de scie, le favorisait. Son charme, clairement, résidait dans sa partie initiale et sa partie terminale, toutes deux sur de petites routes ouvrant des perspectives originales sur le bord de mer. Sans aller jusqu’au Campo Moro, l’accès au belvédère - on devine qu’il fallait grimper - permet un dernier regard sur le golfe de Valinco. Nous circulons ensuite entre deux haies, avec l’impression de nous trouver sur n’importe quelle route de moyenne montagne dans un environnement de plateau. La descente s’effectue à grands lacets jusqu’à la nationale, mais nous n’allons pas à Sartène (peut-être la route ne l’est-elle pas).C’est une nationale casse-pattes, entre descentes à grands braquets et remontées à petits développements. Sans être intensive, la circulation des voitures est un peu contraignante et nous invite à filer à l’indienne. Les paysages rappellent aussi bien les côtes bretonnes que méditerranéennes. Un arrêt s’impose toutefois au col de Roccapina pour contempler la plage, bien loin en contrebas, surveillée par l’ancienne tour génoise et le rocher en forme de lion à la tête couronnée. Tout juste après avoir quitté la crique, nous entendons les premiers criquets, ou plus probablement des cigales ; ça change de la musique des voitures. Les montagnes russes reprennent, peu élevées mais usantes. Les suiveurs nous trouvent mauvaise mine : certains accusent la fatigue ; pour ma part je n’accuse personne. La pause de Bonifacio permet de recharger les accus. Ceux qui ne veulent pas se laisser mener en bateau reprennent leur véloce direction de Porto-Vecchio : même cas de figure que le matin avec en prime un vent de face légèrement latéral qui vient littéralement du littoral ; en prime, une ligne droite longue comme un jour sans vélo. Il ne souffle pas très fort mais moi, si. Nous quittons heureusement la nationale à quelques kilomètres du but pour emprunter une route croquignolette, tortueuse et tumultueuse à souhait, dans une succession de raidards (ceux-là ne flashent pas) pas trop longs. Chaussée moyenne mais découverte d’une Corse en pleine ébullition où l’on construit à tire-larigot des demeures plus somptueuses les unes que les autres en surplomb de la côte est : émerveillement de toutes les nuances de bleu revêtues par la mer. Il paraît que c’est le coin convoité par les vedettes du show-biz et autres étoiles à la mode. Notre hôtel en a 3 : elles suffisent à notre bonheur pour maintenant.

Je 26 Juin Porto-Vecchio - Porto-Vecchio 125 km

Depuis lundi qu’on avait aperçu les aiguilles de Bavella, ça y est, on allait enfin pouvoir s’en approcher. Il y a bien sûr plus de 1200 mètres à gravir, sans compter les suppléments vu qu’ici il y a rarement d’ascension directe sans une ou deux descentes en cours de route histoire de corser la difficulté. Nous quittons Porto-Vecchio par le port pour une mise en jambes tranquille de 7 km. Après quoi la route se redresse et chacun roule pour soi, plus ou moins lentement. Un employé de la DDE s’emploie sous son parasol : il n’a pas tort, il faut attendre le 15ème kilomètre pour sentir les premiers courants d’air. Bizarre, on a l’impression qu’en Corse plus on monte et plus les villages ont leur cimetière éloigné du centre, voire carrément à l’écart : est-ce que le mort dérange, est-ce que l’occis gêne ? C’est peut-être parce que trop d’occis gênent que nous respirons mieux en prenant de l’altitude. En attendant, même si nous avons mis cap au nord, j’exsude comme rarement. La traversée du petit village de l’Ospédale (plus doucement) est cahoteuse et relevée à souhait. L’arrivée au lac du même nom est appréciée ainsi que la route enfin plane qui longe ce lac de retenue : nous en faisons preuve aussi dans les 20 km suivants tout en faux plats descendants ou montants. Nous roulons dans un milieu plutôt forestier mais, sur notre gauche, les gros blocs de rochers forment comme un chaos. Récupération rapide à Zonza avant d’aborder, après une nouvelle descente, la rampe finale, assez irrégulière, qui nous hisse jusqu’au col. Pour la plupart nous en avons bavé là moins que dans la partie initiale jusqu’au lac. Beaucoup de monde là-haut dont nos randonneurs qui ont bombé pour accéder au trou de la Bombe. Nous avons aussi vu plus de cyclos et de cyclistes que les jours passés : la proximité du sud ? En rejoignant par la descente le lieu du pique-nique, nous apprécions d’avoir escaladé le col par le versant sud, moins raide. Quelques agglutinements de voitures au départ de sentiers de randonnées. Pause repas près d’un torrent qui semble faire frontière entre Corse du nord et Corse du sud : on s’y baigne, on y plonge ; quelques varappeurs s’exercent à proximité. Au vu des différents types de restauration et de campings rencontrés jusqu’à la nationale, on sait que cette partie de la montagne est plus touristique que celle du nord. Nous traversons une zone de maquis. À Solenzara, on se lance sur la nationale, vent plus favorable qu’hier, pour franchir le redoutable Bocca di Guardia, le plus bas col de France, qui culmine à 19 m. Dire que demain il faudra se coltiner la face sud. Après 25 km on prend à gauche pour longer la mer au plus près, plages, parkings à caravanes, multiples résidences à touristes. Nous passons, sous le cagnard, à l’orange, (bon appétit) une zone de travaux et nous terminons avec une pinède et les cigales.

Ve 27 Juin Porto-Vecchio - Piedicroce 144 km

Voilà une étape spéciale : sa longueur d’abord, plus de 140 km, son profil ensuite, quasi plat pendant 90 km avec les cols en fin de parcours. Entre ces deux parties, deux mondes différents : d’abord le littoral de l’est, plutôt banal, plat ; ensuite la Corse de l’intérieur, relevée, qui a du caractère. De Porto-Vecchio à Aléria, la nationale se déroule dans une plaine littorale. Nous la quittons pour quelques kilomètres à Travo et nous en trouvons dès la sortie du bourg. Les premiers contreforts rocheux, sur notre gauche, sont assez loin et la vigne s’est installée : le centre d’embouteillage est lui à Ghisonaccia, au retour sur la nationale où ça bouchonne dur. À Aléria nous laissons la place à la Rome antique -moins grisante que le rhum vieux- et à nos fiers et séducteurs ancêtres qui savaient allumer les Gauloises. Après 80 km, nous quittons sans regret la nationale et mettons cap à l’ouest. Au sortir du pique-nique sous un magnifique et ombrageant platane, plus de 50 km nous attendent. Nous avons eu merguez et chipos mais pas de magret : le cagnard est pour la route et nous assomme dès la reprise du vélo ; surtout que ça monte ! Les fontaines d’eau fraîche sont appréciées car dans ce maquis retrouvé l’ombre est rare. Couverts de lauzes, Campi, Moïta et autres villages s’accrochent à la montagne en une discrète et heureuse harmonie. Les accompagnateurs, qui supportent que nous fassions du vélo sans eux, nous supportent à plusieurs reprises lors de nos ascensions. Après le premier col, nous découvrons sur notre droite en contrebas le lac de retenue du barrage de l’Alesani. Chez les cyclos, pour l’un, des odeurs de tilleul, pour l’autre, plus loin, des odeurs de menthe sauvage -tant pis pour le tilleul-menthe- ; un autre sent surtout que ça monte et que les jambes sont dans le dur. La belle route de surplomb entre les deux cols, qui domine la vallée de l’Alesani, s’enrichit de rencontres animales : des classiques telles que vaches, cochons, chèvres ; des moins attendues comme une tortue d’ Hermann et une couleuvre. Nouveau bouchon à Pietricaggio : rien à voir avec le vin celui-là mais avec la bière puisqu’il est causé par un enterrement. Nous nous arrêtons un peu plus loin, dans un bar cette fois, pour en consommer une, juste après le passage du dernier col ; tranquillement nous la buvons au frais, je ne dirai pas de qui, avant de la laisser couler, et nous avec, jusqu’à Piedicroce.

Sa 28 Juin Piedicroce - Bastia 90 km

Nous quittons Piedicroce, ses vieilles ruelles, son église classée monument historique et sa vue sur la châtaigneraie qui couvre toute la région et lui donne son nom de Castagniccia. Elle fait le régal des cochons, chèvres et autres vaches, sans compter quelques chevaux. Ce paysage nous accompagne sur plusieurs kilomètres, les changements d’altitude sont assez légers et nous sautons d’un hameau à l’autre car ils sont nombreux, nichés dans ce coin de montagne. Nous admirons à nouveau les fiers campaniles tout en pierre, sortes de phares de la montagne. Au col de Saint-Antoine, les restes d’une église témoignent de l’emprise de la religion dans les coins les plus reculés de l’île. Les débroussailleuses, tondeuses locales des coins de jardins en terrasse, s’activent : nous sommes samedi. Redescendus de 800 à 100 mètres d’altitude, il nous faut rattraper la dénivelée de l’autre côté de la nationale : toujours le problème de manque d’air dans les premières hauteurs. Il ne suffit pourtant pas d’une pente plus aérée pour trouver un coup de pédale plus aérien. Ce versant est rocailleux, couvert de quelques arbustes peu pourvoyeurs d’ombre. Plusieurs vans, stationnés à mi-pente, ne nous apportent pas le moindre souffle supplémentaire. Par une voie un peu cahoteuse, nous nous hissons au col du Bigorno qui n’a rien d’un col marin. Il est le dernier nouveau col de notre randonnée corse. Après le repas, la descente sur Bastia serait une formalité s’il n’y avait à remonter le col de Teghime, 12 jours après la première fois. D’ailleurs une fois franchi cet ultime col on bannit (n’est-ce pas Gérard) toute velléité de grimpette. Quelques crevaisons viennent émailler cette fin d’étape mais cessons de nous plaindre, ce n’est pas aujourd’hui le jour du geigneur. Ah si, tout de même, il fait encore chaud, très chaud ; comme aurait dit Robert Lamoureux : le 14ème jour, le cagnard était toujours bien vivant ! Nous aussi, plus ou moins ! mais contents, sûr !

Postface
Un grand merci à Alain, Gérard et Christian, à nos chefs de groupe, à mes compagnons de découverte dont les 2 jeunes de 31 et 77 ans, un clin d’œil à Serge et Christian et à nos accompagnateurs qui ont accepté de nous supporter. 

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Beaufort en Anjou -  Travagliato (7-13 juillet 2007)

 

Samedi 7 Juillet 2007 , dès 6 heures , 7 cyclotouristes du Mazé Athlétic Club ont retrouvé 4 cyclotouristes du club de Beaufort-en-Vallée pour rallier Travagliato en Italie au terme d'un parcours de 1100 km qu'ils parcourront en sept étapes.

Beaufort-en-Vallée - La Châtre ( Indre )     :     222 km
La Châtre - Chauffailles ( Saône-et-Loire)   :     205 km
Chauffailles - Belley (Ain )                              :     145 km
Belley - Villard sur Doron  ( Savoie )             :     108 km
Villard-sur-Doron - Aoste  (Italie )               :     138 km  ( 3 cols dont 2 à 2000 m)
Aoste -Tromelo                                                :     161 km
Tromelo - Travagliato                                     :     118 km

1 ère étape : samedi 7 juillet
Beaufort- La Châtre : 222 km

      Premier jour, premiers tours de pédales. Au menu, hors-d'oeuvre, pas encore le plat de résistance mais un plat avec pas beaucoup de résistance sauf sur la fin. Hors-d'oeuvre copieux cependant avec un peu plus de 225 km.
Un soleil bienveillant nous a accompagnés ainsi qu'un léger vent du sud plutôt défavorable. A essayé aussi de nous accompagner un cheval tirant une carriole. Vexé d'être doublé alors qu'il marche au pas, il se met à trotter, puis trotte allègrement et y va carrément de son galop. Lassé de ne pas nous avoir rejoint après 500m, il se remet au pas.
A par cela, La Brenne compte toujours officiellement mille étangs, comme la valse de Jacques Brel. Plusieurs ont d'ailleurs retrouvé des routes parcourues lors de la semaine fédérale 2006.
Bon tout de même pas fâchés d'être arrivés.

 Maze Travagliato depart.JPG (56663 octets)        Maze travagliato 2.JPG (70495 octets)    Maze travagliaoto 3.JPG (77883 octets)    Maze travagliato brenne.JPG (59406 octets)    Maze travagliato Arthon.JPG (987996 octets)    Maze travagliato de dos.JPG (58682 octets)
 11+2 au départ de Beaufort        tours de chauffe              Montsoreau (avec 3              la Brenne                    Arthon (cf SF 2006)               le Berry
                                                                                            accompagnateurs)

2 ème étape : dimanche 8 juillet
  La Châtre - Chauffailles : 215 km

Suite du menu avec le début du plat de résistance : des côtes, 24, répertoriées par un chevron sur la carte Michelin ; des côtes jusqu'à plus faim. Malgré tout, au terme des 215 km de la journée, la moyenne audax de 22,5km/h est maintenue.
 A retenir aujourd'hui, outre la dénivelée importante, un ciel clément jusqu'à midi. Pluie modérée de 12h30 à 15h30, en partie à l'heure du repas. Et ces 25 derniers kilomètres éprouvants : outre 5 bosses coriaces, 2 forts orages qui ont éclaté au-dessus de nous (on s'éclatait moins), lâchant des trombes d'eau. L'entrée en Saône-et-Loire a été copieusement arrosée. Demain matin, grass'mat jusqu'à 6h30 (la route est moins longue).

En direct du Grand Café de Chalamont -lundi 9) où l'équipe a déjà repris le chemin
pour les 62 derniers km de la journée. A demain
Aurélie et Jacky

     Maze Travagliato Pause Vallon en sully.JPG (971624 octets)    Maze Travagliato Tronget km92.JPG (950744 octets)    Maze Travagliato Marcigny2.JPG (965556 octets)     Maze Travagliato Marcigny1.JPG (60824 octets)
      Vallon-en-Sully (km 50)     Tronget (km 92)                  Ravitaillement à Marcigny  (km92)

3 ème étape : lundi 9 juillet
Chauffailles  - Belley : 145 km

"On a fait plus de la moitié". Etape de transition aujourd'hui. Finis les toboggans. Place aux ascensions plus longues avec même un col en prime, dès le km 12, au terme d'une grimpette en douceur.
Pour récompense, une longue descente vers le vignoble du Beaujolais. Puis un léger vent, généreusement poussant, dans la vallée. Longue et difficile montée l'après-midi, terminée sous l'eau, moins violente qu'hier heureusement : le ciel a ouvert si généreusement ses vannes que plus personne n'a envie d'en faire (des vannes) dans notre petit peloton. Il est vrai aussi que la fatigue s'accumule et que les jambes deviennent lourdes. Mais il en faut plus pour doucher notre enthousiasme.
 L'Ain dans l'autre, tout se passe bien.


Le peloton est parti sous un ciel gris ce matin (mardi).
On retrouve sur la route Gérard le Mazéais et le club cyclo de Chambéry.
A demain
Aurélie et Jacky

Maze travagliato Dep Chauffailles.JPG (79026 octets)                  Maze travagliato Col des Echarmeaux.JPG (66831 octets)         Maze travagliato Ravito Arandas.JPG (101419 octets)
Derniers préparatifs à Chauffailles       Premier col (km 12)         Juste avant la pluie à Arandas (km 116)

4 ème étape : mardi 10 juillet
Belley - Villard sur Doron :113km

Nous voici entrés en Savoie où il n' y a pas que du gâteau, il y a aussi du vin et du mauvais temps comme en Anjou.
Départ matinal sous une pluie pas chaude : surchausses et jambières de sortie. Accalmie pour apprécier le vignoble local puis détour non prévu mais obligatoire par le Col du Chat suivi d'une belle descente en surplomb du lac du Bourget.
Plusieurs cyclos de Chambéry nous guident ensuite par les pistes cyclables sous la conduite d'André, le président,  jusqu' aux beautés architecturales de la ville.
Après quelques errements, repas partagé avec un couple de cyclos de Mazé.
Retour de la pluie pour la montée finale jusqu' a Beaufort-sur-Doron. Photo rapide avec le Maire avant la visite sympathique de la fromagerie locale et l 'interview du reporter du Dauphiné Libéré. Demain, ce sont les grands cols, il a neigé ce matin en haut du Cormet de Roselend...


 
En direct de l' auberge de Villard (mardi soir). Le repas hollandais fera  t-il des merveilles sur nos vélos?
Aurélie et Jean Luc

5 ème étape : mercredi 11 juillet
Villard sur Doron - Aoste : 138 km

Ça y est ! Nous sommes en Italie, pays voisin de la France mais qui ne parle pas le même européen que nous. Plus précisément, nous surplombons Aoste, cité réputée pour ses braves gens et ses gens bons. Le franchissement ultime des Alpes ne fut pas une partie de plaisir : 7° ce matin au départ, 6° au sommet du Cormet de Roselend, 4° au col du Petit Saint-Bernard, 24° à Aoste (ah, l'accueil italien).
En plus, neige aux 2 sommets, tombée hier, un vent bien frisquet et un peu de grésil ; il fallait voyager couverts, encore plus qu'hier, mais nous avons quasiment évité l'eau. Pour les spécialistes, une dénivelée de 3000 m. Cap'tain Jean-Luc peut être fier de sa troupe, notamment de ceux qui découvraient la haute montagne : chacun pourra mesurer son mérite aux efforts consentis pour se hisser aussi haut. En prime, 50 km de descente pour notre arrivée en Italie, mais quand même les 3 derniers km à près de 10% (excusez-nous pour ces chiffres mais les intérimaires que nous sommes sont payés au pourcentage).
 Vous avions-nous dit que nos 2 accompagnateurs avaient toujours été eux aussi au top depuis le départ? Eh bien que cela soit su !


L'équipe est en selle depuis 20 min (jeudi) . Le retour du soleil va sûrement
rendre cette nouvelle étape (la 6°) difficile.
A demain. Aurélie et Jacky

         Maze travagliato Beaufort Tromelo.JPG (80690 octets)
Au sommet du Cormet de Roselend (brrr...)

6 ème étape : jeudi 12 juillet
  Aoste - Tromelo : 161km

Un vent joyeux continue de nous pousser vers l'est. Nous avons fini par arrêter de descendre mais ça va, nous sommes toujours  au-dessus du niveau de la mer.
 Un soleil franc, quoiqu' italien, nous a également escortés ce jour.
 Toutes ces conditions favorables sont les bienvenues : le franchissement des Alpes que nous avons dévorées comme des cannibales et bien plus vite qu'Hannibal, a laissé des séquelles : postérieur meurtri, reins éreintes, cuisses cuisantes, genoux geignants, mollets démolis, tendons hypertendus.
 Après le Val d'Aoste et ses enfilades de patelins industrieux, ce fut la plaine, ses maïs altiers d'au moins 3 mètres et ses rizières sur des kilomètres et des kilomètres ; pour terminer d'autres belles plantes bien appétissantes offraient sur le bord de la route leurs charmes tarifés.
La route, parlons en encore : que des axes importants avec une circulation plutôt dense qui nous  a contraints à filer à l'indienne sur les 170 km du parcours ; le seul moment où il y en a deux qui se sont mis de front, ils ont trouvé moyen de se retrouver par terre... sans gravité heureusement. Après midi, le soleil cuisant a dardé ses rayons, aïe, ah non zut, c'est un moustique, aïe!deux. Bon il fallait bien finir sur un trait piquant.

 
Maze travagliato riziere.JPG (850362 octets)      Maze travagliato Paysage Aoste.JPG (707008 octets)
au milieu des rizières               près d'Aoste

7 ème étape : vendredi 13 juillet
  Tromelo - Travagliato : 118 km

TRAVAGLIATO- 13 juillet- 16h et quelques minutes.
35°C sur la place de la Mairie, une grande boisson fraîche nous attend... Mission accomplie!
Dernière journée un peu pénible à cause d'une circulation continue, bruyante, parfois dangereuse. Encore beaucoup de rizières : impressionnant plat pays.
 Nous étions bien dans les temps mais notre avance a fondu comme chambre à air en latex au soleil : 3 crevaisons dans les 20 derniers km.
En résumé :
- 11 pédaleurs qui font preuve de vélo-satisfaction
- 2 accompagnateurs heureux de leur contribution indirecte
- 1158 km de selle
- vitesse inférieure : 7 km/h dans la montée du Col de Roselend
- vitesse maximum : 74,7 km/h dans la descente du même Col
- 4 crevaisons
- 2 rayons de cassés
- 1 aventure collective qui méritait d'être vécue.
Merci à tous ceux qui nous ont lus et soutenus. Plus particulièrement à :
- Communauté de Commune de Beaufort-en-Anjou
- Club cyclo de Chambéry
- Association de Beaufort-sur-Doron et Christophe
- Courrier de l'Ouest
- Zineo
- Point Sys


 
Maze Travagliato dep tromelo.JPG (76497 octets)    Maze travagliato Arrivee Travagliato.JPG (85714 octets)
 départ de Tromelo                ARRIVÉS !

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Le voyage de Marylène et Claude vers St-Jacques de Compostelle (printemps 2005)

* Eh oui, Marylène et Claude sont en marche. Partis le 23 avril, ils ont rejoint Gennes pour la 1° étape. Le lendemain, dimanche 24, 2° étape de Gennes à Rou-Marson. 16 marcheurs et amis les ont accompagnés le matin, par le G.R., jusqu'à Chênehutte. La pluie les a suivis en début de matinée mais ne dit-on pas "Pluie du matin n'arrête pas le pèlerin"...* Une trentaine de personnes ont partagé avec eux un pique-nique d'encouragement. Sacs sur le dos, ils ont terminé cette 2° étape entourés de 7 ou 8 marcheurs du club.

* Le dicton véritable, et plus justifié, est en fait "Brouillard du matin n'arrête pas le pèlerin".

Lundi 2 mai : Claude et Marylène ont quitté Niort. Comme tout un chacun, ils ont été marqués par la chaleur de la fin de semaine. Au terme de leur 1° semaine de pérégrination, ils affichent un moral d'acier.

Lundi 9 mai : Nos marcheurs impénitents -je ne pense pas qu'il faille mettre le "im" entre parenthèses - étaient à Saintes , la bien nommée, le jour de l'Ascension. Après une étape de 35 km, ils ont pris un jour de repos, (interrompre leur descente au moment de l'Ascension, est-ce bien raisonnable?) histoire de soigner un peu leurs ampoules, c'est vrai qu'avec les jours qui allongent de plus en plus, ils ne devraient guère en avoir besoin.

Un mois avant les épreuves de philo, ils ont passé le bac lundi matin pour traverser la Gironde. Ils ont maintenant rejoint le vrai chemin de St-Jacques, s'évitant ainsi quelques erreurs de balisage.
Complètement rassurés sur l'itinéraire, ils gardent un enthousiasme intact.

Mardi 17 mai : Pendant que le club de marche découvrait dans le golfe du Morbihan quelques paysages de landes, Marylène et Claude entraient dans le département du même nom : ils étaient à Biscarosse le jour de la Pentecôte. Pentes et côtes, ils les avaient rencontrées précédemment sur la dune du Pilat. Une petite visite familiale  du côté de chez Claude a écourté la nuit de samedi à dimanche.
La progression est régulière mais quelques désistements de gîtes les ont obligés à fréquenter les hôtels plus qu'ils ne voudraient.

Dimanche 22 mai : L'Espagne en vue!
Pour l'heure, Marylène et Claude sont à Bayonne (au milieu de gens sympathiques, Bayonne étant réputé pour ses gens bons) après une courte étape de 15 km. Les deux précédentes étaient de 30 km. Un fils de Claude est venu, de Pau si je me souviens bien, passé la soirée de samedi avec eux.
Le temps est à la pluie mais la frontière se profile à l'horizon, qui devrait être franchie mercredi. Dire qu'ils en sont pratiquement à mi-chemin, alors qu'ils sont partis depuis 1 mois déjà! Allez les jeunes, nous sommes de tout coeur avec vous!

Mardi 31 mai : Quelque part en Espagne, mais où? Pas de liaison récente avec nos marcheurs. Mais si le téléphone ne fonctionne pas par-delà les frontières, nous leur assurons, par transmission de pensée ou de coeur, notre soutien!

Lundi 13 juin : À environ 15 jours du but, ils marchent toujours, plus motivés que jamais! Sur ce parcours mythique, tout est fait pour les pèlerins, d'ailleurs fort nombreux. Marylène et Claude se sont trouvé chacun un groupe dont la vitesse de progression correspondait mieux à leur rythme propre; ils avancent donc maintenant séparément... mais toujours en bons termes. Allez les jeunes!

Mardi 21 juin : Ni la chaleur (2 jours à 40°) ni les orages (sur 2 jours également) n'arrêtent Marylène et Claude. Ils ont donc retrouvé en Espagne d'autres pèlerins français, y compris des "49". Chacun marche donc avec un groupe différent et ils se retrouvent à l'étape du soir. Ils ont passé Léon dimanche soir (sortez votre dictionnaire ou votre carte d'Espagne) et n'étaient plus alors qu'à 260 km de St-Jacques. C'est peu de dire que le moral est au beau fixe!

Lundi 4 juillet : CLAUDE EST ARRIVÉ A ST-JACQUES-DE-COMPOSTELLE le vendredi 1er Juillet à 9h!!!
Il envisage son retour sur Beaufort pour la fin de cette semaine.

Vendredi 8 juillet : MARYLENE AUSSI EST ARRIVÉE !!! le samedi 2 Juillet, et nous ne le savions pas...
Claude a, quant à lui, retrouvé l'Anjou hier soir.

Grand, grand bravo, à tous les 2. Chapeau bas, madame et monsieur.

Ici, se termine le compte-rendu de leur aventure. Mais, pour chacun d'eux, gageons que celle-ci est gravée à tout jamais dans leurs pieds et dans leur coeur.
                                                                                                                                       
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La Brocéliande

18 mai 1998 cliquer
                                                                                                                                                                                      
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Les Fêlés du Grand Colombier

29 août 1996

"La confrérie des "Fêlés du Grand Colombier" est ouverte à toute personne âgée de plus de 18 ans qui effectuerait dans la journée 2, 3 ou 4 ascensions aller-retour du Grand Colombier par des faces différentes sur (ou en poussant!) une bicyclette mue par sa seule force musculaire    .../....    Le cycliste ayant réalisé 2 ascensions (1 sur chaque versant est et ouest) deviendra MEMBRE; 3 ascensions MAITRE; 4 ascensions GRAND MAITRE. le cycliste espérant réaliser plus de 4 ascensions ferait bien de réfléchir avant...!"  (Extrait du règlement)

Pour ceux qui en auraient douté, le M.A.C. compte donc 2 fêlés notoires :Yohann Hinot comme Membre et Yannick Hinot comme Grand Maître. AU 29 août, la Confrérie comptait avec eux deux 78 membres dont 51 grands maîtres.

Au total, 4768 m de dénivelé pour 138 km, c'est-à-dire l'équivalent en kilométrage et pourcentage moyen de 4 ascensions du Galibier à partir de Valloire. Particularité : chaque grimpée comporte un passage à 14% et offre en contrepartie un ou deux secteurs moins violents.
Les descentes sur la vallée du Rhône offrent des points de vue magnifiques mais il vaut mieux regarder où l'on pose ses roues (cailloux!). Les deux montées sud-ouest et nord-ouest se terminent par une partie commune de 4 km. Les deux autres se rejoignent aussi sur les 7 derniers kilomètres.

Ce 29 août, départ de Champagne à 9h du matin. Temps frais toute la journée, sans doute pas plus mal mais frisquet là-haut et dans les descentes. Fin des deux premières ascensions vers 13h (les plus "faciles"), Yohann voulant se réserver pour une épreuve le dimanche suivant. Puis un violent pique-nique au sommet. Très bonne 3ème montée à partir d'Anglefort, pourtant jugée la plus redoutable. Comme il n'y avait pas certitude de tout faire, la plus dure restait en dernier! Les premières pentes furent difficiles, usure oblige; que dire des 4,5 km à 12%, dont le fameux 1,5km à 19% !? On se demande si chaque tour de pédale commencé va bien aboutir, le compteur atteint les 5 km/h. Après cela, les 4 derniers km à 8-10% semblent de la rigolade!
Bon, à raison de 1h30 - 1h40 à chaque montée, le pari était tenu à 19h. Quand on est fêlé...
                                  
                                                                                                                                               
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La Megève - Mont-Blanc

25 août 1996

Le jour se lève sous un ciel bas et menaçant. Environ 1 200 participants se pressent sur la ligne de départ ; certains font un parcours raccourci de 110 km. La grande boucle compte 155 km pour un dénivelé de 3 590 m. C'est pratiquement le même circuit qu'avait déjà fait 5 ans plus tôt Yannick, une semaine après la "Lucio Herrera en Chartreuse". Avec son fils de 19 ans Yohann, ils sont donc 2 Mazéiais au départ.

Le temps d'une brève interview d'Alain Prost, qui avoue ne pas plus aimer la pluie sur un vélo que dans une formule 1, et le peloton s'élance à 7h30. Dix premiers kilomètres de légère descente sur la route humide où il fait bon être bien couvert et l'on aborde avec plaisir les premières rampes du col des Saisies (1415 m), histoire de se réchauffer. Des voix derrière Yannick : 3 maillots de Saumur Cyclisme, des coureurs connus qui le doublent à l'aise. Ils vont rejoindre Yohann à proximité du col alors que brouillard et pluie se succèdent; la montée par Crest-Voland est plus pentue et emprunte des routes étroites. Mais on apprécie la chaussée la plus large et moins raide pour une descente où la vigilance s'impose : l'eau ruisselle sur le bitume et ceux qui n'ont pas de surchausses ont les pieds trempés.

Le retour à Flumet permet d'attaquer dans la foulée le col des Aravis (1498 m) par la Giettaz. Il ne pleut plus. Déjà on ne roule plus que par 3 ou 4. Là-haut, les bénévoles ont bien du mérite à  servir le ravitaillement sous un mini crachin frisquet. Bienvenu, le thé chaud. 4 km de descente encore humide avant de rprendre à gauche pour les 4 km du col de la Croix-Fry (1477 m) heureusement moins raides que la descente par Manigod; la chaussée a un peu séché. Puis c'est la vallée et Thônes, les 10 longs kilomètres de faux plat sur la nationale, toujours aussi pénibles, jusqu'à Saint-Jean-de-Sixt, avant d'entamer la longue ascension de la Colombière ((1618 m), régulière, virageuse et vraiment relevée que dans les derniers kilomètres. Malgré les nuages bas, beaucoup ont tombé la veste. Les spectateurs qui attendent là-haut en mettraient bien une autre. Yannick s'y pointe 30 minutes après Yohann et s'autorise un bon arrêt sandwich.

Après 8 km de descente, la côte de Romme-sur-Cluses s'avale sans coup férir. C'est ensuite la plongée sur Cluses, les 20 km de léger faux plat montant sur la nationale où il faut mettre le turbo (35 km/h au bas mot) pour rejoindre Sallanches, la très fameuse et redoutable côte de Domancy où Yannick fait des pointes de 8-9 à l'heure, avant de bifurquer à gauche, toujours en montant, jusqu'à Megève qui a retrouvé quelques rayons de soleil. malgré une fin "rapide", il met 24 miutes de plus qu'en 91.

2 médailles d'argent  Yohann en 6h48 et Yannick en 7h36
Le vainqueur l'emporte en 4h50, Alain Prost termine en 5h41 et le dernier en 9h07

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Paris-Brest-Paris

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Bordeaux - Paris

18-19 juin 1994

Une grande aventure car Bordeaux-Paris, c'est : - une classique, une légende   - une épreuve    - long, long, 635 km réels    - une ambiance : pédalage nocturne, nuit sans sommeil    - un challenge : terminer dans les délais que l'on s'est choisis    - bien d'autres choses encore.

Pour la première fois, 2 cyclos du Mazé A.C. décident de faire de Bordeaux-Paris l'objectif principal de leur saison. Non sans quelques craintes, essentiellement eu égard à la distance car on sait bien que 600 km à vélo c'est bien plus que 3 x 200 km. Non sans préparation : leur participation aux "24 Heures d'Angers" organisées par le R.C. Anjou 5 semaines plus tôt a été l'occasion de les familiariser à la "conduite de nuit", à la gestion du temps sur une longue distance (450 km) et aussi d'échanger avec des randonneurs chevronnés, coutumiers de Bordeaux-Paris, voire de Paris-Brest-Paris. Brrr! On se sent modeste tout à coup.

Bref ils sont là tous les 2, Jacky P et Yannick, ce samedi matin à 6 h sur le parc Palmer de Bordeaux, puisqu'aussi bien ils ont choisi d'effectuer le parcours en moins de 36 heures. Tous les 2, il vaudrait mieux dire tous les 3 car un accompagnateur fidèle les suit, assurant en voiture maintenance du matériel, transport des vêtements et de la nourriture, présence supplémentaire aux moments difficiles, "éclaireur" précieux aux heures sombres de la nuit. Si plusieurs effectuent Bordeaux-Paris en autonomie complète, nos débutants ont fortement apprécié ce suivi motorisé et d'ailleurs tout à fait autorisé.

Il fait encore sombre vers 6 heures. Après un petit déjeuner offert par l'organisation, c'est l'affairement des derniers préparatifs : remplissage des bidons, fixation de l'éclairage. Un ciel couvert, un temps lourd et orageux. Quelques gouttes de pluie, larges, rares heureusement. Pas de quoi saper le moral des 700 aventuriers qui ont choisi la formule randonneurs. Comme à l'accoutumée, le peloton s'étire rapidement et se disloque. La vitesse est raisonnable, dépassant rarement les 27-28 à l'heure : on sent la présence d'experts qui savent que le but est fort loin.
Routes plutôt étroites et vallonnées, succession de virages : au coeur du vignoble de Pomerol, on est habitué à zigzaguer. Dans leur groupe, nos 2 compères se retrouvent à 50 ou 100, au gré d'une meute de concurrents belges qui s'arrêtent en choeur dès que l'un d'eux met pied à terre et chassent ensuite comme des coureurs de Six Jours; un car les attend plus loin pour le casse-croûte matinal. Surprenant, on parle beaucoup étranger dans ce peloton. Un autre belge fait bande à part : grand écumeur de randonnées sur le sol français, il va son rythme car il se désolidarise de ses congénères qui filent dru pour pouvoir dormir quelques heures la nuit à venir. Pour lui, horreur : "Ça, ce n'est pas Bordeaux-Paris !"
Premier arrêt dans un café pour faire le plein de bidons. Un habitué de l'épreuve, le tenancier; il en a déjà vu passé des cyclos, ce matin bien sûr, mais hier également, ceux partis à 6h pour les 60 heures et à 18h pour les 48 heures. Les groupes sont plus restreints, l'allure toujours correcte et les vallonnements plus prononcés : avant-goût des toboggans charentais. Premier contrôle à Ruelle (km 136) à 11h25. Long arrêt pour un déjeuner sportif -ticket de réservation au départ- dans le restaurant où l'on pointe. Qu'il fait bon sous la tonnelle!

Réapprovisionnement, crème solaire et tenue plus légère pour l'après-midi. Redémarrage immédiat par une longue côte -il en sera ainsi après chaque contrôle- qui en annonce bien d'autres. Reprise un peu pénible : l'estomac n'est plus dans les talons mais il pèse sur les cuisses. Nos 2 compères roulent seuls, avec leur suiveur obligé de les doubler dans les sévères montées pour ne pas surchauffer son moteur. Au fil des kilomètres, le rythme s'installe, bien vite perturbé par un méchant bris de rayon à la roue arrière : voilage important; heureusement, la voiture suiveuse est proche pour opérer un changement de roue. Et nos cyclos repartent pour pointer au 2ème contrôle (km 189) cependant que jean, leur fidèle accompagnateur, bat la campagne pour dénicher un mécano : il finira par en trouver un d'ouvert mais qui commence à en avoir ras la casquette de ces importuns de Bordeaux-Paris qui viennent troubler son train-train prédominical ! Le rayon ne sera jamais réparé. Pourvu que la roue de secours tienne : elle n'apprécie pas toujours les changements de vitesse et grince volontiers des dents!
Après Confolens où tout le pays semble faire la sieste, la route longe plus souvent la Vienne, adoptant un profil moins tourmenté. À 17h05, nos amis pointent au contrôle de l'Isle-Jourdain (km 233) où certains arborent déjà une mine longue et se posent des questions sur la suite ou non à donner à leur chevauchée.

Yannick non plus ne se sent pas très frais : déjà 11 heures depuis le départ pour une distance à peine supérieure à une cyclosportive. Mais fidèles à leur tableau de marche prévisionnel, établi sur une base de 22,5 km/h de moyenne, ils peuvent encore rouler un peu à ce rythme. Les côtes succédant aux côtes -soyons justes, il y a aussi des descentes- ils profitent même du Métro (l'US Métro) et de sa quinzaine de membres pour rallier Chauvigny, lieu du 4ème contrôle (km 274), celui-là même qu'ils ont traversé l'an dernier lors du National. L'arrêt-restaurant, adopté d'ailleurs par de nombreux concurrents, est l'occasion discrète de se mettre les pieds à l'air sous la table. Quelques minutes supplémentaires pour remplir les bidons, s'équiper polus chaudement, fixer les lampes sur le vélo et même quérir de l'eau chaude pour se préparer une boisson de circonstance pour la nuit.

À 20h45, nouveau départ pour une aventure cette fois nocturne, avec une transition douce car nous sommes dans les jours les plus longs : de quoi vous laisser apprécier le magnifique bourg médiéval d'Angles-sur-Anglin qu'on ne risque pas de traverser à vitesse rapide, raidards obligent. Tiens, revoilà l'US Métro : ils ont dîné plus loin et fait une halte aussi longue. Nos coursiers ne montent pas avec eux. Ils préfèrent rouler seuls, immédiatement suivis par leur voiture dont ils apprécient peu à peu l'éclairage à la fois efficace et rassurant. La nuit tombe, doucement, sans se faire mal. Nos cyclos roulent, doucement, mais ça fait mal quand même, à la longue. Paradoxe, il faut garder les lunettes, de soleil quand on n'en a pas d'autres; la température est douce, chaude même, et des nuées de moucherons agressent nos braves pédaleurs à moins que ce ne soit l'inverse; sans parler des innombrables papillons et autres insectes nocturnes attirés par les phares. Et puis la Brenne et ses étangs - bien connus des participants de la Pierre Jodet - approche : moustiques garantis. Tiens, un arrêt imprévu : contrôle volant inopiné à 22h55. Yannick se sent l'estomac lourd. Minuit tapant : l'heure, non point des fantômes, mais du contrôle numéro 5 à Châtillon-sur-Indre, au km 341. Halte appréciée mais il n'est pas question de dormir. Il faut manger... si on peut! Voilà la voiture suiveuse de Trélazé, déjà aperçue dans la journée : un cyclo en descend, qui vient d'abandonner; fameuse performance pourtant pour ce jeune homme de 72 ans.

C'est la nuit complète quand notre trio reprend la route pour l'étape suivante. L'idée d'abandon a guetté Yannick, guère frais. La mi-course est passée : il ne reste plus que 275 km; il reste encore 275 km. Encouragé par Jacky, il se revitalise comme il peut, se place parfois dans las sa roue pour s'abriter, préfère essayer de rouler à sa hauteur : meilleur pour le moral. La voiture suit toujours, son chauffeur ne s'endort pas; le spectacle de ces deux paires de mollets qui s'agitent devant lui et qu'il connaît maintenant par coeur devient un rien monotone; mais quand on a été taxi, on sait veiller. Où sont les étangs de la Brenne? à droite ou à gauche selon les coassements des grenouilles. Belle musique de nuit à laquelle se mêlent parfois des chants d'oiseaux. Cet environnement est si inhabituel qu'il suffit à vous tenir éveillés. Il faut l'être pour pointer au 6ème contrôle, à 2h30 du matin, à Noyers. Ils en sont au km 389 mais déjà les compteurs affichent presque 400 et les gens de l'organisation annoncent une rallonge d'une vingtaine de bornes!
Mais voici un brin d'agitation dans ce café où 'effectuent les pointages. Une moto vient d'arriver : elle précède "la course", autrement dit les tout premiers des ténors qui sont partis à 15 h le samedi dans l'intention de boucler la distance en moins de 26 heures. Ils sont 11 dans le groupe de tête et les quelques cyclos présents à cet instant assistent au spectacle du pointage. Vite ils descendent de leur vélo que leur tient un ami bienveillant. Pendant qu'ils se précipitent vers leur tampon, un autre a remplacé les bidons vides par des pleins. Quand ils récupèrent leur engin, quelqu'un remplit leurs poches d'aliments divers; à peine s'ils ont le temps de se mettre quelque chose sous la dent pendant que l'un d'eux se déleste prestement sur le milieu de la route, plus ou moins abrité entre leurs voitures suiveuses. Et les voilà déjà qui repartent dans la nuit, précédés d'une moto et suivis de la meute de leurs accompagnateurs.

Jacky et Yannick redémarrent plus doucement, ayant peine à croire que ces "coureurs" viennent de franchir en 12 heures les 400 km qu'il leur a fallu 21 heures pour effectuer! Quinze minutes plus tard, un 2ème groupe les dépasse : un copain angevin prend le temps de les saluer. Il leur faudra attendre une bonne heure pour voir arriver un 3ème paquet; diable, les premiers ont creusé de sérieux écarts. Nos deux Mazéiais s'évertuent, eux, à ne pas en faire -d'écarts- quand leur accompagnateur s'arrête quelques instants, cédant à l'appel de la nature, et que surviennent en face des automobilistes aux phares terriblement éblouissants : dur de garder sa ligne tant qu'ils n'ont pas mis leurs feux de croisement. Encore heureux quand les rencontres ont lieu en pleine ligne droite. La confiance ne règne pas avec ces voyageurs du samedi soir ou plutôt du dimanche matin. Bon, la voiture suiveuse rejoint notre duo, bonne façon de vérifier, de dos en tout cas, l'efficacité de leur éclairage arrière et de leur baudrier réfléchissant.

Le parcours se fait plus calme, les routes plus droites : la Sologne approche. Chambord est tout près; ils longent sans le voir le château de Cheverny. Ils s'imposent un petit arrêt car cette étape est longue. Tiens, l'estomac récalcitrant de minuit accepte maintenant une pomme : bon signe? Le doute s'installe pourtant chez nos compagnons : la fin de nuit est longue comme les lignes droites interminables des marais solognots. Insensiblement la moyenne baisse, la fraîcheur tombe tout à coup. Il faut prendre une veste; avec l'aube une légère brise se lève, pas très favorable, qui rend le coup de pédale encore plus lourd. Et puis, brusque, brève heureusement, environ 1/4 d'heure, l'envie de dormir qui prend tour à tour les deux cyclos obligés de s'inventer de pseudo sujets de conversation pour ne pas se retrouver sur le bas côté! Et le chauffeur? Il a sa technique, efficace : vitre ouverte, tête à l'extérieur; l'air vif du petit matin vous fouette les sangs et vous tient l'esprit éveillé. C'est bien soulagé que tous 3 parviennent enfin dans la banlieue d'Orléans, au lieu de contrôle n° 7, bien nommé La Source, vers 7h du matin, au km 468; mais en fait il y a déjà 20 km supplémentaires.

Pas question de chipoter : il y a encore du pain sur la planche et un croissant et de la baguette fraîche sur la table avec un violent café ou du thé à volonté. Du coup Yannick a enfin retrouvé l'appétit; dans le centre des loisirs des P. et T. qui accueille les valeureux cyclos, le p'tit déj' passe comme une lettre à la poste (pas pour tout le monde : un autre copain angevin pourtant bien parti fait ici très pâle figure; il finira cependant, sans s'être alimenté depuis la veille au soir!). Après la toilette et les soins de rigueur, nos compagnons repartent 3/4 d'heure plus tard. Leurs premiers coups de pédales dans Orléans confirment leur impression : leurs sensations sont bonnes, ils iront jusqu'au bout. Ils se retrouvent mêlés à des petits groupes qui se font et se défont. Ils rattrapent le premier Métro où l'allure s'est ralentie, apportent leur collaboration comme locomotives pour lutter contre le vent de 3/4 face puis sautent finalement dans le dernier wagon d'un TGV qui les double soudainement : à peine plus difficile de rouler à 30 à l'abri qu'à 23 en tête; et c'est autrement meilleur pour le moral car la Beauce est là, redoutable avec ses longues lignes droites terriblement ventées. Ainsi protégés, ils parviennent sans encombre au contrôle n° 8, à Autruy-sur-Juine : il est 10h05 et il ne reste plus qu'une petite centaine de kilomètres.

Nos amis reprennent la route allègrement, retrouvent un couple de tandémistes dont le pilote a été victime d'une insolation le samedi après-midi, voient en point de mire un paquet qu'ils s'efforcent de ne pas rattraper trop brusquement car il convient tout de même de ménager ses forces. Vastes champs de blé, de maïs, de petits pois fourragers, se succèdent au gré de légers vallonnements, voire de petites côtes : les organisateurs ont en effet choisi de petites routes, étroites et sinueuses, loin des grands axes de la proche région parisienne. La vigilance s'impose toujours, surtout en groupe, et le coup de jarret ne doit pas lui non plus faiblir. Bientôt midi : des cyclos s'arrêtent, par club, pour un déjeuner pique-nique au frais sous quelque ombrage. La fin approche également; Jacky et Yannick y croient également : 585 km au compteur. Juste avant de tourner à droite pour s'enfoncer dans la forêt de Rambouillet, une pancarte traîtresse annonce en gros : "Arrivée : 50 km". Aïe! ça fait mal au moral. Du coup ils s'autorisent aux aussi un dernier casse-croûte sur le bord de la route, remplissent pour la énième fois leur bidon, font un sort à la quiche lorraine entamée le vendredi soir pour se rendre à Bordeaux. Ils se lancent rageusement à l'assaut des 50 derniers kilomètres, particulièrement vallonnés mais souvent ombragés, et qui n'ont d'ailleurs aucun secret pour Jacjy qui les connaît comme sa poche (pour ne pas dire comme sa poste).

Ils ont décidé d'être sages pour tenir jusqu'au bout, de ne se livrer que dans les 5 derniers kilomètres... s'ils en ont les moyens. Faux plats et vraies côtes se succèdent. Ils roulent le plus souvent à deux; les kilomètres défilent; ils restent attentifs dans les nombreuses traversées des villes de la banlieue, avalent sans sourciller la sévère côte de Poigny-la-Forët. Ils sentent l'écurie, ils piaffent de plus en plus, ils lâchent les derniers chevaux qu'ils ont sous leur cadre, rejoignent d'autres cyclos, les déposent, s'arrachent dans les très sévères pourcentages de Néauphle-le-Vieux qui en laissent pourtant beaucoup à pied, en remettent dans les derniers faubourgs et, de ronds-points en carrefours, arrivent au terme de leur fabuleuse équipée.

Il est 14h49. Ils ont parcouru ces 50 derniers kilomètres aux grosses difficultés à 27,5 km/h de moyenne. Ils sont venus à bout des 635 km de ce Bordeaux-Paris en 32h49'. Ils n'en reviennent pas trop d'être là, de "l'avoir fait". Ils restent lucides, ils apprennent que les 2 premiers ont mis moins de 19 heures; ils rentent modestes, ils voient arriver la première femme, en moins de 25 heures. Mais ils sont contents, ils ont rempli leur contrat à eux : moins de 36 heures. Oui, ils l'ont fait, tous les2,... tous les 3. Et se disent que d'autres de leur club peuvent en faire autant. Ils ont réalisé, à leur niveau à eux, une performance sportive. Ils ont vécu une formidable aventure qu'ils ne sont pas près d'oublier.


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La
Pascal Dubois

5 août 1995

 Bléré  -  Bléré (Indre-et-Loire)    Grand parcours de 191 km

Première édition de cette cyclosportive avec 500 participants dont 430 sur le grand parcours. Francis Desveaux, Christian Forestier et Bernard Riobé représentent le M.A.C.
Temps ensoleillé, chaud sur la fin. Bonne organisation.

Départ très rapide, les dix premiers kilomètres à plus de 45 avec des pointes à plus de 50, jusqu'à Chisseaux au pied de la première côte : on passe en 2 km de l'altitude 68 m à 123 m. Côte que l'on a tout juste le temps de voir et de sentir à la vitesse où nous l'avons montée.
Ensuite, passage facile jusqu'à Chaumont-sur-Loire au km 33; après avoir viré à droite pour quitter les bords de Loire, on attaque une côte supérieure à 5% sur plus d'un kilomètre. Une fois cette côte passée, finies les difficultés pour un bon moment et direction la forêt de Boulogne - lieu du premier ravitaillement - où il est agréable de rouler malgré une route moyenne. La dernière ligne droite de cette forêt vous amènera face au château de Chambord que l'on peut admirer u court instant en levant la tête.

La randonnée continue à travers la Sologne pour vous conduire bien plus loin au bord du Cher que vous longez sur 7 ou 8 km avant de virer à droite à Bourré (km 159) et d'attaquer la partie difficile du parcours, 3 côtes dures et longues :
- côte de Bourré, en haut virage à gauche et descente sur Montrichard, puis
- côte en direction de Vallière-les-Grandes et retour à Montrichard pour reprendre la direction d'Amboise; et là,
- la côte qui vous amène au pied du relais télé et qui vous achève.
Trois côtes coup sur coup qui vous font mal après avoir roulé à un train soutenu : moyenne de 35,5 km/h avant la côte de Bourré où le groupe d'une centaine que nous étions a commencé à exploser pour nous retrouver seulement une vingtaine devant au pied de la dernière. Dans ce reste, un s'est fait remarquer en lâchant tout le monde et en finissant seul les 25 derniers kilomètres : devinez qui !?
Parcours agréable, roulant, où il est possible de faire un bon chrono.

Bernard : 5h29'  moyenne de 35,150 km/h      Christian : 5h29'   moyenne de 34,83o    Francis : ??

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La Danguillaume

30 avril 1994

Azay-sur-Cher  -  Azay-sur-Cher  (Indre-et-Loire)  200 km  (B.R.S. UFOLEP)

4 cyclos de Mazé pour cette 4ème édition de La Danguillaume. Épreuve proche de chez nous puisque partant juste après Tours, elle adopte un tracé nord-sud puis sud-nord, descendant jusqu'au Grand-Pressigny, traversant 31 communes et empruntant 15 côtes "officielles". Jugée relativement facile par les organisateurs, elle doit être parcourue à une  vitesse minimale imposée de 24 km/h.

Ce n'est pas la foule des grands jours sur l'aire de départ car l'on dénombre moins de 700 participants. Comme toujours, de simples cyclos en mal de kilomètres côtoient, pour quelques instants, de grosses pointures, cyclistes amateurs chevronnés. Plusieurs femmes sont présentes comme à l'accoutumée. On remarque aussi quelques autres pédaleurs du Maine-et-Loire.
Température agréable à l'heure du départ, c'est-à-dire 8 h30 et le peloton s'ébranle sans encombre, traversant des paysages verdoyants où dominent les cultures céréalières.

Pour leur première longue sortie de l'année - pas de Cholet - Pays de la Loire pour eux en mars - nos 4 compères décident d'être sages et adoptent un rythme soutenu mais prudent au sein d'un groupe qui se constitue, au fil des premiers kilomètres, autour d'une trentaine d'unités. Un méchant silex vient rompre, vers le km 60, cette plaisante harmonie en ayant raison d'un pneu pourtant en bon état. Bien que soutenu par 2 de ses compagnons, notre première victime de la journée ne reverra jamais ce petit peloton. Tout juste retrouvent-ils, 50 km plus loin, l'arrière-garde de ce groupe ainsi que le 4ème mousquetaire mazéiais. Entre temps, deux violentes côtes bien senties les avaient mis en appétit pour le premier ravitaillement.

Même à 4, la suite est plus dure, chacun connaît des hauts et des bas, à l'image d'une route vallonnée sans pourcentages excessifs pourtant. Le second et dernier ravitaillement mérite à peine ce nom pour 2 de nos cyclos incapables de mettre une bouchée derrière l'autre. Ce n'est guère mieux pour le 3ème tandis que le dernier se refait une santé en mangeant de bon appétit : de quoi affronter allègrement les 45 derniers kilomètres, pas terriblement difficiles mais offrant quelques secteurs désavantageusement ventés.
On peut dire qu'il termine seul, entraînant généreusement un de ses compagnons dans son sillage, enfin quand celui-ci peut y rester. Las, l'épuisement (chaleur, fatigue, absence d'alimentation) aura raison des deux autres, l'un à 35 km de l'arrivée, l'autre à 5 km seulement : rageant.

2 médailles d'argent  au terme de cette épreuve qu'ils ont parcourue à un peu plus de 25 km/h de moyenne.
Les premiers ont flirté avec les 38  km/h.
Et d'autres sont encore arrivés après...
 

 1995

Version légèrement raccourcie de 185 km. Temps idéal pour une sortie de ce genre, couvert, température moyenne. Bonne organisation. 650 participants environ parmi lesquels 3 représentants du MA.C. : Michel Bonneau, Christian Forestier et Jacky Gautray.

Les plus grosses difficultés (pentes supérieures à 5%) :
1. au km 10, à la sortie de Truyes, pas très longue mais qui fait mal, à froid, après un départ rapide.
2. au km 18, en sortant de Reignac
3. au km 35 aussitôt après Mouzay. Vient ensuite une trentaine de km plus calmes avec plats, faux plats et descentes jusqu'au Grand-Pressigny.
4. au km 66, à la sortie du Grand-Pressigny; ensuite descente sur Barrou et 4 km de plat.
5. au km 78, à la sortie de Chambon, côte assez longue en haut de laquelle il y a le premier ravitaillement. De là vous descendez sur Chaumoussay où, après avoir traversé la Claise, vous attend...
6. ...au km 84, la côte la plus raide et assez longue en haut de laquelle, au carrefour, vous verrez le "calvaire". De ce carrefour, vous apercevez au bout de la descente la prochaine qui vous attend :
7. la 7ème, moins prononcée mais encore assez longue. Et direction le Petit-Pressigny. Ouf, le plus dur est passé. Ensuite, parcours en alternance de plats, descentes sur une cinquantaine de km et la dernière "grosse" après Chemillé-sur-Indre.
8. au km 146, la 8ème qui, une fois passée, vous permettra de dépenser moins d'énergie et d'utiliser celle qu'il vous reste dans cette fin agréable en forêt de Loches où a lieu le second ravitaillement. Après la forêt, partie plate et ombragée en bordure de l'Indre avant de retrouver la dernière ligne droite qui vous ramène à Azay-sur-Cher.

Parcours agréable où le plus dur se situe entre le Grand et le Petit-Pressigny. Accessible à beaucoup. Celui qui a été capable de faire quelques sorties de 130 à 140 km avant doit aller au bout car les 45 km supplémentaires -la fin- sont plats.
Si vous ne voulez pas perdre le contact d'un bon groupe, essayez de vous tenir assez à l'avant au premier ravitaillement pour ne pas vous faire piéger car il est toujours difficile de revenir voire même impossible. Si c'est le cas, attendez le groupe qui vient derrière pour ne pas vous fatiguer seul.
 


                                                                                                                                           
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La Pierre Jodet

5 Juin 1993

6 cyclos du Mazé A.C. se présentent pour la première fois au départ de cette épreuve de 207 km qui, elle, n'en est pas à sa première édition. La proximité de Vendoeuvres, près de Châteauroux, permet de dormir à la maison même s'il faut se lever tôt le samedi matin.

Parmi les 6, 2 participent pour la première fois à une cyclosportive. Plus ou moins stressés, ils se retrouvent parmi 1041 concurrents, dans ce petit bourg de l'Indre, entre Touraine et Berry, village natal de Pierre Jodet, excellent cyclocrossman des années 60 qui a vécu à l'ombre d'André Dufraisse.

La meute est lâchée à 8h30 pour une première partie roulante à travers la Brenne : départ rapide -comme d'habitude- qui ne laisse guère le loisir d'admirer les innombrables étangs. Après une soixantaine de kilomètres et cette mise en tain, le corps de l'épreuve proprement dit : environ 100 km vallonnés au coeur de la vallée de la Creuse par Eguzon et Gargilesse, village cher à George Sand. Mais nos cyclos ne font pas dans le romantisme : le ravitaillement de Roussines, au km 82, permet de se rendre compte des premiers dégâts, chacun ayant justement adopté un rythme en rapport avec ses actuelles possibilités. À partir de ce moment, 3 de nos représentants vont pédaler de conserve pratiquement jusqu'à l'arrivée, les autres roulant chacun à leur vitesse, tantôt seuls, tantôt accrochés à de petits groupes qui se font et se défont au fil des kilomètres, des ravitaillements et surtout des redoutables côtes, aux pourcentages corrects (7 à 8%) mais souvent longues de 1 à 2 km.

Les cinquante derniers kilomètres nous ramènent sur Vendoeuvres dans un décor de bocage parsemé de bois et de landes. Le parcours est pratiquement plat mais la fatigue accumulée tend à allonger singulièrement les distances. Pouvoir bénéficier de l'entraînement d'un groupe facilite quelque peu la tâche. Dans un état de fraîcheur discutable - compte tenu d'un soleil qui ne fut pas avare de ses rayons - nos 6 cyclos ont terminé, les 3 premiers à un peu plus de 28 km/h de moyenne, les autres un peu moins rapidement, mais qu'importe.

Performance : 5 médailles de bronze et 1 médaille d'argent (pour notre doyen du jour qui avait droit à 20 mn de plus dans sa catégorie).
891 concurrents ont terminé sur les 1041 au départ. Les vainqueurs de chaque catégorie, y compris les plus de 55 ans, ont roulé à plus de 37 km/h de moyenne. Même moyenne pour la 1ère féminine. Celle qui gagne chez les plus de 35 ans réalise près de 34 km/h.
                                                                                                                                                                 
       

4 Juin 1994

Encouragés par la chaude ambiance rencontrée l'an dernier dans cette magnifique région, les cyclos de Mazé avaient décidé de s'inscrire nombreux à cette 6ème édition de la Pierre Jodet et avaient proposé à leur conjoint et amis du club de venir se joindre à eux pour passer en "famille" une fin de semaine ensoleillée. Mais, au pays des grenouilles, l'eau n'abonda pas que dans les étangs! La pluie fit son apparition 5 minutes avant le départ - pris à contresens par rapport à celui de l'an dernier : un présage? - et trempa les 1 013 concurrents dès la première heure, tout au moins ceux qui avaient décidé de continuer à rouler.

Heureusement le pire était passé et ce furent ensuite des averses sporadiques sous une grisaille permanente guère propice au séchage. Il ne faut pas oublier le vent, défavorable dans la première partie et favorisant de nombreuses bordures. Il fallait rester à tout prix en peloton et bien garder sa ligne sur une chaussée redoutablement glissante.

3 "petits nouveaux" figuraient parmi nos courageux représentants mazéiais, qui découvrirent donc l'ambiance des cyclosportives dans des conditions peu agréables. Il faut dire qu'ils se comportèrent bien et finirent, chacun à leur allure, avec une relative aisance. L'un goûta aux affres de la crevaison avant de repartir seul, sur tout le parcours retour, en une ardente chevauchée. Devant, en compagnie d'un autre Mazéiais, le deuxième se prenait au jeu de la compétition et dut décrocher sur la fin, victime de sa prodigalité. Derrière, le troisième découvrait qu'il pouvait se coltiner un 200 km et se permit d'abriter moins fringant que lui.

Les 4 "anciens" retrouvaient quant à eux un tracé pour une large part identique à celui de l'an passé et auraient tous rallié Vendoeuvres sur leur vélo si l'un d'eux, dépité de ne pouvoir admirer les charmes de la nature et des étangs, bouchés par le temps couvert, n'avait  succombé à ceux de la cyclote qui le précédait : un écart, un instant de relâchement, une chaussée glissante, deux roues qui se heurtent et voilà notre homme à terre, entraînant 6 ou 7 autres cyclos dans sa chute. Plus de peur que de mal, un côté droit aux allures de carottes, je veux dire "râpé"; et il repart accompagné de 2 autres Mazéiais. Mais une tache de sang s'agrandit sous le gant gauche : gêne plus que douleur. Cependant, une coupure insidieuse à la hauteur d'une phalange, nécessitant quelques points de suture, le contraint finalement à s'arrêter pour aller se faire soigner plus sérieusement, non sans qu'il ait tenu à poursuivre jusqu'au premier ravitaillement, histoire de se rappeler au souvenir des deux premières bosses de la journée.

Venu en suiveur, notre président se transforma alors en ambulancier pour rejoindre Vendoeuvres par le plus court chemin et y dénicher un médecin-aiguilleur. Voilà pour lui, un point c'est tout. Oh pardon, non, six.

Pendant ce temps, ses 6 compagnons s'évertuaient à rallier au mieux et au plus tôt Vendoeuvres par le parcours normal, alignant les grosses difficultés dans la vallée de la Creuse, se réjouissant d'être enfin à Tendu, où culminait la dernière grosse côte, négociant avec plus ou moins d'allégresse les longues lignes droites finales, heureusement abritées d'un vent redevenu défavorable dans les forêts terminales, soufflant définitivement au passage de la ligne d'arrivée où parents et amis du club les attendaient frileusement.

6 médailles de bronze  Performance en léger retrait pour le meilleur de nos participants par rapport à celle de l'an dernier.
Constat identique pour l'ensemble des participants puisque les tout premiers ont mis 5 minutes de plus qu'en 1993. Pluie et vent y furent certainement pour quelque chose.

Mais qu'importe, pour tous les gens du club présents pour ce week-end en Brenne, Le Blanc succéda au noir du ciel et le dimanche se leva sous un soleil radieux, le vent ayant balayé les nuages. Ce fut un plaisir d'aller découvrir pédestrement 2 ou 3 étangs de la Brenne, du côté de Mézières où flore aquatique et faune avicole font bon ménage. Et même qu'après cela, l'eau des marais ne nous suffit point et qu'un bar (non, pas le poisson) accueillant nous autorisa un appréciable rafraîchissement.
 

31 mai 1997

Un peu moins de 700 partants ce dernier samedi de mai au départ de la Pierre Jodet, une cyclosportive bien connue de nos 6 cyclos mazéiais, dont les 204 km empruntaient cependant de longs tronçons nouveaux par rapport à leurs précédentes participations. Le ciel a la bonne idée d'être dégagé, ceci grâce à - ou à cause de - un vent du nord-est qui n'a pas cessé de souffler vivement tout au long de la semaine.

La fraîcheur règne sur la ligne de départ à Vendoeuvres : est-ce la raison pour laquelle le "troupeau" s'élance à aussi vive allure? La route est occupée sur toute la largeur : vigilance requise à 100% car beaucoup s'efforcent de remonter de l'arrière. Avec le vent de côté ça a tendance à bordurer : pas question de lambiner si vous tenez à avoir de l'abri. Des gros pelotons se forment : à Buzançais, Bernard et Christian ont déjà abandonné leurs compagnons. Puis nouvelle cassure à la faveur d'une bosse-surprise dans le bourg : Jacky et Yannick voient Louis-Marie et Dominique partir devant. Après 12 km, les positions sont déjà installées. Désormais, il faut se maintenir le plus longtemps possible dans le paquet auquel on appartient.

L'allure est vive dans la Brenne avec un vent plutôt poussant, ce qui fait naître des craintes pour le retour. Les kilomètres défilent si vite que de nombreux concurrents sautent le premier ravitaillement au 60ème kilomètre; la Maison du Parc est pourtant sympa, nichée le long d'un des si nombreux étangs de la région. Prudents nos Mazéiais (les 2+2 derniers) s'arrêtent pour faire le plein des bidons. Mais ils sont pratiquement les seuls dans leur peloton et s'obligent ainsi à une longue chasse à deux avant de revenir au bout de 30 ou 40 km sur des éléments qui ont décroché. Malgré tout, à leur vitesse respective, nos 6 pédaleurs ont franchi un peu plus ou un peu moins de 100 km dans les trois premières heures.

La 4ème sera moins rapide : se présente la partie bosselée du parcours qui les conduira jusqu'à une trentaine de bornes de l'arrivée. Au fil des kilomètres et du temps, les groupes se disloquent. Il est encore possible de partager des relais sur le plat mais quand ça monte dur, c'est du chacun pour soi. Bernard trouve l'allure trop réduite dans son groupe et place une mine : Christian va être le premier à en faire les frais. Du coup il décide de rentrer sagement à son train. Plus loin, Louis-Marie et Dominique se rendent compte qu'ils ne sont pas si mauvais que ça dans les bosses et reprennent du monde. Encore plus loin, Yannick et Jacky voient leur moyenne baisser vertigineusement. On franchit et refranchit à plaisir de petits cours d'eau nichés au creux de vallées dont il faut bien sortir en grimpant par des routes étroites et sinueuses et, c'est un soulagement, le plus souvent abritées du vent. Perchés tout là-haut, les châteaux d'eau défient nos braves qui se hissent aussi vite que leurs muscles le veulent bien. Des méchantes crampes commencent à titiller Jacky. Mais quand arrive Luzeret, dernier ravitaillement, les plus douloureux reprennent espoir : plus que (ou encore?) 40 km.

Bernard n'a pas trop pris le temps de voir ces côtes ni ces haies protectrices. Bien épaulé par Christian -attention, le copain de Thiviers-, il rentre au plus vite. Bouclant le parcours en 6h24 il accomplit une jolie perf', à plus de 31,8 de moyenne. Ceci le place exactement à la moitié des concurrents ayant pris le départ : c'est dire le niveau de ces cyclosportives. Les premiers, parmi lesquels le jeune néo-pro français Nicolas Vogondy (pas encore 20 ans) natif du coin, et appartenant à la Française des Jeux, sont arrivés 1 heure avant Bernard. 40 minutes après lui, Louis-Marie dévore les lignes droites forestières "en locomotive", abritant bien Dominique. Tous deux terminent sur les talons de Christian -de Mazé- qui est rentré seul. Jacky explose dans le mur de Saint-Gaulthier, victime de crampes. Mais il a assez de ressources pour faire les 30 derniers kilomètres dans la roue de Yannick qui se la joue "à la Louis-Marie", c'est-à-dire "moi devant et suive qui peut". Ils en finissent 24 minutes après leurs derniers compères, ayant tout de même roulé à 27 km/h de moyenne.

Le bilan global est satisfaisant pour le club avec 4 médailles d'argent et 2 médailles de bronze:
Bernard : 6h24'11" -> argent     Christian : 7h03'22" -> argent    Louis-Marie : 7h04'20" -> bronze
Dominique : 7h04'20'' -> argent     Yannick : 7h27'50" -> argent     Jacky G : 7h28'57" -> bronze    (l'attribution se fait en fonction du temps et de l'âge du concurrent).

Il est intéressant de noter que le dernier concurrent a mis 9h04 et qu'entre 7h28 et le dernier il n'y a que 30 concurrents. En 1993, entre 7h28 et le dernier (9h44 alors), il y en avait 200 ! (les vainqueurs avaient déjà tourné en 5h20) : c'est constater à nouveau l'élévation du niveau.  Bonne raison pour féliciter nos 6 participants.

Il ne faudrait surtout pas oublier Thierry, Francis et Bertrand qui se sont offert pendant ce temps-là les 95 km de la Vendoeuvroise dans des paysages typiquement brennois puisque rayonnant moins au sud que leurs camarades de la Pierre Jodet. Ont-ils pris le temps d'admirer étangs, roselières et canards. Rien de moins sûr car ils ont avalé ce joli parcours en 3 heures environ. A 14 ans, Bertrand, ça promet!     Encore bravo à tous!
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Le National

26 juin 1993 Châtellerault - Châtellerault (Vienne)  218 km

La
La particularité du National est de se situer sur les lieux mêmes où se disputent les championnats de France de cyclisme, le samedi où courent les femmes et les amateurs, la veille donc de la course des professionnels.
Après le Morvan en 1990 et en 1991 -où l'un de nos représentants, Gérard, avait obtenu une médaille d'argent- et la Champagne en 1992, c'est le Poitou qui servait de cadre à cette 4ème édition du National.
Autre particularité : son départ tardif à 11 h du matin (juste après l'arrivée du championnat féminin qui a vu la victoire de Marion Clignet). Heureusement, c'est une place ombragée qui sert de lieu d'attente au départ des 1 376 participants, dont 5 cyclos du M.A.C. car un soleil ardent nous rappelle chaudement que l'été vient de commencer.

D'entrée le peloton roule trop vite pour jeter plus qu'un coup d'oeil sur les cultures céréalières et les vignobles. À peine si l'on discerne les silhouettes révolutionnaires en acier et en verre du Futuroscope.
Chauvigny, sur son éperon rocheux, avec ses ruines de cinq châteaux forts, sera plus remarquable : comment aller vite quand ça grimpe autant?  Nos 5 représentants en conviennent qui sont disséminés tout au long de la vaste cohorte des coureurs, chacun ayant décidé de s'accrocher à un paquet qu'il jugeait adapté à sa propre vitesse. Ils ne rouleront donc jamais ensemble, les deux premiers se doublant et se dédoublant sans même s'en rendre compte à la faveur de ravitaillements respectés ou sautés.

Il est pourtant urgent de boire. À l'heure où ils sont partis, ils ont habituellement, dans les autres épreuves, effectué la moitié de leur parcours. Là, ce sont les 200 bornes qu'il faut se farcir sous la canicule. Plus de 300 abandons sont à relever, dont la plupart à cause de la chaleur à laquelle les organismes ne sont pas encore habitués. Foin des beautés touristiques, Angles-sur-Anglin perché sur une falaise avec ses ruelles pentues, ses petites maisons aux toits de tuiles plates et ses habitations troglodytiques a moins de succès que les terrasses des cafés.
Il reste près de 60 km après le dernier ravitaillement, une fin rendue difficile par la chaleur et la fatigue. Les groupes se réduisent à quelques unités, les pieds quittent leur cale pour se décontracter et essayer d'apporter un peu de fraîcheur car beaucoup de plantes (de pied) sont en feu. Heureusement, l'entrée dans le circuit où les amateurs viennent d'en découdre avant les professionnels demain, signifie la fin proche et chacun puise dans ses dernières ressources pour franchir les deux dernières sévères côtes.

Dans nos rangs, 2 "coqs d'argent", 1 "coq de bronze" et 2 abandons
1009 arrivants sur 1376 partants
Le vainqueur, amateur de 1ère catégorie, qui n'a dû qu'à une crevaison lors des championnats régionaux de ne pas être sélectionné pour le championnat de France amateurs de l'après-midi, a roulé à plus de 37 km/h avec ses 4 compagnons d'échappée. Le 6ème est déjà à 17 minutes et la 1ère femme termine à près d'une heure, à 31,9 km/h pourtant (moins de 27 km/h pour nos Mazéiais).
                                                                                                                                           
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La Bernard Hinault

Juin 1988

Organisée pour la 1° fois en 1988 entre Yffiniac et St-Brieuc. 227 km de longueur pour une dénivelée de 2 200 m. 27 côtes répertoriées dont 7 "dures". Succès immédiat avec 3 088 cyclos au départ de cette 1°.

Et, parmi ces 3000, 5 sociétaires du MAC, Dominique C., Gérard, Michel B. , Roger et Yannick. Foule bariolée et rutilante sur l'aire de départ! L'ambiance des grands jours. On se dit que ce doit être moins pénible que les cyclosportives montagnardes. Certes, mais le rythme n'est pas le même. 4 de nos Mazéiais essaient de rouler ensemble, jouant à saute-mouton d'un petit peloton à un autre selon la configuration du terrain.

Surprise au premier ravitaillement : cohue monstre pour se restaurer et faire le plein des bidons; pas de col ici pour étaler l'e passage des concurrents. Après cette bousculade, quelques kilomètres de répit et de descente vers une Bretagne intérieure encaissée et verdoyante. Dommage qu'il faille toujours faire attention aux cyclos qui vous entourent : on apprécierait mieux le paysage. Presque à mi-parcours, Mur-de-Bretagne, et un mur de spectateurs pour apprécier ce long défilé de cyclos -parfois transformés en piétons- qui montent comme ils le peuvent cette longue et réputée difficile côte.

Le reste n'est que toboggan avec nécessité constante de jouer du dérailleur. Eprouvant! Et le vent qui s'en mêle dans la remontée vers la mer. Nos 4 ne sont plus que 3, puis 2, puis 1 : gare à celui qui se retrouve seul dans le vent après avoir décroché! Avec ses 18% sur 1 km, la côte de la plage St-Maurice, 20 km avant l'arrivée, est un vrai calvaire. Quand nous y passons, vers le milieu des 3000 participants, plus des 4/5 doivent mettre pied à terre! Mais tous retrouvent une bouffée d'énergie pour rejoindre Yffiniac sur le grand plateau.

Performance : 5 "Blaireau" de bronze. Beau tir groupé
Le plaisir de se retrouver les uns après les autres, d'apercevoir Bernard Hinault en personne au milieu des arrivants. Les spécialistes ne sont pas à cette 1° édition et ce sont des cyclotouristes confirmés qui s'imposent devant de jeunes cyclistes locaux. 3 collègues du Maine-et-Loire dans les 80 premiers.



Juin
1989

Déjà 4 300 participants au départ de cette 2° édition, dont 4 Mazéiais.
Incontestablement, ce qui différencie la Bernard Hinault de ses consœurs cyclosportives, c'est l'ambiance qui règne autour. Beaucoup de monde sur le parcours, et qui ne ménage pas ses encouragements, dans les passages les plus corsés, le long des 7 côtes répertoriées et notamment à celles de Mur-de-Bretagne et de la plage St-Maurice. Mais aussi des bourgades décorées où les habitants rivalisent d'imagination pour accueillir chaleureusement l'immense peloton qui traverse leurs rues : vélos habillés de papier crépon, banderoles et guirlandes en tout genre, ballons multicolores, immenses vélos suspendus. Fanfares, cornemuses et binious rythment les coups de pédales pendant que virevoltent danseurs et danseuses en habits et costumes régionaux.

Les enfants des écoles profitent de la récréation - elle doit être longue ce matin-là! - pour encourager cette multitude de fous pédalant. Comment ne pas faire bonne figure dans un tel contexte car les applaudissements généreux visent aussi bien les derniers que les premiers. Et ils ne sont pas rares les cyclos qui lancent en passant un sincère "merci" à ces francs - ou plutôt bretons - supporters passionnés de vélo.

Au fur et à mesure qu'approche l'arrivée (qu'un détour pour travaux éloigne de 13 km : cela en fera 240 au compteur), les points d'eau improvisés se font de plus en plus nombreux. La chaleur fait des dégâts; il faut boire beaucoup et l'arrosage des pieds soulage momentanément des plantes (de pied) brûlantes.

Partis séparément, nos Mazéiais connaîtront un parcours plus ou moins difficile mais grimperont tous, à 3 km de l'arrivée, le terrible mur de 20% : 200 m seulement que 9 sur 10 gravissent à pied.

Performance : 2 "Blaireau" d'argent et 2 "Blaireau" de bronze.
Sera-t-on surpris de retrouver à la 44° place le retraité suisse Albini Tornay, terminant dans le sillage de 3 fameux cyclos parisiens que l'on revoit en 1988 et 1992 dans les 7 ou 8 premiers de Paris-Brest-Paris? 6h40 pour le premier, 14h pour les derniers, 3 copines... mais il y avait encore du monde pour les applaudir.

 

Juin 1992

3  cyclos représentent notre club: Jacky G., Jacky P. et Yannick Autour d'eux, 5 405 autres! Dont 4 Savoyards venus gîter la nuit précédente dans la même ferme bretonne.
Sachant que près de 38 km ont été parcourus par les hommes de tête durant la première heure et qu'il faudra 45 mn pour que les derniers puissent prendre le départ, c'est un peloton de 27 km qui s'étire alors! Avouez qu'il y a du spectacle et que les Bretons, toujours aussi mordus de vélo, ont de quoi regarder depuis le bord de la route. On y retrouve les enfants très nombreux mais aussi de bons grands-pères assis dès le petit matin sur le pas de leur porte, parapluie ouvert car le crachin s'est déclenché vers 7 h.

Nouveau parcours cette année car il semble bien que le département des Côtes d'Armor, qui co-sponsorise cette manifestation de masse, tienne à promouvoir d'autres sites de son territoire. Nous partons donc vers l'Ouest : pluie fine, mais pas de vent, qui oblige à la vigilance dès que la route rétrécit ou descend. Toutes les bourgades rivalisent là aussi d'imagination pour faire fête aux valeureux cyclos. "On est obligés de pédaler", avouent ceux-ci, spontanément encouragés.

Le clou de cette édition est le Menez-Bré, tout à l'ouest, un mur de 1 km à 18%. Nos représentants le grimpent à pied, comme tous ceux qui les entourent : une voiture de l'organisation est restée bloquée en plein milieu du raidillon, entraînant une belle bousculade. Les plus déçus seront les très nombreux spectateurs amassés de chaque côté du goulet.

Le temps se dégage un peu pour le retour, permettant d'admirer au passage la magnifique côte de granit rose vers Lannion, Trégastel et Perros-Guirec. Mais il faut d'abord prêter attention aux multiples paires de roues qui vous entourent.  Après, sous l'effet de la fatigue et du vent, contraire, qui s'est levé, les groupes s'éparpillent et les paquets perdent de leur densité. 3 côtes très dures, dans les 15 derniers kilomètres, à proximité de Saint-Brieuc, achèvent d'éclater les groupes. Mais quand on se présente sur la ligne d'arrivée, plus de 3 minutes d'attente sont encore nécessaires pour se faire pointer! Pensez donc, entre nos 2 premiers Mazéiais, Jacky P et Yannick il y a moins de 9 minutes mais exactement 200 concurrents!

Performance : 2 "Blaireau" d'or et 1 "Blaireau" d'argent.
Ce parcours plus roulant que le précédent a permis d'améliorer les performances alors que les mêmes barèmes étaient conservés pour l'attribution des médailles : 30 minutes de moins pour les premiers.
Environ 130 participants du Maine-et-Loire, dont pas mal que nous côtoyons lors des randonnées dominicales. 18 ans le jour même pour le plus jeune participant. 81 ans pour le moins jeune! qui trouva le moyen de se lancer dans une valse peu de temps après son arrivée! Combien seront capables d'en faire autant à son âge?

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La Jacques Anquetil

Mai 1988

Créée en 1987, cette cyclosportive s'est d'abord appelée "Le Chevreuil". Il y eut cette même année la première "Epervier" dans le massif des Maures en Provence. Toutes sont des petites soeurs de la Marmotte et de l'Isard. Le Chevreuil sera rebaptisé "La Jacques Anquetil" (dans la droite ligne cette fois de la "Louison Bobet" et de la "Bernard Hinault") puisque se déroulant dans la vallée de la Chevreuse, en région parisienne, terrain de jeu favori du maître rouleur normand pour des chronos remarquables, notamment dans le grand prix des Nations.

Déjà 3 000 participants à cette 2° édition du Chevreuil, dont 2 chasseurs de gibier mazéiais, Claude V. et Gérard. Ils alignent à bonne allure les 22 bosses répertoriées d'un parcours jugé officiellement le moins difficile de l'ensemble des cyclosportives de cette organisation, ceci à cause de son faible dénivelé (1 500 m contre 2 300 à l'Epervier, 2 400 à la Bernard Hinault, 4 000 m à la Louison Bobet,  4500 à l'isard, 4 600 aux Portes du Soleil et 5000 m à la Marmotte.)

N'importe, l'épreuve est longue (209 km) et on se laisse prendre au jeu des départs rapides et des paquets qui vous doublent et que l'on voudrait bien accrocher. Pour cela, s'il est bon de savoir grimper, il n'est pas mauvais de savoir descendre et nos deux représentants s'y emploient judicieusement. La côte des 17 Tournants et le mur de la Madeleine, à proximité de l'arrivée, font mal aux jambes : beaucoup préfèrent gravir à pied ses 800 m à 18%.

Performance : 2 "Chevreuil" de bronze
Uniquement des habitués -cyclosportifs- au palmarès. Le vainqueur, un Belge, se classait 3° à la 1° édition et avait terminé dans les premières places à 3 Marmotte. La 1° femme est également au palmarès de 5 Marmotte et de 3 Louison Bobet. Effectué à 36 km/h par les vainqueurs, ce parcours est effectivement le plus roulant.


Mai 1989

Le Chevreuil s'est donc mué en "Jacques Anquetil" : 3 500 concurrents pour une épreuve au parcours légèrement modifié qui, de l'avis des spécialistes, rappelle celui du Citérium National et de l'ancien grand prix des Nations. Le même jour a lieu l'inauguration, au sommet de la côte de Châteaufort, de la stèle qui perpétuera le souvenir du champion normand.

Il fait chaud ce jour-là et un vent plutôt fort a fait se déployer les éventails. Parmi nos 3 Mazéiais de service, Roger et Yannick rouleront toute la course -car il faut bien l'appeler ainsi- ensemble, Gérard ayant délibérément pris les devants. Ce qui surprend ici, ce sont les contrastes : beaucoup de côtes, mais aussi de bonnes longueurs de plat (d'où les moyennes élevées); de la chaleur, mais beaucoup de fraîcheur dans les forêts ombragées de la Chevreuse; l'impression d'être en pleine nature mais la traversée de nombreuses bourgades de la région parisienne (et quand on habite une belle résidence à St-Rémy-lès-Chevreuse, on n'aime pas, un samedi à 12 h, devoir patienter, pour sortir de chez soi, devant un troupeau de cyclos!) : ici, le rôle des commissaires est beaucoup plus difficile à assumer qu'en Bretagne!
Bref, une grosse impression de variété avec moult virages et changements de direction. Et une leçon d'humilité quand on roule à bonne allure auprès d'un cyclo unijambiste.

Performance : 1 "Maître" d'argent et 2 "Maître" de Bronze"
13 coureurs -comment les appeler autrement?- ont roulé entre 36 et 37 km/h de moyenne. Remarquez, 35,600 à l'heure pour le désormais célèbre facteur suisse de 60 ans, Albini Thornay, on s'en contenterait. Plus de 27 à l'heure pour le meilleur cyclo de Mazé, c'est déjà beau. Plus de 30 km/h aussi pour la 1° féminine; elles sont 76 à avoir terminé. Les derniers auront tourné à 19 de moyenne; mais l'important est-il là?

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La Louison Bobet

30 juillet 1988

Présentant une dénivelée de 4000 m pour une longueur de 192 km, cette cyclosportive créée en 1986 est un peu moins cotée que les précédentes. De Valloire à Valloire, elle offre la particularité de proposer l'ascension du Galibier dans les deux sens avec, entre les deux, celle du mythique Izoard.

1 Mazéiais, Claude V. + 2 889 autres participants pour cette 3° édition. Départ donc de Valloire (lieu de passage de la Marmotte) entre Télégraphe et Galibier. C'est précisément celui-ci qu'il faut gravir d'entrée, à froid : 17 km à un pourcentage moyen de 7,3 avec, dès le départ, une rampe à 14%. De quoi vous réchauffer rapidement! Il vaut mieux car le sommet du Galibier, à 2 645 m, vers 9h du matin, est tout de même frisquet.  Longue descente jusqu'à Briançon via le Lautaret mais la chaleur commence à se faire accablante dans la vallée du Guil. Que dire des pentes calcinées de la Casse Déserte en plein Izoard? Quoi qu'il en soit, il faut pédaler et se montrer digne de Louison Bobet et de Fausto Coppi, les deux champions associés en ce lieu grandiose sur une stèle commémorative.

Notre cyclo mazéiais ne se montre pas l'égal du fameux coureur breton. Têtu comme lui, il met un point d'honneur à terminer. Il n'est pas venu pour faire un temps et peu lui importe la couleur de sa médaille, il veut aller jusqu'au bout. Mais les plantes des pieds sont brûlantes. Une bonne séance de massage et il repart pour affronter à nouveau le Galibier, par la face sud cette fois : 28 km de Briançon au Lautaret par des pentes raisonnables puis les 8,5 derniers kilomètres à près de 7%. Une fois basculé là-haut, c'est gagné mais pas de relâchement : les lacets sont serrés et descendre un col à fort pourcentage représente toujours un exercice périlleux, surtout quand vous avez déjà parcouru 175 km, dont 85 de montées!

Performance : "Louis" de bronze
Le vainqueur, Pascal Rota, et son suivant ont roulé à plus de 29 km/h de moyenne. Il dépassera le 30 à l'heure en 1989. La 1° femme se classe 269° et laisse plus de 2000 hommes derrière elle. Notre facteur des cimes termine 55° (à près de 60 ans!)

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L'Isard

26 juillet 1986

3 cyclos du MAC, Claude V., Roger et Yannick, pour cette 1° édition de l'Isard qui offre au menu le Tourmalet et l'Aubisque suivi du Soulor avant d'en finir au sommet d'Hautacam, soit 203 km et 4 500 m. de dénivelée. L'épreuve est placée sous le "patronage" de l'"aigle de Tolède", à savoir le fameux grimpeur espagnol Frédérico Bahamontès.

Un peu plus de 700 cyclos au départ d'Argelès-Gazost. 18 km d'échauffement et déjà les premières rampes du Tourmalet : 18 km de montée dans le brouillard. le k-way est le bienvenu pour la descente : les journaux distribués ne suffisent pas. descente difficile sur route mouillée avec des doigts passablement engourdis. On se réchauffe ensuite jusqu'à Lourdes où nous attend le 2° ravitaillement. Claude le "saute" et file avec un groupe. Ses 2 compères sont bien contents de s'épauler dans les 55 km de faux plats qui conduisent au pied de l'Aubisque.

Après, nouvelle ascension de 18 km avec quelques passages à 13% : redoutable Aubisque. Chacun pour soi et la montagne pour tous : Yannick s'en va seul et dépasse bientôt le 3° larron qui était parti devant à Lourdes. Là-haut, il fait un peu moins froid qu'au sommet du Tourmalet (1 710 m contre 2 114 m). Le Soulor s'avale sans trop de difficulté après quelques kilomètres de récupération mais le brouillard invite à une vigilance de tous les instants : vaches et même porcs sont des familiers de ces lieux.

Nouvelle descente pour un retour à Argelès. reste le dernier juge de paix, une sorte d'Alpe d'Huez local moins connu : le Hautacam qui s'atteint en 20 km et pratiquement 1h45 pour nous. cette ultime ascension se fera elle aussi dans le brouillard.

Performance : 1 "aigle" de bronze et 2 "isards" (récompense attribuée à ceux qui arrêtent à Argelès sans grimper Hautacam)
  Le vainqueur est un Savoyard habitué de ce genre d'épreuves; il boucle les 203 km en 7h45. Le dernier à pointer à Hautacam arrive près de 6 heures plus tard (13h25mn) : il est 410°. Derrière lui, 158 cyclos qui ont préféré s'arrêter à Argelès

 

juillet 1987

1 élément du MAC, Yannick. Pas loin de 1500 concurrents, soit le double de l'an passé. Temps moins maussade heureusement.
Le Tourmalet, malgré ses 7,9% de moyenne sur 18 km, s'escalade plutôt bien : fraîcheur oblige! Retrouvailles là-haut d'une Angevine bien connue, Nicole Chabirand, qui inscrira son nom aux premières places d'un grand nombre de cyclosportives et de brevets cyclotouristes (dans sa catégorie). Tout au sommet, Jean-Claude l'attend après avoir fait le ravitaillement pour elle : voilà quelques minutes de gagnées car c'est toujours la foire d'empoigne pour glaner quelques pâtes de fruits, quartiers d'oranges, fruits secs ou biscuits et surtout pour refaire le plein du bidon.

Attention aux vaches qui se réfugient régulièrement sous le tunnel qui suit la traversée de la Mongie dans la descente: passage glissant; il n'y aura pas cette année de chute collective. Le ravitaillement de Lourdes est un réconfort précieux mais il ne fait pas de miracle pour les cyclos mal préparés ou qui ont du mal à gérer leur capital énergie : l'Aubisque se chargera plus loin de les remettre à la raison. Nouveau ravitaillement au sommet de l'Aubisque et même un appoint à Argelès pour ceux qui osent encore affronter Hautacam.

Ces grandes épreuves requièrent le concours d'un grand nombre de bénévoles : "serveurs", signaleurs aux carrefours (même si la route n'est jamais neutralisée), équipes de soigneurs et médecins en voiture ou à moto, techniciens pour les réparations, un ou deux hélicoptères pour surveiller et coordonner tout cela et évacuer les éventuels blessés (très rares par rapport au nombre de participants).
Montée très pénible à Hautacam pour notre Mazéiais qui a dû mettre deux fois pied à terre.

Performance : "L'aigle" de bronze
  L'occasion est donnée de parler des féminines qui participent avec bonheur et de plus en plus nombreuses à ces grandes épreuves. 38 sont classées cette année-là,, avec des performances qu'envieraient beaucoup d'hommes. Ce sont souvent de bonnes montagnardes, qui savent faire preuve de régularité et d'endurance.
 

juillet 1988

1 participant du MAC, Yannick à nouveau et à nouveau 1 500 participants. Enfin l'Isard est sorti du brouillard. Ciel dégagé dès le départ et beau soleil sur tout le parcours. Chaud soleil même. Qu'elles sont difficiles, les rampes de l'Aubisque quand l'astre de 13 h vous tape directement sur le crâne. Il faut les voir, les rescapés, -et pourtant à peine 150 km sont parcourus- chercher le moindre coin d'ombre, passer délibérément à gauche dès qu'un bout de haie assombrit et rafraîchit un petit bout de la chaussée. Il faut les voir déposer carrément leur monture et s'asseoir 5 ou 10 minutes au pied d'un arbre à l'ombre généreuse, retirant leurs chaussures pour aérer les pieds brûlants. Ce sont souvent les mêmes qui, quelques kilomètres plus bas, à Laruns, au pied du grand col, trempaient les leurs (de pieds) dans un lavoir à l'eau rafraîchissante et bienfaitrice.

Une dernière poignée de courage les hissera jusqu'au sommet pour plonger enfin, via le Soulor et ses vastes prés à vaches, jusqu'à Argelès. Mais ils s'arrêteront là. Seulement 745 vaillants atteindront Hautacam. Les autres le sont aussi pourtant, mais il y a des jours où il faut savoir admettre ses limites.

Performance : "L'Isard"
   Et Pascal Rota inscrit son nom au palmarès avec un temps à peine supérieur à 7 h! Mais le plus étonnant, et admirable, est sans doute la performance d'un facteur suisse de 60 ans. En 8h 04mn, il termine bien sûr premier de sa catégorie laissant le deuxième à 56 mn; mais avec ce temps, il serait 3° chez les 45-54 ans, 7° chez les 35-44 ans et 13° chez les 25-34 ans! Phénoménal! Et c'est pareil à chacune des cyclosportives auxquelles il participe.
 

juillet 1989

1 participant du MAC, Yannick encore. Toujours 1 500 concurrents : une épreuve qui a du mal à grandir malgré la participation importante des Espagnols venant en voisins. À part les spécialistes qui courent après ce genre d'épreuves, on note quand même beaucoup de cyclos de la région, des Pyrénéens ici en l'occurrence. Car aussi attrayantes soient-elles, elles ne sont pas forcément à la portée du premier venu. Le départ matinal oblige le plus souvent à passer la nuit sur place ... et l'on n'est pas toujours en état de reprendre le volant après l'arrivée, pour un voyage prolongé. Ce sont des frais supplémentaires et ceux d'inscription sont déjà élevés; et bien sûr faut-il encore pouvoir se libérer 3 jours.
Moins d'arrivants que l'an passé pour autant de partants : 634 rescapés. L'ennemi numéro 1 est cette fois la forte chaleur. Boire beaucoup est en tout temps une nécessité pour les muscles, sinon gare aux crampes. Par forte chaleur, c'est un impératif vital pour l'organisme tout entier. Arrive parfois un moment où le poids de la fatigue rejaillit sur l'estomac lui-même qui refuse alors toute alimentation, entraînant une perte d'énergie supplémentaire. Quand ce cercle vicieux ou ce cycle infernal s'installe, la fin est proche.

Pratiquement sans réserve, ayant tout donné pour s'arracher jusqu'en haut de l'Aubisque, notre cyclo veut venger son demi-échec de l'année précédente, il dépasse Argelès et se lance courageusement sur les pentes d'Hautacam. Cette montée irrégulière offre des rampes aux pourcentages très élevés. Il y laisse ses dernières forces. Deux haltes de récupération ne suffisent pas. À 6 km du sommet, il arrête définitivement, épuisé. Pour une fois qu'il n'escaladait pas Hautacam dans le brouillard!

 Rota s'incline d'un peu plus d'1 minute devant un autre 1° catégorie de la région pyrénéenne, dans un temps moins bon de 8 minutes par rapport à celui de l'an dernier. Notre facteur suisse n'est lui en retrait que  2 minutes! Le secret de sa réussite ? - 18 000 km de vélo par an, - 30 kg de miel annuels, des cures de raisin et d'abricots, - aucun régime particulier, - n'a pas vu un médecin depuis 10 ans...

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La Marmotte

6 juillet 1985

Première participation du MAC à ce genre d'épreuves. la Marmotte est la plus ancienne des cyclosportives et la plus cotée : 5 000 m de dénivelée pour une distance de 174 km.

Nous nous retrouvons à 3 sur l'aire de départ de Bourg d'Oisans vers 6h15 du matin : Claude V., Michel R., Yannick. Nous attendons le 4° mousquetaire, Michel Bernard, et laissons passer une foule de concurrents devant nous. Notre équipier ne viendra pas : en s'entraînant quelques jours plus tôt, il a pris de l'eau à une source et s'est récupéré une amibe! L'ayant attendu jusqu'au bout, nous partons parmi les derniers, aux alentours de la 2 700° ou 2 800° position. Quand nous franchissons la ligne du départ, les premiers sont partis depuis 20 bonnes minutes.

Nous monterons la Croix de Fer ensemble : descente et crevaison nous sépareront. Les conditions météo sont très correctes : ni pluie, ni orage, ni neige comme certaines années; un beau soleil mais pas de quoi nous terrasser dans les escalades dégagées du Galibier et de l'Alpe d'Huez. C'est à l'énergie que se conquièrent les 21 fameux lacets : 1h30 est nécessaire là où 1h5 suffisait à l'entraînement. Mais quand le sommet est atteint, on a quand même la sensation d'avoir fait "un sacré truc"!

Performance : 2 médailles de bronze et 1 abandon.
  Terminer en 10h20, à plus de 3h du vainqueur,  permet de se situer largement dans la 1° moitié du classement car, pour le moment, on ne trouve sur ce genre d'épreuves que des cyclotouristes et des cyclosportifs (nombre de ceux-ci ayant toutefois tâté de la compétition chez les cyclistes amateurs).
 

juillet 1986

1 participant de Mazé; 3 000 concurrents environ. Chaleur prononcée. Yannick effectuera une escalade de la Croix-de-Fer plus rapide que l'année précédente, mais sans doute trop. Et au lieu de dépasser 750 concurrents dans le Télégraphe et le Galibier, il aura bien du mal à se hisser au sommet de ce géant, encore bordé de deux imposants murs de neige : il y a intérêt à se couvrir pour la descente.

Même ces 45 km de descente jusqu'à Bourg d'Oisans sont pénibles quand il faut sans cesse maîtriser sa vitesse sur des routes sinueuses où la circulation est importante alors que la fatigue s'est emparée de tous les muscles, épaules, bras et poignets y compris.
La montée de l'Alpe est impossible. Arrêt à Bourg d'Oisans.

Performance : "Le Marmotton" (brevet décerné à ceux qui vont quand même jusqu'à Bourg d'Oisans).
  Dans les 50 premiers, on retrouve des noms connus, c'est-à-dire des cyclos qui font les autres épreuves de ce style qui se créent peu à peu, dont des Italiens, des Belges, des Suisses, des Savoyards. 10 minutes de moins cette année pour le vainqueur qui sort de deux années de professionnalisme chez Peugeot : Etienne Néant.
 

juillet 1987

1 participant de Mazé qui découvre "l'épreuve": Gérard. Encore un peu plus de concurrents. Impressionnant ce peloton d'abord compact qui se lance sur les quelques kilomètres de plaine qui précèdent la Croix-de-Fer et qui s'étire dès l'abord des premières rampes, avant de se scinder; il y a ceux qui viennent pour la performance et ceux qui participent pour pouvoir dire : "J'y étais". Le site est toujours aussi grandiose et l'enchaînement Télégraphe - Galibier aussi redoutable.

Ce genre d'épreuve nécessite un entraînement en distance (il est bon d'avoir fait 3 000 km dans son année auparavant) mais aussi, spécifique : difficile d'escalader des cols quand on habite le Maine-et-Loire.  Pour sa première participation, notre représentant s'arrêtera à Bourg d'Oisans.

Performance : "Le Marmotton"
  Pascal Rota, un jeune cycliste amateur parisien de 23 ans, coureur de 1° catégorie, inscrit son nom pour la première fois au palmarès de cette cyclosportive en améliorant encore le chrono.
 

juillet 1988

Ils se présentent à 2 du MAC cette année-là. Pour Gérard et Yannick, ce n'est pas leur coup d'essai, ce ne sera pas un coup de maître non plus.
Tout en prenant place dans la longue file d'attente, ils ont le temps d'apercevoir un Angevin qui bénéficie d'une position privilégiée au départ à cause de ses très bons résultats précédents. Mais eux peineront, loin derrière. De très bonnes conditions de course pourtant. L'habituel tunnel dans la neige dans la montée de la Croix-de-Fer, les troupeaux de moutons dans le replat à quelques longueurs du sommet, des tunnels beaucoup moins éclairés dans la descente, la crainte d'un boyau qui déjante, les mollets qui se font durs et las vers la fin du Télégraphe, un petit coup de massage pour franchir le Galibier.

Mais l'Alpe d'Huez ne sera encore pas pour cette année. Et pourtant à l'entraînement ils le montent bien en 1h - 1h10, ce qui n'est pas mal pour des gens de la plaine! Mais là, 3 ascensions successives et 160 km d'épreuve(s) ont raison de bien des organismes.

Performance : "Le Marmotton"  pour nos 2 cyclos.
  Pascal Rota s'impose à nouveau; 2 professionnels, "réservistes" de leur équipe, terminent aux alentours de la 50° place. Cette année-là, Rota gagne toutes les cyclosportives qu'il court. Sauf une : "L'Olympe" (vers Albertville). Battu par un certain Gilles Delion, qui passera pro l'année suivante...


juillet 1989

1 participant du MAC. 3 450 concurrents au départ. 2 480 à l'arrivée.

Mais pourquoi retourner dans cette galère? Le goût du sport, le plaisir de se faire mal, le besoin de se persuader qu'1 ou 2 ou 3 années supplémentaires ne nous empêcheront pas de faire mieux, la célébrité et la magie des lieux, la participation à quelque chose de grand. Pour la Marmotte, on ne parlera pas exactement de fête. De rares localités traversées. Peu de spectateurs sur les routes, les familles pour l'essentiel. Des encouragements pourtant sur les lacets de l'Alpe d'Huez, des points d'eau fréquents avec des enfants qui vous tendent des timbales. Ce n'est pas le tour de France mais  quand même, combien sur tous les Français en âge de faire du vélo, sont capables de gravir ces 21 interminables lacets après avoir franchi 3 grands cols alpins? Alors, comment ne pas avoir envie d'en faire partie? Comment ne pas rêver de s'identifier aux géants de la route dont la télévision sait si bien nous faire vivre les exploits dans cette étape légendaire?

Ce ne sera encore pas cette année pour notre Mazéiais. Mais qu'importe? il a essayé.

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BCMF de LIMOUX

9 juillet 1989

Un représentant du MAC, Yannick, attend le lever du jour pour enfourcher sa pédaleuse et découvrir l'Aude dès l'aube. La célèbre blanquette ne fait pas partie de ses provisions. Il n'oublie pas en revanche une petite veste car le temps matinal est à la fraîche. Il quitte donc seul Limoux puisque les départs s'étalent au gré des 600 concurrents.

La mise en jambes est tout de suite coriace : pentes rudes sur routes étroites et désertes, sauf quelques autres cyclos qui jugent eux aussi que l'entrée a des allures de plat de résistance, genre bonnes côtes bien saignantes. Déjà peu de monde à la fête dans le col de Feste et bien des énergies sont mises sous l'éteignoir au sommet du Chandelier. Pointage et ravitaillement assurent une heureuse restauration qui fait défaut au fameux château de Puivert, un des hauts lieux du catharisme.

Il faut bien monter sur 20 km pour se hisser au sommet du Garabel, mais le véritable plat de résistance est le suivant : le col de Pailhères, un géant pyrénéen méconnu qui culmine à 2 001 m après une élévation de 1 219 m pour une longueur de 15,2 km, soit un pourcentage moyen de 8,1% supérieur à celui du Tourmalet ou du Galibier; et encore y est inclus un faux plat de 2% seulement à 7 km du but; c'est dire que le reste est ardu. Consolation pour notre représentant qui a du mal à s'arracher à la route dans les dernières rampes : les bolides qui le doublent ont leur compteur bloqué à 8 km/h.! Quel coup de bambou!

Heureusement sa famille l'attend là-haut, depuis un certain temps déjà! et il s'accorde un repos réparateur d'une heure. De quoi affronter le second épouvantail ("vous nous en remettrez bien un p'tit peu?!) : le col de Pradel, moins élevé et pénible cependant, qui se gagne, le terme convient, par des routes étroites, sauvages, herbues, magnifiques. De savoir qu'il est là-haut sur la ligne de partage des eaux Océan-Méditerranée ne lui facilite pas pour autant la descente, aussi acrobatique que la montée. Mais en bas, des vallées très encaissées, des passages étroits au pied voire au-dessous de falaises abruptes : les gorges de l'Aude.

Il faut les quitter pour une dernière rampe de 3 ou 4 km où se côtoient pédaleurs de tout âge et de tout sexe et vélos de même variété; car chez ces gens-là, monsieur, il y en a qui savent encore résister à la mode du lycra et du fluo et préfèrent ballon et moult sacoches au pneu de 18.

Restent alors 42 km de descente, belle et large jusqu'à Quillan, mais qui se fera prudemment eu égard à la pluie qui a jugé bon de se manifester dans l'après-midi. Le k-way n'est pas loin; Limoux non plus. Cette fin est rendue très pénible par la conjugaison de la pluie et de la fatigue accumulée (192,5 km pour 4 132 m de  dénivelée). Un groupe d'une dizaine de randonneurs d'un même club, car ici on joue la solidarité avant la performance, va permettre de terminer un peu moins difficilement.

Plus tard arrivera un tandem de sans-culotte en bonnet phrygien : histoire de ne pas oublier qu'on en en juillet 1989. Façon savoureuse d'allier sport et patriotisme.

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BCMF des VOSGES

5 juillet 1987

Départ de Colmar aux aurores, vers 6 h du matin. Les plus courageux, pourvus de l'éclairage adéquat, se sont élancés vers 4 h. Dans ce genre d'épreuves en effet, organisées par la FFCT, nulle prise en compte du chrono, sauf une heure limite de rentrée. Une formule nouvelle permet même de réaliser la distance sur 2 jours. Ce jour-là, un peu plus de 1 000 participants.

Notre Mazéiais de service, Yannick, se trouve quelques compagnons de route au fil des kilomètres mais accomplit seul, en randonneur, la majeure partie du parcours. Début sans histoire, ça va toujours bien au démarrage (ce qui est formidable, c'est quand ce démarrage et ce bien-être initial se prolongent sur toute la distance! Ce ne sera pas le cas ce jour), même pas besoin de prendre de l'eau à la source de Soultzbach. Le col du Firtsplan est servi pour la mise en jambes : une pomme au sommet et un premier pointage sur la feuille de route (chose que l'on ne trouve pas dans les cyclosportives).

L'enchaînement col Amic, sur des routes forestières virageuses et étroites - Grand Ballon, sur un bitume roulant mais bien pentu, permet de tester les capacités de chacun : attention à ne pas forcer trop tôt. Viennent 30 km sur la célèbre route des Crêtes qui ouvre des horizons verdoyants sur le versant vosgien du massif; dommage que ce dimanche matin soit un peu embrumé.

Descendre la Schlucht vers Munster est un vrai régal mais les automobilistes sont nombreux. Un violent casse-croûte attend les affamés à Stosswihr vers la mi-parcours. Personne ne va jusqu'à Munster car il faut bifurquer juste avant pour une seconde moitié redoutable : la difficile ascension du Collet du Linge nous laisse à peine de quoi réfléchir sur le triste sort réservé aux milliers de soldats français et allemands enterrés sur les lieux d'un sauvage champ de bataille datant de 1916-1917 : notre propre sort commence à nous préoccuper.

La vue du lac Noir n'étanche pas les soifs (ça y est, le ciel s'est franchement dégagé); heureusement que les Vosges prêtent leurs magnifiques forêts ombragées. Les cols se succèdent, parfois inattendus, aux pentes traîtresses comme au Pré des Raves. Quand Aubure est atteint - à la limite de l'écoeurement -, c'est gagné; il suffit de plonger sur Ribeauvillé, y remarquer 2 ou 3 nids de cigognes et regagner Colmar par la plaine et le vent pour en finir avec les 220 km de distance et les 4 150 m de dénivelée.
Que ce fut dur! Comme c'était beau!

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La Vallée de l'Authion

25 avril 1985

Une bonne douzaine de cyclos du M.A.C. pour cette première grande randonnée effectuée par le club. Un parcours bien de chez nous, tout autour de Mazé, par des routes souvent empruntées lors des sorties dominicales.

Beaufort est le point de départ et d'arrivée le plus pratique. La 1° étape consiste à rallier Ste-Gemmes/Loire, confluent de l'Authion et de la Loire. Retour vers l'est ensuite avec pointage obligé à Trélazé où siège le club organisateur de cette rando permanente. Montée vers le Baugeois où l'on a le loisir d'admirer châteaux et manoirs au coeur de magnifiques propriétés. Traversée de nombreux bois avant de se diriger vers le sud-est. A mi-parcours, le groupe se désunit car plusieurs n'ont encore jamais dépassé le cap des 100 km; heureusement, il y a de bonnes locomotives. Après le contrôle de La Breille-les-Pins, on se rapproche de la source  de l'Authion en pénétrant dans l'Indre-et-Loire. C'est St-Nicolas-de-Bourgueil qui nous accueille le midi pour une halte réparatrice; arrêt apprécié par tous car les kilomètres s'additionnent et les jambes s'alourdissent.

L'Authion est traversé entre Allonnes et Villebernier. Un crochet par Saumur et le retour s'amorce par de petites routes de campagne bien difficiles à trouver. Les arrêts sont nombreux et les demi-tours aussi. Ceux qui n'en peuvent plus apprécient ces fréquentes interpellations entre ceux-qui-regardent-le-plan et ceux-qui-disent-connaître-la-région! Nul n'est fâché, en retombant sur la route qui vient des Rosiers, d'apercevoir au loin le clocher de Beaufort.

Cette 1° randonnée de 210 km en annoncera bien d'autres, à commencer par le tour du Maine-et-Loire, sept semaines plus tard.
 

3 mai 1987

Encore pas mal de pédaleurs pour notre 2° vallée de l'Authion. Un départ en trombe depuis Beaufort. Une remontée sur Baugé rendue particulièrement difficile par un fort vent contraire, c'est là qu'on apprécie le groupe. 1 ou 2 le quittent pourtant à proximité de Mazé faute de pouvoir disposer de tout leur dimanche. Depuis deux ans, le club a encore gagné en convivialité et l'on s'offre cette fois un pique-nique familial dans le cadre reposant de l'étang des Loges, près de La Breille-les-Pins. Mais le pique-nique tourne rapidement à la déroute. Au vent fort s'ajoute un ciel bouché dans un cocktail plutôt frisquet : tous aux abris!

Les uns ont hâte de rentrer chez eux et les autres de retourner se réchauffer sur leur vélo. Mais une nuée les guette avant Villebernier et ils s'engouffrent, en rase campagne, sous une grange accueillante et protectrice. A part ça, le vent souffle toujours beaucoup, mais dans une direction plus propice aux retours. Par ailleurs, la valse-hésitation de l'édition précédente a tout de même permis un certain repérage qui fait gagner du temps dans le choix des directions, autorisant à profiter au mieux des routes intérieures qui longent l'Authion.

Consolation quand on arrive chez soi : il fait tout aussi sale temps du côté de Roubaix, ce qui n'empêche pas Marc Madiot de sortir en grand vainqueur de l'Enfer du Nord.


4 juillet 1997

Extrait du Courrier de l'Ouest
A 9h30 dimanche matin, M. Valdois président du club cyclotouriste de Mazé guettait, devant l'allée du château de Montgeoffroy, le passage de ses cyclos qui, partis depuis 7 h, disputaient la "Vallée de l'Authion", épreuve homologuée par la FFCT, randonnée permanente gérée par le club trélazéen.
C'est donc à 7h que les Mazéiais ont donné leurs premiers coups de pédales de Mazé en direction de Ste-Gemmes, Trélazé, retour vers Mazé, passage à Baugé, pique-nique à La Breille-les-Pins. L'après-midi, retour vers St-Nicolas-de-Bourgueil et Saumur.
A l'arrivée, vers 18h, les 14 cyclos enregistraient à leur compteur 210 km, du plus jeune Bertrand Desveaux, 14 ans, au vétéran Jacques Prentout, 64 ans. Pour l'anecdote, ce petit peloton eut la chance d'éviter la pluie, malgré le temps maussade, et n'enregistra que trois crevaisons.
 

17 juin 2000

Extrait de Ouest-France
Le printemps donne des jambes aux cyclos de Mazé qui témoignent d'un bel appétit de kilomètres. Ils viennent de boucler la "Vallée de l'Authion". Celle-ci est organisée par le club FFCT de l'UC Trélazé. Libre à chacun d'en parcourir les 208 km quand il le désire, moyennant l'obtention d'une carte de route à faire viser en des points de passage obligés pour attester auprès du club organisateur que le cyclotouriste a bien accompli le parcours.
Les 16 cyclos de Mazé AC ont effectué cette randonnée samedi 17 juin par une chaude journée estivale, ce qui changeait des éditions passées. Si quelques-uns en étaient à leur 4° participation, ils avaient plaisir à se retrouver en club pour accompagner les néophytes, parmi lesquels figuraient 3 féminines : Monique Delalande, Jocelyne Péan et Roselyne Sireau. D'autres membres du club ou des cyclos voisins qui n'étaient pas disponibles toute la journée se sont joints au groupe sur une partie du parcours. Celui-ci longe l'Authion au retour sur de petites routes planes et passe près de la source de la rivière à St-Nicolas-de-Bourgueil puis s'en va rejoindre son embouchure à Ste-Gemmes/Loire, là où l'Authion canalisé se jette dans la Loire.
La partie aller de la randonnée, de Ste-Gemmes à St-Nicolas, serpente sur des petites routes du Baugeois. La "Vallée de l'Authion" est par définition une épreuve peu accidentée; sa difficulté réside dans sa longueur, une distance qu'il faut savoir aborder avec prudence; même ceux qui s'y frottaient pour la première fois en sont venus à bout.

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Le Tour du Maine-et-Loire

15-16 juin 1985

Tour du Maine-et-Loire effectué en 2 jours par 5 cyclos du club. Il y a en fait une dizaine de participants mais plusieurs ne peuvent rouler que le samedi ou que le dimanche
Le lieu de départ choisi est Aubigné-Briand*, ce qui permet une 1° étape le samedi de 250 km, avec halte à St-Mathurin. Il reste donc un peu plus de 150 km le dimanche pour finir la boucle.

Pas un chat à Aubigné-Briand ce beau matin de juin 1985; heureusement, le café restaurant du Layon met son cachet à notre disposition pour partir dès 6h10. En guise d'échauffement, c'est donc le Layon avec ses côtes à bon pourcentage. Lui succède le val de Loire, très agréable avec la montée sur Champtoceaux, tout à l'ouest du département. Une grande transversale à travers les Mauges trouve son apogée au point culminant du département (210 m environ) aux Gardes dont il faut gravir la redoutable côte. Elle fera office d'apéritif car la mi-journée est là et une halte reconstituante s'impose : elle a lieu un peu plus loin autour de violents sandwichs et d'1 demi (ou 2!).

Le sud du département, près des sources du layon, accumule les difficultés. D'aucuns en profitent pour crever; un facétieux trouve le moyen de percer ses 2 chambres en même temps. Certains apprécient ces pauses car l'arrivée sur Fontevraud, après la très belle traversée de Montreuil-Bellay, requiert beaucoup d'énergie : des bosses perfides traversent la forêt où les militaires jouent à la gué-guerre. Voilà dépassé le cap des 200 km; le retour sur St-Mathurin, via Saumur et Gennes, ne présente pas de difficultés particulières, sinon celles de la longueur et de la fatigue. Pointage à 18h20...

...et à 7h10 le lendemain matin avec quelques changements de tête dans le groupe et, pour les fidèles, des jambes plus ou moins remises à neuf après une nuit pourtant réparatrice. Durtal se gagne sans problème. Il n'en est pas de même pour Segré, à cause d'erreurs d'itinéraire qui nous sont l'occasion de découvrir le méconnu Haut-Anjou. Le retour sur Angers par le Béconnais ne signifie pas l'arrivée car il faut rejoindre le point de départ de la veille. Et à l'heure où tout le monde se met à table, nos pédaleurs quittent la grande ville pour aborder les derniers vallonnements qui, après Brissac, les conduisent au terme de leur boucle : Aubigné-Briand. il est alors 14h30.

* Aubigné-Briand ne s'appelait pas encore Aubigné-sur-Layon
 

13-14 juin 1987

On prend pratiquement les mêmes, en un peu moins nombreux et on recommence 2 ans plus tard car un bon cyclotouriste ne dédaigne pas de revenir sur les lieux de ses aventures passées pour le plaisir de pédaler à nouveau ou pour celui de les partager avec d'autres.

Le même découpage en deux étapes est retenu avec départ d'Aubigné-Briand le samedi matin à 7h. Seule ombre au tableau : un ciel couvert. Déplaisant. On déplore un porte-bidon récalcitrant : une crevaison à la sortie de St-Aubin-de-Luigné est l'occasion d'aller quérir un bon tournevis chez l'habitant pour resserrer le lâche; mais l'anecdote est sans proportion avec la fourche de Garin et la forge de Ste-Marie-de-Campan. Le ciel continue de s'obscurcir et la pluie fait son apparition; elle tiendra toute la matinée. La tenancière de la droguerie de Champtoceaux n'apprécie pas outre mesure l'intrusion de ces cyclos humides au milieu de ses présentoirs de vaisselle et cadeaux, mais il faut bien pointer. Ceux qui ne goûtent guère la pluie non plus, ce sont les mariés qui se dirigent vers l'église du côté de Gesté. Autant dire que la halte des Gardes est la bienvenue avec d'énormes sandwichs. La pluie a cessé mais la tenue n'a pas séché et chacun se protège d'un journal pour reprendre la route. L'après-midi sera heureusement  plus clémente pour le retour sur Mazé, via le sud-est du département.

À nouveau des changements de tête et de jambes le dimanche matin pour les 150 derniers kilomètres, si bien qu'ils seront finalement 3 à boucler le tour complet. Quelques rotules grinçantes au départ, quelques fesses meurtries à l'arrivée, mais il n'y a pas à déplorer d'autres dégâts matériels au terme, à Aubigné-Briand.


27 juin 1987

Dans l'impossibilité d'effectuer le tour du Maine-et-Loire avec leurs collègues quelques jours plus tôt, deux intrépides du club décident de se lancer à l'assaut des 408 km du périple sur une seule journée, ce samedi de fin juin.

Ils ont choisi de partir de - et d'arriver à - Angers. La première difficulté du jour consiste à se lever à l'heure prévue! Ils en sont quittes pour pédaler un peu plus vite, ce qu'ils font volontiers compte tenu de leur fraîcheur physique d'une part et de la fraîcheur atmosphérique d'autre part : eh oui, comme pour leurs copains, il pleut! Bien, les samedis de juin! Heureusement que là encore le temps va virer sa cuti vers midi et rendre la seconde moitié de parcours moins pénible. Les contrôles obligatoires sont l'occasion de haltes restauratrices et requinquantes dans les cafés : pluie ou chaleur, il faut du carburant pour affronter de telles distances.

Ayant maintenu une moyenne soutenue malgré leur nombre réduit, nos deux compères profitent de leur passage à Mazé pour s'octroyer un repas et un repos plus consistants. "Mars, et ça repart!" Que dire d'une bonne douche bien chaude! Encore - ou plus que - 100 km à parcourir pour la fin d'après-midi. Un troisième larron les accompagne jusqu'à Durtal mais ils filent seuls jusqu'à Segré et regagnent Angers en début de soirée. Ils bouclent leur tour en un peu plus de 17 heures. Faut quand même le faire.
 

22 juillet 1992

Un autre duo se met en route vers 4h du matin - ville-départ : St Mathurin - pour une nouvelle tentative sur une journée. Aux samedis pluvieux des années passées, ils ont préféré un mercredi estival de juillet. le clair de lune les accompagne jusqu'à Durtal, en complément d'un éclairage malgré tout réduit. À force de tourner en rond dans Durtal à la recherche d'un hypothétique cachet, ils s'engagent résolument sur l'autoroute mais s'arrêtent rapidement au péage. Une charmante contrôleuse légèrement ensommeillée atteste, tampon à l'appui, qu'ils sont bien passés dans la dite bourgade.

Le lever du jour, en route vers Segré, favorise la formation des bancs de brume et le rafraîchissement de la température; ce qui n'empêche pas les petits lapins de gambader tranquillement. Allure relativement modérée et régulière pour nos deux braves qui attendent 9h pour quitter leur petite laine. Désormais chaque contrôle sera l'occasion d'une halte désaltérante car la chaleur s'impose au fil des heures, atténuée parfois par quelques passages nuageux. Petit en-cas à Aubigné (retrouvailles avec le passé) : le Layon et ses côtes, après 150 km déjà, se franchissent allègrement. Montjean est l'occasion d'un arrêt plus reconstituant. La Loire a retrouvé un peu de ses eaux et les Mauges sont tout de même plus agréables sous le soleil. Seulement, la côte des Gardes apparaît encore plus pentue après 300 km de randonnée!

De là à Fontevraud, c'est l'étape la plus longue et certainement pas la plus aisée; les raidillons se succèdent, de plus en plus éprouvants; mais à 20h, on trouve encore un café ouvert. Nos deux cyclos ne sont pas dans le même état : l'un mange avec appétit tandis que l'autre a beaucoup de mal à digérer ces derniers kilomètres. Mais ils pédaleront de conserve, de Saumur à St-Mathurin, alors que la nuit commence à tomber, un peu après 22h, pour terminer cette nouvelle boucle.


 

 

 

 

 

 

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